Chapitre 3
Le corps vieillissant et sa perception par les soignants
- Par Anne Lahaye
Pages 47 à 62
Citer ce chapitre
- LAHAYE, Anne,
- ANCET, Pierre,
- KORFF-SAUSSE, Simone,
- NUSS, Marcel,
- STIKER, Henri-Jacques,
- COHIER-RAHBAN, Véronique,
- LAHAYE, Anne,
- DELABBÉ, Jean,
- LARGER, Victor,
- PIERRON, Jean-Philippe,
- DREUIL, Daniel,
- DURIF-VAREMBONT, Jean-Pierre,
- PARISOT, Anne-Sophie,
- BERNARD, Alix
- et LHEUREUX-DAVIDSE, Chantal,
- Lahaye, Anne.
- Lahaye, A.
- P. Ancet,
- S. Korff-Sausse,
- M. Nuss,
- H. Stiker,
- V. Cohier-Rahban,
- A. Lahaye,
- J. Delabbé,
- V. Larger,
- J. Pierron,
- D. Dreuil,
- J. Durif-Varembont,
- A. Parisot,
- A. Bernard
- et C. Lheureux-Davidse
https://doi.org/10.3917/dunod.ancet.2014.01.0047
Citer ce chapitre
- Lahaye, A.
- P. Ancet,
- S. Korff-Sausse,
- M. Nuss,
- H. Stiker,
- V. Cohier-Rahban,
- A. Lahaye,
- J. Delabbé,
- V. Larger,
- J. Pierron,
- D. Dreuil,
- J. Durif-Varembont,
- A. Parisot,
- A. Bernard
- et C. Lheureux-Davidse
- Lahaye, Anne.
- LAHAYE, Anne,
- ANCET, Pierre,
- KORFF-SAUSSE, Simone,
- NUSS, Marcel,
- STIKER, Henri-Jacques,
- COHIER-RAHBAN, Véronique,
- LAHAYE, Anne,
- DELABBÉ, Jean,
- LARGER, Victor,
- PIERRON, Jean-Philippe,
- DREUIL, Daniel,
- DURIF-VAREMBONT, Jean-Pierre,
- PARISOT, Anne-Sophie,
- BERNARD, Alix
- et LHEUREUX-DAVIDSE, Chantal,
https://doi.org/10.3917/dunod.ancet.2014.01.0047
Notes
-
[1]
de Beauvoir S. (1970). La Vieillesse, Paris Gallimard, p. 14.
-
[2]
Messy J. (1992). La Personne âgée n'existe pas, Paris, Rivages, p. 33.
-
[3]
Talpin J.-M. (2005). « Les structures psychiques à l'épreuve du vieillissement », in J.-M. Talpin (dir.), Cinq Paradigmes du vieillissement, Paris, Dunod, p. 7.
-
[4]
Messy J. (1992). La Personne âgée n'existe pas, op. cit. p. 33.
-
[5]
Ploton L. (1990). La Personne âgée, son accompagnement médical et psychologique, Lyon, Chroniques sociales.
-
[6]
Ibid., p. 5.
-
[7]
Arveux I., Pfitzenmeyer P. et al. (2002). « Le sujet âgé fragile », La Revue de gériatrie, n° 27, p. 569-581.
-
[8]
Le Gouès G. (2000). L'Âge et le Principe de plaisir, Paris, Dunod, p. 11.
-
[9]
Le Breton D., cité par P.-Y. Malo, séminaire Droit au risque, Rennes, octobre 1999.
-
[10]
Le syndrome de glissement est considéré comme un équivalent suicidaire. Il n'y a pas d'acte brutal commis contre soi mais la personne se retire des relations sociales, cesse de s'alimenter, refuse les médicaments. Il est probablement lié à une angoisse existentielle très profonde et envahissante ; 4 % des personnes très âgées hospitalisées présenteraient ce syndrome mais ce chiffre est fort probablement sous-estimé.
-
[11]
Mini Mental State de Folstein : test rapide des capacités cognitives (mémoire, langage, calcul, attention...).
-
[12]
Veysset-Puijalon B. (1991). « Être vieux, de la négation à l'échange », Autrement, n° 124, p. 1.
On ne peut pas comprendre la perception du corps vieillissant par la personne âgée et par les soignants sans remettre cela en perspective dans le contexte de la société actuelle qui a modelé notre perception de la personne âgée. Il faut garder en toile de fond de cette réflexion la position très dévalorisée que la société prête à la personne âgée. Ce n'est que dans ce contexte, qui vient connoter très négativement le corps perçu, qu'il est possible alors de s'arrêter sur la question du corps vécu.
Il faut avant tout réfléchir à cette notion de « personne âgée ». En fait, chacun de nous pense avoir une idée claire de ce qu'est une personne âgée. Quand je demande aux jeunes étudiants de définir les critères qui leur font penser qu'une personne est âgée, on constate que les critères mis en avant sont ceux qui définissent le handicap et la dépression : la personne âgée, c'est celle qui a des difficultés pour marcher, a perdu son indépendance, qui a besoin d'aide, qui est triste, seule, qui a des problèmes de mémoire. On associe d'emblée l'idée de la vieillesse à celle d'incapacités et de pertes. Ce modèle existe depuis suffisamment de siècles pour qu'il soit devenu le seul paradigme (on le retrouve par exemple dans l'imagerie d'Épinal).
Ce regard social très négatif, très dévalorisant qui se porte sur la personne âgée vient alourdir fortement le vécu de la vieillesse : on entend souvent dire que les personnes âgées ont toutes des pertes de mémoire, que la sénilité est une conséquence inévitable de la vieillesse, qu'elles sont en mauvaise santé, ont des maladies chroniques, sont toujours fatiguées, irritables, placées, n'ont plus de vie sexuelle, se plaignent tout le temps…
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