Chapitre d’ouvrage

Chapitre premier. Dans la continuité des traditions antiques

Pages 21 à 31

Citer ce chapitre


  • Lecoutre, M.
(2017). Chapitre premier. Dans la continuité des traditions antiques. Le goût de l'ivresse : Une histoire de la boisson en France (p. 21-31). Belin. https://shs.cairn.info/le-gout-de-l-ivresse--9782701194998-page-21?lang=fr.

  • Lecoutre, Matthieu.
« Chapitre premier. Dans la continuité des traditions antiques ». Le goût de l'ivresse Une histoire de la boisson en France, Belin, 2017. p.21-31. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/le-gout-de-l-ivresse--9782701194998-page-21?lang=fr.

  • LECOUTRE, Matthieu,
2017. Chapitre premier. Dans la continuité des traditions antiques. In : Le goût de l'ivresse Une histoire de la boisson en France. Paris : Belin. Collection Histoire, p.21-31. URL : https://shs.cairn.info/le-gout-de-l-ivresse--9782701194998-page-21?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Le Goff (J.), Faut-il vraiment découper l’histoire en tranches ?, Paris, Seuil, 2014.
  • [2]
    Elias (N.), La civilisation des mœurs, Paris, Pocket, 2003 (1939).
  • [3]
    La présence du lait est notée notamment par Strabon, Géographie, Livre IV, 4, 3, ier siècle av. J.-C/ier siècle apr. J.-C.
  • [4]
    Laubenheimer (F.), Boire en Gaule, Paris, CNRS éditions, 2015.
  • [5]
    Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, V, 24, ier siècle av. J.-C. « Hydromel » vient du grec meli devenu ensuite hydromeli en latin (miel à l’eau) puis hydromel.
  • [6]
    Mulsum : vin miellé (vin vieux mélangé à du miel) évoqué notamment par Pline l’Ancien, Histoire naturelle, XXII, 113. Aceto mulso : vinaigre miellé signalé par Caton, De l’agriculture, 157, 7.
  • [7]
    Nourrisson (D.), Crus et cuites. Histoire du buveur, Paris, Perrin, 2013, p. 24.
  • [8]
    Laubenheimer (F.), Boire en Gaule, op. cit., p. 99.
  • [9]
    Poulain (J.-P.) et Fischler (C.) « Le statut bio-culturel du mangeur », in Esnouf (C.), Fioramonti (J.), Laurioux (B.) (dir.), L’alimentation à découvert, op. cit., p. 21-22.
  • [10]
    Garrier (G.), Histoire sociale et culturelle du vin, Paris, Larousse, 2002, p. 24.
  • [11]
    Boulay (T.), « Tout commence à Marseille », Le Point-L’Histoire, hors-série « Histoire (insolite) du vin », septembre-octobre 2012, p. 14-17.
  • [12]
    Trogue Pompée, Histoires philippiques, ier siècle av. J.-C. dans Justin, Abrégé, 43,4.
  • [13]
    Piéri (D.), Le commerce du vin oriental à l’époque byzantine (ve-viie siècles). Le témoignage des amphores en Gaule, Beyrouth, Institut français du Proche-Orient, 2005.
  • [14]
    Aurelius Victor, Livre des Césars, XXXVII, ive siècle.
  • [15]
    Schnitzler (B.), « Aux origines de la vigne et du vin dans les vallées du Rhin et de la Moselle de l’époque celtique à la fin de la période romaine », Revue d’Alsace, n° 137, 2011, p. 13-32.
  • [16]
    Ausone, Mosella, 161 et 189-196, ive siècle.
  • [17]
    Tchernia (A.), « La vinification des Romains », in Garrier (G.) (dir.), Le vin des historiens, 1990, p. 65-74.
  • [18]
    Pline l’Ancien, Histoire naturelle, XXIII et XXIV.
  • [19]
    Palladius, De re rustica, IX, 14, fin du ive siècle.
  • [20]
    Pline l’Ancien, Histoire naturelle, XIV, 73-79. Varron, Satires Ménippées, 104.
  • [21]
    Ibid., 68, ier siècle apr. J.-C.
  • [22]
    Athénée de Naucratis, Le Banquet des Sophistes, I, 27 c., iiie siècle.
  • [23]
    Boulay (T.), « Tout commence à Marseille », art. cit.
  • [24]
    Garrier (G.), « Platon et le vin », Revue des Œnologues, 99, avril 2001, p. 41.
  • [25]
    Badel (C.), « Le merum, un vin pour l’ivresse romaine, (vers 250 av. J.-C.-vers 150 apr. J.-C.) », in Lecoutre (M.), L’ivresse entre le bien et le mal de l’Antiquité à nos jours, à paraître en 2017.
  • [26]
    Tchernia (A.) et Brun (J.-P.), Le vin romain antique, Grenoble, Glénat, 1999 ; Nadeau (R.), Les manières de table dans le monde gréco-romain, Rennes-Tours, PUR-PUFR, 2010, p. 173-174.
  • [27]
    Sénèque, Lettres à Lucilius, 83, 12-15.
  • [28]
    Lançon (B.), « Vinolentia, l’ivrognerie en Gaule à la fin de l’Antiquité d’après les sources littéraires », Caesarodunum, 24, 1990, p. 155-161.

Pour comprendre la mutation opérée durant le Haut Moyen-Âge, il est nécessaire de présenter rapidement les manières de boire antérieures, sans toutefois prétendre délimiter des comportements spécifiques à l’Antiquité. Les historiens du culturel savent bien en effet qu’il est compliqué de découper l’histoire en tranches et encore plus d’utiliser une périodisation politique pour analyser des faits alimentaires : « où qu’on commence, tout est mouvement et continuation d’un stade précédent ».
Que buvait-on avant le Moyen-Âge ? Évidemment du lait, à la conservation difficile mais aussi de l’eau, pure ou non (avec toute la diversité de sa préparation : du potage à l’infusion de cumin, en passant par le garum, une sauce à base de poisson fermenté). Si les territoires sont alimentés en eau par les sources, les cours d’eau, les aqueducs, les fontaines et les puits, « toute eau n’est pas bonne à boire » sauf à vouloir être malade et ceci est davantage valable dans les cités (où l’eau des cloaques peut se mélanger à l’eau des rivières) que dans les espaces ruraux (sauf en période de crue). Assainir l’eau par de l’alcool était donc parfois utile. L’historiographie a pendant longtemps surévalué l’importance de la consommation de vin pendant l’Antiquité. L’archéologue Fanette Laubenheimer confirme le poids de la consommation de vin mais nuance son analyse en insistant sur la bière et l’hydromel, une boisson issue d’un mélange de miel et d’eau créant naturellement une fermentation au soleil grâce à l’action des levures du mie…


Date de mise en ligne : 13/11/2019

Ce chapitre est en accès conditionnel

Acheter ce chapitre

4,00 €

11 pages format électronique (HTML, PDF et feuilletage)
Membre d'une institution cliente ?