Chapitre d’ouvrage

XVII. Faire de la théologie au service d’un christianisme en diaspora

Pour un pragmatisme éclairé

Pages 425 à 457

Citer ce chapitre


  • Theobald, C.
(2021). XVII. Faire de la théologie au service d’un christianisme en diaspora Pour un pragmatisme éclairé. Le courage de penser l'avenir : Études œcuméniques de théologie fondamentale et ecclésiologique (p. 425-457). Éditions du Cerf. https://shs.cairn.info/le-courage-de-penser-l-avenir--9782204143509-page-425?lang=fr.

  • Theobald, Christoph.
« XVII. Faire de la théologie au service d’un christianisme en diaspora : Pour un pragmatisme éclairé ». Le courage de penser l'avenir Études œcuméniques de théologie fondamentale et ecclésiologique, Éditions du Cerf, 2021. p.425-457. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/le-courage-de-penser-l-avenir--9782204143509-page-425?lang=fr.

  • THEOBALD, Christoph,
2021. XVII. Faire de la théologie au service d’un christianisme en diaspora Pour un pragmatisme éclairé. In : Le courage de penser l'avenir Études œcuméniques de théologie fondamentale et ecclésiologique. Paris : Éditions du Cerf. Cogitatio Fidei, p.425-457. URL : https://shs.cairn.info/le-courage-de-penser-l-avenir--9782204143509-page-425?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Voir l’analyse très détaillée, qui remonte à 2003, de D. Hervieu-Léger, Catholicisme : la fin d’un monde, Paris, Bayard, 2003.
  • [2]
    Voir plus récemment Mgr É. de Moulins-Beaufort, « Sacerdoce apostolique et liberté spirituelle. Face aux défis du temps, quelles ressources pour l’Église en France ? », dans NRT 141 (2019), p. 233 : « […] nous, catholiques, voyons surtout notre système s’effondrer ou du moins s’affaisser de tous côtés, mais ceux qui voient dans l’Église un carcan pour l’esprit humain sont toujours inquiets de sa vitalité. »
  • [3]
    Voir p. ? ? ?, n. ? ? ?
  • [4]
    B. Feltz, « Modernité critique et discours ecclésial », RTL 44 (2013), p. 7.
  • [5]
    Mgr É. de Moulins-Beaufort, « Sacerdoce apostolique et liberté spirituelle », p. 238.
  • [6]
    K. Rahner, « L’interprétation théologique de la situation du chrétien dans le monde moderne » (1954), dans L’Église face aux défis de notre temps. Études sur l’ecclésiologie et l’existence ecclésiale, Œuvres 10, Paris, Éd. du Cerf, 2016, p. 369. Quant au contexte historique de cette contribution, voir K. H. Neufeld, Die Brüder Rahner. Eine Biographie, Fribourg/Basel/Vienne, Herder, 1994, p. 212-214.
  • [7]
    D. Hervieu-LÉger, « Un catholicisme diasporique. Réflexions sociologiques sur un propos théologique », RSR 107/3 (2019), p. 425-440 ; H.-J. Sander, « L’histoire du salut au rythme de la diaspora. Un élément porteur de l’élan missionnaire à la suite d’Aparecida et d’Evangelii Gaudium », RSR 107/3 (2019), p. 479-496.
  • [8]
    K. Rahner, « L’interprétation théologique de la situation du chrétien dans le monde moderne », p. 357 s.
  • [9]
    Ibid., p. 358-361.
  • [10]
    Ibid., p. 369-378.
  • [11]
    Ibid., p. 360-369.
  • [12]
    Ibid., p. 378-382.
  • [13]
    K. Rahner, « Essai d’une esquisse de dogmatique », dans L’auditeur de la parole. Écrits sur la philosophie de la religion et sur les fondements de la théologie, Œuvres 4, Paris, Éd. du Cerf, 2013, p. 631.
  • [14]
    K. Rahner, « La mise en demeure de la théologie par le concile Vatican II », dans Le deuxième concile du Vatican. Contributions au Concile et à son interprétation, p. 832-841 et 845 s.
  • [15]
    O. Riaudel, « La critique de “l’Évangile selon sainte Scolastique” », dans RSR 107/3 (2019), p. 441-462 ; G. Routhier, « La naissance d’une théologie pratique et pastorale dans le sillon du concile Vatican II et l’interrogation actuelle sur les “sujets” de la théologie », dans RSR 107/3 (2019), p. 463-478.
  • [16]
    Voir Chr. Theobald, La révélation tout simplement, 2e éd., Paris, Éd. de l’Atelier, 2005, p. 147-177 ; id., Présences d’Évangile I. Lire les Évangiles et l’Apocalypse en Algérie et ailleurs, 2e éd., Paris, Éd. de l’Atelier, 2011, p. 193-204.
  • [17]
    K. Rahner, « L’interprétation théologique de la situation du chrétien dans le monde moderne », p. 360.
  • [18]
    Ibid.
  • [19]
    Ibid., p. 375.
  • [20]
    Ibid., p. 375.
  • [21]
    Ibid., p. 375.
  • [22]
    Ibid., p. 369.
  • [23]
    Ibid., p. 374.
  • [24]
    Ibid., p. 375.
  • [25]
    Ibid., p. 375 s.
  • [26]
    Ibid., p. 384-386.
  • [27]
    Ibid., p. 367.
  • [28]
    Voir ibid., p. 361-366, 381 et 387 s.
  • [29]
    Ibid., p. 386.
  • [30]
    Ibid., p. 393 s.
  • [31]
    Voir D. Hervieu-LÉger, « Un catholicisme diasporique », p. 439.
  • [32]
    Voir H.-J. Sander, « L’histoire du salut au rythme de la diaspora », p. 488.
  • [33]
    Voir D. Hervieu-LÉger, « Un catholicisme diasporique », p. 438.
  • [34]
    Voir N. Siffer, « La proclamation du Royaume de Dieu comme marqueur de continuité entre Jésus et l’Église dans l’œuvre de Luc », dans RSR 99/3 (2011), p. 349-369, en particulier p. 363 : « En considérant l’ensemble de l’œuvre lucanienne, on constate un fait remarquable : le motif du Royaume recouvre toutes les aires géographiques de la prédication de Jésus et de l’Église primitive (Galilée, Judée, Samarie, Asie mineure, Grèce, Rome), il est attribué aux prédicateurs les plus importants (Jésus, les Douze, les disciples, les hellénistes, Paul), il s’adresse à tous les destinataires (juifs, samaritains, païens), et finalement il embrasse toutes les époques de l’histoire du salut, jusque dans sa phase finale. »
  • [35]
    Voir Chr. Theobald, Transmettre un évangile de liberté, Paris, Bayard, 2007, p. 87-117.
  • [36]
    Y. Raison du Cleuziou, Qui sont les cathos aujourd’hui ? Sociologie d’un monde divisé, Paris, Desclée de Brouwer, 2014.
  • [37]
    Voir V. Le Chevalier, Ces fidèles qui ne pratiquent pas assez, Namur, Lessius, 2017.
  • [38]
    Ce discernement théologique plus affiné rejoint, par un autre chemin, les interrogations d’Olivier Riaudel, en particulier la toute première sur la nécessité d’« abandonner le rêve d’une synthèse » (id., « La critique de “l’Évangile selon sainte Scolastique” », p. 450).
  • [39]
    Voir par exemple dans l’ouvrage de P. BrÉchon, F. Gonthier, S. Astor (dir.), La France des valeurs, Grenoble, Presses universitaires de Grenoble, 2019, la 6e partie « La religion en mouvement » par Cl. Dargent et O. Galland.
  • [40]
    Voir G. Routhier, « La naissance d’une théologie pratique et pastorale dans le sillon du concile Vatican II et l’interrogation actuelle sur les “sujets” de la théologie », p. 464-473.
  • [41]
    K. Rahner, « L’interprétation théologique de la situation du chrétien dans le monde moderne », p. 378 s.
  • [42]
    Ibid., p. 379-382.
  • [43]
    Voir D. Hervieu-LÉger, « Un catholicisme diasporique », p. 436 s.
  • [44]
    Malheureusement la brève introduction de cette partie (K. Rahner, « L’interprétation théologique de la situation du chrétien dans le monde moderne », p. 383) a échappé au traducteur : « Si nous nous interrogeons maintenant sur les conséquences de cette situation, nous dépassons la thématique qui nous a été proposée et qui porte sur la situation elle-même et non sur ses conséquences. Mais puisque les autres conférences de ces journées traitent d’autres problèmes, ce dépassement doit pouvoir être autorisé. Ainsi : … ».
  • [45]
    Rahner utilise à plusieurs reprises l’adjectif « offensiv » : « offensiv bleiben », « missionarischer Offensivgeist », « offensives Apostolat ». La traduction par « esprit de conquête » ou « apostolat de conquête » risque de détourner le sens, plus adéquatement rendu par « apostolat proactif », etc.
  • [46]
    Ibid., p. 387.
  • [47]
    Ibid., p. 388.
  • [48]
    Ibid., p. 391-394. Montrer cela dans notre contexte actuel est l’objectif principal de notre ouvrage Urgences pastorales du moment présent (sur la question du mal, voir ibid., p. 147 s, 177-180 et 268-278).
  • [49]
    Karl Heinz Neufeld rapporte que le discours de Cologne sur la diaspora et d’autres interventions ont conduit le Général de la Compagnie de Jésus à demander au Père Rahner, au début de 1955, de « rester strictement à l’intérieur de sa discipline et d’abandonner des prises de paroles qui la dépassent », mesure retirée en été de la même année (voir K. H. Neufeld, Die Brüder Rahner, p. 212).
  • [50]
    Voir Chr. Theobald, « Karl Rahner – La puissance d’engendrement d’une pensée », dans RSR 108/3 (2020), p. 451-481.
  • [51]
    K. Rahner, Mission et grâce, vol. II, Paris, Mame, 1963, p. 97-129.
  • [52]
    Rahner se réfère à la constitution apostolique de Pie XI Deus scientiarum Dominus (1931) sur les Universités et Facultés ecclésiastiques. Malgré l’avancée des deux constitutions postconciliaires Sapientia christiana (1979) et Veritatis gaudium (2017) sur le même sujet, son diagnostic critique n’a pas une ride.
  • [53]
    Rahner donne deux exemples : le peu de fécondation de la dogmatique par la théologie biblique et l’absence de la philosophie moderne en dogmatique (Mission et grâce, II, p. 108 s.), deux carences auxquelles il a remédié dans son propre enseignement.
  • [54]
    Voir ibid., p. 114-118.
  • [55]
    Ibid., p. 117.
  • [56]
    Ibid., p. 123.
  • [57]
    Voir l’introduction de notre ouvrage Selon l’Esprit de sainteté, p. 9-39 et id., Donner un à-venir à la théologie, Postface de P. Goujon, Paris, Bayard, 2017.
  • [58]
    L’appel à la « concentration » correspond au premier des quatre critères de renouvellement des études ecclésiastiques, formulés par le pape François en 2017 dans sa Constitution apostolique sur les Universités et Facultés ecclésiastiques Veritatis Gaudium, 4.
  • [59]
    C’est aussi la thèse de H. Verweyen qui, dans Gottes letztes Wort. Grundriss der Fundamentaltheologie, p. 50-57, met ce concept au centre de sa théologie fondamentale.
  • [60]
    Voir p. ? ? ?
  • [61]
    Voir Olivier Riaudel, « La critique de “l’Évangile selon sainte Scolastique” », p. 458-460 ; vvoir aussi Chr. Theobald, Urgences pastorales du moment présent, p. 231-291.
  • [62]
    K. Rahner parle ici de la « pauvreté » de l’Église, dans « L’interprétation théologique de la situation du chrétien dans le monde moderne », p. 368.
  • [63]
    Il s’agit du deuxième et du troisième des quatre critères de renouvellement des études ecclésiastiques formulés par le pape François dans sa constitution apostolique sur les Universités et Facultés ecclésiastiques Veritatis gaudium, 4, voir p. ? ? ?, n. ? ? ?
  • [64]
    Voir notre reprise dans Le christianisme comme style. Une manière de faire de la théologie en postmodernité, p. 192-196 ; id., Selon l’Esprit de sainteté. Genèse d’une théologie systématique, p. 26-35.
  • [65]
    Voir G. Routhier, « La naissance d’une théologie pratique et pastorale dans le sillon du concile Vatican II et l’interrogation actuelle sur les “sujets ” de la théologie », p. 478.
  • [66]
    Voir par exemple les travaux de P. Gisel : La théologie face aux sciences religieuses. Différences et interactions, Genève, Labor et Fides, 1999 ; La théologie, Paris, PUF, 2007.
  • [67]
    Voir K. Rahner, « L’interprétation théologique de la situation du chrétien dans le monde moderne », p. 362.
  • [68]
    . Ibid.
  • [69]
    Voir id., « Remarques concernant le schéma “De Ecclesia in mundo huius temporis. 28 mai 1965 », dans id., Le deuxième concile du Vatican. Contributions au Concile et à son interprétation, p. 361-369.
  • [70]
    J. Habermas, Le discours philosophique de la modernité. Douze conférences, p. 23 s.
  • [71]
    Voir le chap. xiii ci-dessus et le numéro entier des RSR [104 (2016/2)] qui porte sur le sensus fidei fidelium.
  • [72]
    Pour davantage de précisions voir le chap. viii de Chr. Theobald, Urgences pastorales du moment présent. Pour une pédagogie de la réforme, p. 375-427.

Le sentiment que le catholicisme européen et nos Églises traversent des difficultés majeures et inédites semble s’accentuer ces temps-ci. Des diagnostics sociohistoriques de cette crise existent depuis longtemps. Mais aujourd’hui les responsables ecclésiaux sont eux-mêmes obligés de reconnaître son existence ; et – ce qui constitue une nouveauté – une large majorité de fidèles l’évoque ouvertement, alertée par les révélations sur la pédocriminalité au sein de la hiérarchie catholique et ébranlés dans leur confiance envers celle-ci. Il n’est pas aisé d’analyser ce qui se passe sous nos yeux. Car cette crise se situe sur plusieurs plans et il n’est pas sûr que le niveau le plus visible, à savoir les « abus » et leurs causes systémiques (comme le cléricalisme et une sacralisation du ministère), soit le plus déterminant. En dessous de cette surface se présente l’état de « minorité » des communautés chrétiennes, mal assumé par les fidèles et leurs responsables. Et quand on tente d’en sonder les raisons, on tombe immanquablement sur la difficulté grandissante de la tradition chrétienne à rejoindre et à inspirer la vie quotidienne de nos contemporains, difficulté analysée par les sociologues en termes d’« exculturation ».
Or, une chose est de constater la crise du catholicisme français et européen, une autre est d’en comprendre le sens et – éventuellement – d’activer des forces spirituelles de résistance. Un philosophe comme Bernard Feltz observe en effet que
toute crise d’un organisme, d’une société peut faire l’objet de plusieurs diagnostics…


Date de mise en ligne : 20/02/2026

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