La représentation de la mort du héros épique dans les récits de Djado Sékou du Niger
Pages 109 à 119
Citer ce chapitre
- TANDINA, Ousmane Mahamane,
- FONKOUA, Romuald,
- OTT, Muriel,
- avec la collaboration de CAZANAVE, Caroline,
- MARTIN, Jean-Pierre
- et SUARD, François,
- Tandina, Ousmane Mahamane.
- Tandina, O.-M.
- R. Fonkoua,
- M. Ott,
- avec la collaboration de C. Cazanave,
- J. Martin
- et F. Suard
https://doi.org/10.3917/kart.fonko.2018.01.0109
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- Tandina, O.-M.
- R. Fonkoua,
- M. Ott,
- avec la collaboration de C. Cazanave,
- J. Martin
- et F. Suard
- Tandina, Ousmane Mahamane.
- TANDINA, Ousmane Mahamane,
- FONKOUA, Romuald,
- OTT, Muriel,
- avec la collaboration de CAZANAVE, Caroline,
- MARTIN, Jean-Pierre
- et SUARD, François,
https://doi.org/10.3917/kart.fonko.2018.01.0109
Notes
-
[1]
F. Suard, La Chanson de geste, Paris, PUF, 1993, p. 42.
-
[2]
C. Cazanave, « Leurs têtes, bras et tripes à couper » dans Études sahéliennes, Revue scientifique de la Faculté des Lettres et Sciences humaines, n° spécial, juin 2011, p. 117.
-
[3]
G. Dumézil, Mythe et Épopée I, l’idéologie des trois fonctions dans les épopées des peuples indo-européens, Paris, Gallimard, 1968, p. 465.
-
[4]
M.-C. et E. Ortigues, Œdipe africain, Paris, Plon, 1966, p. 140.
-
[5]
L.-V. Thomas, « Un bilan africaniste », Ethnopsychologie, Revue de psychologie des peuples, 2e-3e trimestres 1971, p. 306.
-
[6]
Onomatopée exprimant l’éclat de rire.
-
[7]
Cette expression signifie que l’enfant naîtra pendant que sa mère sera en captivité.
-
[8]
A. Prost, « Statut de la femme songhay », Bulletin de l’Institut fondamental d’Afrique noire, 1970, série B, t. XXXII, 2, p. 486-517.
-
[9]
Ce n’est plus le même personnage que dans l’œuvre précédente, Awli Jawando est un nom commun chez les Peuls. Dans ce récit, Awli Jawando est une jeune fille.
-
[10]
Cette signification du feu, lié au désir ou plus généralement à la sexualité, trouverait son origine dans la référence à « la première technique d’obtention du feu par frottement », dans un mouvement de « va-et-vient » qui suggère l’acte sexuel (J. Chevalier et A. Gheerbrant, Dictionnaire des symboles, Robert Laffont, 1982, p. 437). La symbolique du feu, riche de significations multiples, est bien connue. Nous renvoyons au Dictionnaire des symboles précédemment cité (p. 437-438) et à l’ouvrage de G. Bachelard, La Psychanalyse du feu (1949), Paris, Gallimard, 1989.
-
[11]
J. Kristeva, Histoires d’amour, Paris, Gallimard, coll. Folio/Essais, 1990, p. 11-12.
-
[12]
M.-C. Thiétard, Le Malheur d’aimer ou l’origine d’une poétique du songe dans Aurélien et les derniers romans d’Aragon, thèse présentée sous la direction de J. Lévi-Valensi, 1999.
-
[13]
Comprendre que la pire honte pour une jeune fille, c’est de perdre sa virginité avant le mariage.
-
[14]
Moolo : luth.
-
[15]
Cf. S. Dieng, L’Épopée d’El Hadji Omar, thèse de 3e cycle, Dakar, IFAN, 1983.
-
[16]
Le terme de « méchant » est ici connoté positivement contrairement aux contes occidentaux. Il indique le pouvoir du chef et sa cruauté possible en cas de nécessité.
-
[17]
Parce que, dit le récit, la faim change les habitudes, rend le croyant voleur et l’athée mendiant, celui qui a faim ne s’occupe plus de son travail.
-
[18]
Cafre : de l’arabe kâfir, « infidèle, impie ».
-
[19]
Série de comportements propres à l’athée. La prière, le jeûne, l’aumône, le zakât sont des obligations pour tout bon musulman. Ce passage dénote à quel point Bubu Ardo Galo est le prototype de l’impie, du « vrai cafre », de l’infidèle.
-
[20]
C. A. Diop, Nations nègres et culture, Paris, Présence Africaine, 1979, t. II, p. 553.
-
[21]
H. Gaden, Proverbes et maximes peuls et toucouleurs, Paris, Institut d’Ethnologie, 1931, p. 119.
Le thème de la mort est omniprésent dans l’épopée. Le motif élémentaire du corps mis en pièces revient avec une bonne fréquence tant du côté du Moyen Âge littéraire occidental que du côté africain. La lecture de ces passages se fait avec émoi et frissons, mais la mort du héros, au cinéma comme en littérature, est parfois déprimante. En effet, le départ d’un héros signe parfois le déclin d’une société. Quand une dent tombe, il en faut une autre pour la remplacer. En général, le héros est le représentant de la société, le garant de la tradition. Il est un mortel doué de vertus qui se reconnaît la plupart du temps
par le moyen des actes qu’il accomplit et des paroles qu’il prononce ou que d’autres profèrent à son sujet. Sa vaillance se mesure à la façon dont il affronte le danger, aux coups qu’il porte dans la bataille…, éventuellement à sa mort glorieuse qui témoigne de sa fidélité constante à sa mission.
La guerre est son affaire, l’affaire des braves. Elle est un métier exercé par des combattants aguerris. Le héros épique ne meurt pas dans son lit. C’est dans ce cadre que Djado Sékou, célèbre griot nigérien, nous brosse la quasi-totalité de ses récits épiques, notamment Gorba Dicko, Awli Jawando et Farra Fanta Jawando, Mamoudou Jawando et Boubou Ardo Galo.
Le cycle d’épopées de Djado Sékou est représentatif de l’époque de la jâhiliyya ou époque de « l’ignorance » antérieure à l’instauration de l’islam. La région du Macina au Mali a constitué le théâtre des chevauchées peules et a vu naître de grandes œuvres dont les chants cités ci-dessus ont été transportés, dans le Zarmatarey, au Niger, qui les a fait siens, tant les héros, les valeurs guerrières, les us et les coutumes sont similaires dans les deux régions…
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