4. Avec les chars
- Par Jean Bourcart
Pages 77 à 101
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Notes
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[1]
Faisant suite à une étude du 8 mars 1919, le général Estienne évoque dans une note du 6 juillet 1919 le projet de créer une « École centrale des chars » regroupant toutes les catégories d’officiers, qu’ils proviennent de Polytechnique, de Saint-Cyr ou du rang. « Nulle ville ne convient mieux que Versailles comme siège de l’École pour trois raisons principales » selon lui : la proximité d’un régiment de chars à Satory ; la proximité de l’École de Saint-Cyr et de l’École du génie ; la facilité d’installation dans les locaux existants, ceux du quartier de Croÿ, anciennement occupés par le 27e RD, « régiment de la Marjolaine ». SHD, GR 9 N 153.
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[2]
« Artillerie spéciale » ou « artillerie d’assaut » sont les termes utilisés de 1916 à 1920 pour qualifier l’entité formée par les chars.
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[3]
Léon, Charles, Henri Sabourdin (1873-1964). Saint-cyrien de la promotion « du Siam » (1892-1894), officier d’infanterie, il prend le commandement du 519e RCC à Metz pendant ses trois ans d’existence de 1923 à 1926. SHD, GR 6 YE 49 499.
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[4]
Charles, Joseph Chédeville (1875-1940). Saint-cyrien de la promotion « de Jeanne d’Arc » (1893-1895), officier d’infanterie, il commande la 2e brigade de chars de 1918 à 1921. Il termine sa carrière comme général de corps d’armée. SHD, GR 13 YD 244.
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[5]
Lettre du colonel Chédeville à la sous-direction de l’artillerie d’assaut, 10 septembre 1919. SHD, GR 9 N 153.
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[6]
Jules, Eugène Grasse (1869-1951). Saint-cyrien de la promotion « de Cronstadt » (1890-1892), il commande un bataillon du 33e RI à Arras sous les ordres du colonel Pétain de 1911 à 1914. Promu colonel en 1922, il prend le commandement du 153e RI puis, après sa dissolution, du 101e RI pendant un an. Du 1er mai au 25 août 1923, il est détaché hors cadre dans les chars de combat pour suivre les cours de la division d’instruction au CECC tout comme le chef de bataillon Delestraint. Après avoir acquis les connaissances nécessaires à un commandant de régiment de chars, il prend la tête du 517e RCC, du 22 août 1923 au 22 octobre 1925. Il commande ensuite le 518e RCC à Besançon pendant deux ans puis le 67e RI pendant un an. Il est promu général en 1928. SHD, GR 13 YD 1085.
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[7]
Général Alphonse, Louis Jolivet de Riencourt Masson de Longpré (1867-1938). Fantassin, il termine sa carrière comme général de brigade. SHD, 13 YD 169. En 1923, le lieutenant-colonel Sabourdin est le commandant en second du CECC.
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[8]
Jean, Baptiste, Eugène Estienne (1860-1936). À la tête d’un régiment d’artillerie au début de la Grande Guerre, il s’attache à concevoir un véhicule blindé et armé capable de se mouvoir sur le champ de bataille tout en protégeant les hommes qui le servent. Grâce à ses contacts avec des industriels et l’appui de Joffre et Pétain, il parvient peu à peu à développer ses idées en proposant deux types de chars : un char de rupture équipé d’un canon capable de détruire les fortifications et nids de mitrailleuses ; un char léger destiné à saturer les défenses adverses. Grâce à son action et à celle de l’industriel Renault, le FT devient le « char de la Victoire ». SHD, GR 13 YD 121. Arlette Estienne Mondet, Le Général J. B. E. Estienne « père des chars », Paris, L’Harmattan, 2011.
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[9]
« En France comme en Angleterre, le char est d’abord un expédient destiné à faciliter, en partie par l’effet de surprise, la trouée à travers les systèmes de tranchées ennemis. Les appareils, à l’épreuve des projectiles de l’infanterie, armés, aptes à traverser les tranchées et à ouvrir des brèches dans les réseaux, s’enfonceront dans les lignes adverses en y prenant à partie tous les objectifs intéressants et en y jetant un trouble favorable à la progression des fantassins amis », Jean Perré (lieutenant-colonel), Les Chars de combat : essai de classification positive, Paris, Berger-Levrault, 1937, p. 1.
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[10]
Chiffre auquel il convient d’ajouter environ 400 chars d’instruction ou en cours de livraison.
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[11]
Doté d’une tourelle pivotante à 360°, le char FT est équipé en 1918 soit d’un canon Puteaux de 37 mm (225 obus) soit d’une mitrailleuse Hotchkiss de 8 mm (4 800 coups). Formé par un équipage de deux hommes (pilote, chef de char et tireur), il pèse environ 6,5 t et se déplace sur route à 8 km/h. Il possède une autonomie de 60 km. Il existe quelques modèles équipés d’un canon court de 75 mm ou d’un poste radio TSF. Jean-Baptiste Petrequin et Paul Villatoux, Renault FT, le char de la Victoire, Paris, Ysec Éditions, 2018.
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[12]
Décompte effectué à la suite de la note de l’EMA (bureau organisation-mobilisation) du 6 octobre 1919. SHD, GR 7 N 392.
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[13]
En 1923, la durée du service militaire est réduite à dix-huit mois. L’année suivante, un projet portant cette réduction à douze mois est soumis au Conseil supérieur de la guerre sans succès.
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[14]
SHD, GR 9 N 153.
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[15]
À l’été 1918, deux textes normatifs régissent cette volonté d’incorporer les chars dans le corpus doctrinal de l’armée : l’instruction provisoire sur la manœuvre des unités de chars légers du 24 juin ; l’instruction sur l’emploi des chars d’assaut du 14 juillet. Un an plus tard, une étude de l’Inspection générale des chars prépare la mise au point de règlements spécifiques pour les blindés. De manière générale, les enseignements de la guerre sont consignés dans l’Instruction provisoire sur l’emploi tactique des grandes unités du 6 octobre 1921 puis dans celle sur les chars de combat du 24 janvier 1929.
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[16]
En 1921, dans une conférence à Bruxelles, Estienne présente sa conception d’une offensive blindée effectuée par des « chars de rupture », de « l’infanterie blindée » et de « l’artillerie d’accompagnement ». Pour lui, les chars doivent se regrouper dans une arme indépendante « sans la moindre analogie avec l’infanterie dont elle diffère essentiellement en paix aussi bien qu’en guerre ».
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[17]
Pol, Maurice Velpry (1875-1939). Après avoir défendu le projet d’un char cuirassé « super-lourd » de 600 tonnes juste après la Grande Guerre, le colonel Velpry signe en décembre 1927 dans la Revue militaire française une étude remarquée sur « Infanterie et chars de combat ». Il termine sa carrière comme général de division. SHD, GR 13 YD 218.
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[18]
Joseph, Édouard, Aimé Doumenc (1880-1948). Brillant organisateur de la « Voie Sacrée » durant la bataille de Verdun puis directeur du Service automobile, il joue un rôle important dans le développement de la motorisation de l’armée et partage les conceptions stratégiques d’Estienne sur les chars. En 1929, chef du 4e bureau de l’EMA, il rédige une étude sur la constitution et l’emploi des grandes unités cuirassées. Il termine sa carrière comme général d’armée. SHD, GR 13 YD 697.
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[19]
En décembre 1918, la 8e armée (général Gérard) s’installe à Landau et la 10e armée (général Mangin) à Mayence, sous l’égide du groupe d’armées Fayolle dont le quartier général est situé à Kaiserslautern. Le 4 octobre 1919, les troupes françaises stationnées en pays rhénan sont constituées en une seule armée dite « armée française du Rhin » (AFR). SHD, sous-série GR 19 NN.
-
[20]
La 6e brigade de chars compte en outre une compagnie d’ouvriers de chars (6e COC) stationnée à Trèves.
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[21]
Fernand, Eugène Monin (1903-1966) effectue son service militaire au sein de la 6e compagnie du 517e RCC, de novembre 1923 à avril 1925. Dans les 28 pages d’un cahier d’écolier, il note diverses anecdotes de sa vie militaire dont une « définition du char Renault léger », des « blagues et chansons », ses « punitions », et son service de « planton ». Après six mois de présence en Allemagne, Monin est affecté au dépôt de mobilisation du régiment à Angoulême dans une vie « si monotone, si bête » qu’il n’a « rien d’intéressant à noter » dans son cahier durant les sept derniers mois de son service. AB.
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[22]
Dans son cahier, peu avant son « accident », Monin note que la mitrailleuse Hotchkiss du char FT utilise des bandes articulées de 96 cartouches et possède une cadence de tir d’environ 400 coups à la minute. Elle est une « arme automatique qui fonctionne par l’emprunt direct des gaz sur leur parcours dans le canon ».
-
[23]
Plusieurs saints Charles sont vénérés par l’Église catholique. Cardinal italien du xvie siècle, Charles Borromée (1538-1584) est un des grands artisans de la Réforme catholique dans son diocèse. Il est canonisé en 1610 et fêté le 3 novembre, jour de sa mort.
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[24]
Ce « petit souvenir » est très probablement un char-jouet en tôle peinte inspiré du modèle Renault FT (fabriqué en Allemagne par la firme Gama dans les années 1920), toujours précieusement conservé par la famille. ADR.
-
[25]
Le document porte la marque de huit signatures (illisibles). Il est daté à « Müllheim-Ruhr », le 3 novembre 1924. ADR.
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[26]
Née dans une famille chrétienne à Rome, Bibiane est arrêtée puis flagellée à mort sur ordre de l’empereur Julien l’Apostat, le 2 décembre 363. Selon la liste des saints donnée par le martyrologue romain, ses parents et sa sœur furent également suppliciés.
-
[27]
Dossier personnel du colonel Grasse. SHD, GR 13 YD 1085.
-
[28]
À la dissolution du 517e RCC, son 2e bataillon constitue l’ossature du 62e BCC créé en 1926. Stationné à Meknès au Maroc, il est équipé de chars FT. Il participe à différentes opérations de pacification avec des colonnes d’infanterie jusqu’en 1933. À noter qu’il y a parfois confusion entre un « 517e RCC Rhin » et un « 517e RCC Maroc » à l’existence éphémère en 1925-1926. Ce dernier, outre le 2e bataillon rapatrié de Rhénanie, est constitué d’un 1er bataillon armé par les 1res compagnies de différents RCC de métropole. Voir l’article du chef de bataillon Goubernard, « Les chars de combat au Maroc en 1925 », Revue d’infanterie, mai, juin, juillet 1926.
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[29]
Le 10 septembre 1926, Aristide Briand conclut son discours dans la salle des séances de la SDN à Genève par ces mots restés célèbres : « Arrière les fusils, les mitrailleuses, les canons ! Place à la conciliation, à l’arbitrage, à la paix ! »
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[30]
Créée à la fin de l’année 1919 en vertu des dispositions du traité de Versailles, la CMIC est chargée de s’assurer du désarmement de l’Allemagne. Elle interrompt ses travaux en janvier 1927.
- [31]
-
[32]
Aubert, Achille, Jules Frère (1881-1945). Saint-cyrien de la promotion « du Tchad » (1900-1902). Originaire du Pas-de-Calais et officier d’infanterie comme Charles Delestraint, il prend la direction de l’EACC en 1927. Il a pour adjoint le lieutenant-colonel Delestraint de 1927 à 1930. Après avoir commandé la 7e armée en 1940, il devient gouverneur militaire de Lyon et fonde l’Organisation de résistance de l’armée (ORA) en 1942. Arrêté le 13 juin 1943, il est déporté au camp du Struthof en mai 1944 et y meurt d’épuisement un an, jour pour jour, après son arrestation. SHD, GR 13 YD 596.
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[33]
Il souffre d’une « cholécystite chronique d’origine infectieuse, troubles dyspeptiques secondaires ». SHD, GR 13 YD 596.
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[34]
Perrette, op. cit., p. 48.
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[35]
Antoine, Philippe, Thomas, Joseph Baucheron de Boissoudy (1864-1926). SHD, GR 9 YD 660.
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[36]
SHD, GR 13 YD 596.
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[37]
Né d’une proposition originale faite par le général Estienne à la fin de la Grande Guerre, le char B doit ouvrir définitivement le chantier de l’adoption d’un char lourd par l’armée française après les quelques chars du modèle 2C livrés en 1918. Composé d’un équipage de quatre hommes, armé d’un canon de 75 mm et de quatre mitrailleuses (puis d’un canon de 47 mm), le premier prototype du B sort en 1930 mais le char n’est adopté que quatre ans plus tard. Il est à l’origine du char modèle B1 livré à partir de 1936, puis du B1 bis.
-
[38]
À partir de 1928, un nouveau char Renault D1 est développé pour remplacer le FT. Avec un équipage de trois hommes et armé d’un canon de 47 mm, il est adopté l’année suivante par l’armée française. Les 150 exemplaires produits sont livrés aux 507e RCC (Montigny-lès-Metz), 508e RCC (Lunéville) et 510e RCC (Maubeuge).
-
[39]
Le même mois que la rédaction de cette note, le colonel Frère tout comme le lieutenant-colonel Delestraint sont classés à l’état-major particulier de l’Infanterie et maintenus dans leur emploi.
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[40]
Note du colonel Frère commandant l’EACC du 8 février 1929. SHD, GR 9 N 153.
-
[41]
École des chars de combat, 12 avril 1938, texte manuscrit de 28 pages. Projet probablement écrit par le général Bruché (ou préparé pour lui) en vue de la parution de son texte en juillet 1939 dans l’ouvrage Traditions, alors qu’il commande l’École des chars de combat. SHD, GR 7 N 3455.
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[42]
Julien, François, René Martin (1881-1973). Saint-cyrien de la promotion « du Tchad » (1900-1902). En 1938, inspecteur des chars de combat, il est aussi placé à la tête du Groupement d’instruction créé cette année-là, qui a pour but l’étude et l’expérimentation des conditions d’une grande unité cuirassée. Après avoir cédé sa place au général Keller en septembre 1939, il commande le 11e CA (9e armée) dans les combats de mai 1940. SHD, GR 14 YD 599.
-
[43]
Louis, Marie, Émile Bézu (1871-1971). Saint-cyrien de la promotion « de Cronstadt » (1890-1892). Il termine sa carrière comme général de division. SHD, 14 YD 472.
- [44]
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[45]
Promu général le 13 mai 1931, Frère prend le même jour le commandement de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr.
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[46]
Usmar Somon (1870-1952). Général de division. SHD, GR 13 YD 947.
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[47]
Philippe, Paul Matter (1872-1959). Engagé volontaire dans l’infanterie, il sort major de sa promotion d’élèves officiers de Saint-Maixent en 1897. À la fin de la Grande Guerre, ses douze citations témoignent de services exceptionnels rendus en particulier lorsqu’il commande le 153e RI. Promu général en 1925, il est placé à la tête de la direction de l’Infanterie. Il est un ardent défenseur du char d’accompagnement de l’infanterie et néglige le développement du char lourd ou moyen destiné à agir en manœuvre d’ensemble. SHD, GR 13 YD 1336.
-
[48]
Perrette, op. cit., p. 49.
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[49]
Georges, Julien Dussart (1874-1950). Saint-cyrien de la promotion « du Siam » (1892-1894), officier de chasseurs à pied, il termine sa carrière en mars 1933 à la tête de la 1re brigade de chars à Besançon mais n’est pas promu général. SHD, GR 6 YE 52 435.
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[50]
L’étendard du 505e RCC connaît un destin tragique en juin 1940. Alors que les troupes allemandes s’apprêtent à entrer dans Vannes, le lieutenant-colonel Hahn, chef du dépôt du 505e RCC, donne l’ordre de le découper en une cinquantaine de morceaux dont chacun est caché sous l’uniforme d’un officier du régiment envoyé en camp de prisonniers. Ceux-ci ayant tenu le serment « de garder en toutes circonstances le précieux dépôt et de n’en parler à personne », l’étendard du 505e RCC échappe à la vigilance des geôliers allemands durant toute la Seconde Guerre mondiale. Grâce à l’initiative d’un jeune aspirant et à celle de l’ancien chef du dépôt du 505e RCC, mais grâce aussi à la ténacité du chef du Service historique de l’Armée de l’époque, il est reconstitué patiemment en 1946 et déposé solennellement aux Invalides l’année suivante. Le 9 juin 2016, dans le cadre de l’inauguration d’une exposition organisée par l’ONACVG en collaboration avec le SHD intitulée « Savoir vouloir, le général Delestraint : du service au sacrifice », l’étendard du 505e RCC est ressorti de son précieux écrin pour être mis à l’honneur au cœur du musée de l’Ordre de la Libération.
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[51]
Jean-Auguste Margueritte (1823-1870). Officier général de cavalerie, il est blessé mortellement à la tête de sa division lors de la bataille de Sedan en septembre 1870. SHD, GR 7 YD 1482.
-
[52]
Alexandre-Antoine Hureau, baron de Sénarmont (1769-1810). Officier général d’artillerie originaire de Strasbourg, il est tué en Espagne lors du siège de Cadix. SHD, GR 7 YD 482.
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[53]
Pierre, Paul, Jacques Cabotte (1874-1953). Saint-cyrien de la promotion « de Jeanne d’Arc » (1893-1895), il est officier d’infanterie et sert dans les chasseurs à pied. Passé dans les chars, il commande le 505e RCC à Rennes de 1924 à 1929 et la 4e brigade de chars de 1930 à 1934. Divisionnaire, il termine sa carrière comme commandant de la place militaire de Metz en 1937. Maintenu en activité au début de la « drôle de guerre », il est placé à la tête de la VIe région militaire pendant quatre mois. SHD, GR 13 YD 980.
- [54]
-
[55]
Poste de télégraphie sans fil (TSF) émetteur (E) récepteur (R), l’ER 52 est le poste radio conçu pour équiper les compagnies de chars D1 (puis D2).
-
[56]
Rapport du colonel Martin commandant le détachement d’expériences d’emploi d’engins blindés, Coëtquidan, 25 juillet 1933. SHD, GR 9 N 164.
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[57]
Les unités entrant dans la composition du détachement d’expériences de Coëtquidan durant la totalité du séjour sont : un EM du détachement, un EM de régiment et un bataillon du 21e RTA, un EM de groupe et une batterie de 75 tractés du 10e RAC, un bataillon mixte de chars du 505e RCC, un élément de chars B1 (2 chars), un détachement de transmissions du 8e RG, une escadrille réduite du 31e régiment d’aviation, un convoi de chenillettes du 120e escadron du train, un peloton du 19e RD. SHD, GR 9 N 164.
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[58]
Julien, Claude, Marie, Sosthène Dufieux (1873-1959). Général d’armée, il est inspecteur général de l’infanterie et des chars jusqu’en 1938. SHD, GR 13 YD 1324.
-
[59]
L’appui feu de l’avion au profit des chars n’est pas explicite. Le colonel Martin écrit que « l’action de l’avion à la bombe contre les chars ennemis ou contre les pièces antichars semble devoir donner peu de résultats en raison des petites dimensions de l’objectif. D’ailleurs, une bombe de gros calibre alourdirait exagérément l’avion ». Plus loin dans le rapport (dans le cadre de « la défense contre les chars modernes »), il est toutefois précisé qu’au cours d’une attaque ennemie appuyée par des chars modernes, « il s’agit pour l’aviation de reconnaître et de rechercher les chars avant et pendant le combat, de suivre leur action et, si possible, de les attaquer à la bombe ».
-
[60]
Marie, Robert, Guy de Marin de Montmarin (1875-1942). Saint-cyrien de la promotion « Alexandre III » (1894-1896). Il commande la 2e DC à Lunéville de 1931 à 1933. SHD, GR 13 YD 301.
-
[61]
Caton, P. E., 1939-1940, une guerre perdue en 4 jours, Paris, L’Amitié par le livre, 1969 et 1974, 2 vol.
-
[62]
Maxime Weygand (1867-1865). Admis à Saint-Cyr à titre étranger en 1885 (promotion « d’Annam », 1885-1887) puis passé à titre français, il est officier de cavalerie. Placé comme chef d’état-major auprès de Foch en septembre 1914, il est général d’armée en 1923. Il occupe les fonctions de chef d’état-major général de l’armée de 1930 à 1935. Il est nommé généralissime en mai 1940. SHD, GR 14 YD 251. Max Schiavon, Weygand : l’intransigeant, Paris, Tallandier, 2018.
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[63]
Jean, Alphonse, Louis, Robert Flavigny (1880-1948). Saint-cyrien et cavalier, il est directeur de la Cavalerie et du Train de 1932 à 1936. Il est placé à la tête du 21e CA en septembre 1939. Si son action en faveur de la création des divisions légères mécaniques (DLM) est reconnue (« le père des DLM »), son rôle dans l’emploi des divisions cuirassées (DCR), et en particulier de la 3e DCR durant la campagne de France, est critiqué. Prisonnier en Lorraine en juin 1940, il n’exerce plus de responsabilités après cinq années de captivité en Allemagne. SHD, GR 13 YD 961.
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[64]
Ferréol, François, Gabriel Lefort (1873-1956). Sorti de Polytechnique en 1896, il est officier du génie. Il joue un rôle important dans la conception et la construction de la ligne Maginot. Après avoir été directeur du Génie, il commande la XIe région militaire à Nantes à compter de 1933. Il termine sa carrière comme général de corps d’armée au printemps 1940. SHD, GR 13 YD 1222.
-
[65]
Dans le travail d’avancement de 1935, le général Lefort précise : « Je ne partage pas la manière de voir du général commandant la 4e brigade de chars. J’ai parfaitement apprécié la manière de commander du colonel Delestraint ; je ne lui ai ménagé ni mes encouragements, ni les critiques et le considère dans l’ensemble comme un excellent chef de corps à pousser le plus tôt possible. » Le général Dufieux, inspecteur de l’infanterie, ne dit pas autre chose : « Brillant officier supérieur réussissant aussi bien dans la troupe que dans l’état-major, quoi que en dise le commandant de la 4e brigade de chars. Intelligent, actif, connaissant bien la tactique des chars modernes, doit être poussé aux étoiles sans tarder. »
-
[66]
Auguste, Philippe Herlaut (1877-1965). Saint-cyrien de la promotion « Première des grandes manœuvres » (1896-1898), officier d’infanterie, il passe dans l’artillerie spéciale en 1917. Il sert à la Section historique de l’armée en 1919. Docteur ès lettres en 1932, il écrit plusieurs ouvrages sur l’histoire de Paris et l’époque révolutionnaire. Il commande le 503e RCC de 1932 à 1934 puis la 4e brigade de chars de 1934 à 1936. Il termine sa carrière l’année suivante comme général de brigade à la tête de la subdivision de Rouen. SHD, GR 14 YD 109.
-
[67]
ADR.
-
[68]
Le Progrès du Morbihan, 8 janvier 1933.
-
[69]
Le Nouvelliste de Vannes, 14 juillet 1935.
-
[70]
Très codifiée, une définition héraldique est retenue pour chaque insigne militaire. Pour celui du 505e RCC, il est ainsi précisé : « Dans un écu de dame évidé d’argent à la bordure d’un double rameau de feuilles de laurier, chargé en chef du sigle 505 RCC, un écu français au champ d’hermine surmonté d’une salamandre contournée et allumée d’argent, en pointe un heaume morné sur un sautoir de canons de même. » L’insigne du 505e RCC est porté par tout le personnel du régiment, en tenue de sortie le plus souvent, de 1935 à 1939, année de sa dissolution.
-
[71]
Jean, Armand Duluc (1889-1983). Saint-cyrien de la promotion « de la Moskova » (1910-1913), il succède à Delestraint au commandement des chars de la 8e armée en avril 1940. Il termine sa carrière comme général de brigade. SHD, GR 14 YD 1129.
-
[72]
Jean, Louis, Émile Martin-Prével (1879-1942). Saint-cyrien de la promotion « de Bourbaki » (1897-1899), il commande le 504e RCC en 1932 lorsque Delestraint prend le commandement du 505e RCC. Il est promu général en 1936. SHD, GR 13 YD 406.
-
[73]
Il s’agit du colonel Louis, Ferdinand Bourguignon (1880-1957). SHD, GR 13 YD 1250. Le 502e RCC tient garnison à Angoulême.
-
[74]
Direction de l’Infanterie, bureau technique, « Instruction de la troupe dans les chars de combat », note du 31 janvier 1935. SHD, GR 9 N 153.
-
[75]
Décret du 1er avril 1933 portant règlement du service dans l’armée - 1re partie, discipline générale.
-
[76]
ADR.
-
[77]
Le Nouvelliste de Vannes, 7 juin 1936.
-
[78]
Ibid.
- [79]
-
[80]
Pierre-Carl (1935-1960), né à la clinique Sainte-Claire de Vannes.
Avant de rejoindre sa nouvelle affectation qui doit le conduire à prendre la tête d’un bataillon de chars pendant deux ans, le commandant Delestraint doit d’abord suivre une formation préalable. Si ses aptitudes générales aux responsabilités ont déjà été éprouvées dans sa carrière, il lui faut toutefois acquérir des connaissances techniques, tactiques et administratives nouvelles pour être en mesure de répondre aux attentes de son futur chef de corps. Même si des mises en situation théoriques lui ont permis d’appréhender l’emploi d’un bataillon au sein d’une chaîne de commandement lorsqu’il était stagiaire à l’ESG, il lui faut aussi développer son aisance à concevoir des ordres et à placer la manœuvre d’une structure bataillonnaire dans un ensemble plus large, celui d’un régiment, voire d’une brigade ou d’une division.
Du 1er mai au 25 août 1923, Delestraint est donc envoyé suivre les cours de la division d’instruction au Centre d’études des chars de combat (CECC) installé dans l’ancien quartier du 27e RD, rue Royale à Versailles. Constatant une baisse des effectifs dans les unités de chars mais également une diminution de la qualité de ses cadres, le GQG a en effet décidé dès l’été 1919 de créer un site de formation spécifique comprenant une école d’application, une école de perfectionnement et une section technique. La première est appelée à recevoir les officiers destinés à servir dans les unités de chars avant de prendre un commandement afin de développer leur instruction technique et tactique…
Date de mise en ligne : 02/08/2023
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