6. « Bons esprits » et « démons »
Pages 164 à 217
Citer ce chapitre
- SCHMITT, Jean-Claude,
- Schmitt, Jean-Claude.
- Schmitt, J.-C.
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Notes
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[1]
Voir les synthèses de Philippe Faure, « Anges », in Jacques Le Goff et Jean-Claude Schmitt (dir.), Dictionnaire raisonné de l’Occident médiéval, Paris, Fayard, 1999, p. 42-55, et Jérôme Baschet, « Diable », ibid., p. 260-272.
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[2]
Grégoire le Grand, Dialogues, IV, 3, éd. Adalbert de Vogüé, Paris, Éditions du Cerf, « Sources chrétiennes », 1980, livre III, p. 21-22.
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[3]
Philippe Faure, Les anges, Paris, Éditions du Cerf, 1988. Jean-Pierre Boudet, Philippe Faure et Christian Renoux (dir.), De Socrate à Tintin. Anges gardiens et démons familiers de l’Antiquité à nos jours, Rennes, PUR, 2011.
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[4]
Par exemple dans la chapelle haute du Westwerck de l’église abbatiale de Tournus, en Bourgogne. Le cas est fréquent aussi en Allemagne.
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[5]
Gunilla Iversen, Chanter avec les anges. Poésie dans la messe médiévale. Interprétations et commentaires, Paris, Éditions du Cerf, 2001.
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[6]
Moines et démons. Autobiographie et individualité au Moyen Âge (viie-xiiie siècle), Études réunies par Dominique Barthélemy et Rolf Grosse, Genève, Libraire Droz, 2014 (EPHE, Sciences philologiques et historiques V, Hautes Études médiévales et modernes, 106) : parmi les auteurs monastiques témoins du diable ou des démons faisant l’objet d’une étude dans ce volume, figurent pour le viie siècle Valère de Bierzo, pour le xe Rathier de Vérone, le xie Raoul Glaber, André de Fleury et Otloh de Saint-Emmeran, le xiie Abélard et Guibert de Nogent, le début du xiiie Richalm de Schöntal (article posthume de P. G. Schmidt).
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[7]
Voir le compte rendu de Karin Ueltschi, « Jerry Root, The Theophilus Legend in Medieval Text & Image », Cahiers de recherches médiévales et humanistes, 2017 (http://journals.openedition.org/crm/14358). Voir le « Miracle de Théophile » dans : Rutebeuf, Œuvres complètes, éd. Michel Zink, « Classiques Garnier », Paris, Bordas, 1990, t. II, p. 22-67.
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[8]
Thomas d’Aquin, Secunda Secundae, Q. 122, Art. 2-3. Cf. Secunda Secundae, Q. 78, Art. 2c ; Secunda Secundae, Q. 92, Art. 2 c : « Omnes aliae superstitiones procedunt ex aliquo pacto cum daemonibus inito, tacito vel expresso. »
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[9]
Robert de Borron, Merlin. Roman du xiiie siècle, traduit par Alexandre Micha, Paris, Flammarion, 1999. Les manuscrits enluminés de l’Ystoire de Merlin représentent l’union de la pucelle et de l’incube. Cf. Paris, BnF, mss. fr. 95, fol. 113 vo et 96, fol. 62 vo, reproduits dans Jean-Claude Schmitt, Les « superstitions », in Histoire de la France religieuse, sous la dir. de Jacques Le Goff et René Rémond, Paris, Éditions du Seuil, 1988, t. 1, p. 417-551 (p. ill. p. 463 et 545).
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[10]
Norman Cohn, Démonolâtrie et sorcellerie au Moyen Âge. Fantasmes et réalités (1975), trad. fr. Paris, Payot, 1982. Alain Boureau, Satan hérétique. Naissance de la démonologie dans l’Occident médiéval (1280-1330), Paris, Odile Jacob, 2004.
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[11]
Leo Steinberg, La sexualité du Christ dans l’art de la Renaissance et son refoulement moderne (1983), Paris, Gallimard, 1987.
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[12]
Daniel Fabre, L’invisible initiation, Paris, EHESS, 2019, p. 71.
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[13]
Astrik L. Gabriel, Student Life in Ave Maria College. Medieval Paris : History and Chartulary of the College, Notre Dame, The University of Notre Dame (Illinois), « Publications in Mediaeval Studies » 14, 1955, (image 25 et statut 32). Cf. Jean-Claude Schmitt, Les rythmes, op. cit., p. 349.
-
[14]
Alexandre Micha, Les Enfances du Christ dans les Évangiles apocryphes, Paris, Aubier, 1993, p. 102-103.
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[15]
Le mélange de farine et de charbon semble valoir ici, sous une forme quasi proverbiale, pour le contraste des couleurs blanche et noire. L’ajout de charbon végétal à la farine peut aussi servir à produire un pain noir.
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[16]
Florence Chave-Mahir, L’exorcisme des possédés dans l’Église d’Occident (xe-xive siècle), Turnhout, Brepols, 2011. Nancy Caciola, Discerning Spirits. Divine and Demonic Possession in the Middle Ages, Ithaca/Londres, Cornell University Press, 2003. Jean Gobi, Dialogue avec un fantôme, op. cit. Pour la période moderne : Michel de Certeau, La possession de Loudun, Paris, Gallimard, 1973 ; Laurence Wuidar, Musique et démonologie à l’aube des temps modernes, Genève, Droz, 2018. Caroline Callard, Le temps des fantômes. Spectralités de l’âge moderne (xvie-xviie siècle), Paris, Fayard, 2019.
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[17]
Si la présence de l’ange gardien s’affirme aux xive et xve siècles, elle n’est reconnue officiellement qu’au début du xvie et sa fête est fixée au 2 octobre — premier jour libre après la Saint-Michel, en 1608. Voir : Antoine Mazurek, « The Guardian Angel : A Figure Both Natural and Supernatural », in Kathryn Edwards (éd.), Everyday Magic in Early Modern Europe, Farnham, Ashgate, 2015, p. 51-69 ; « L’ange gardien, entre théologie, dévotion et spiritualité (xvie-xviie siècle) », Revue d’histoire des religions, 2016-1, p. 21-47.
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[18]
Technique de protection également utilisée au Moyen Âge par les sapeurs au pied des murailles ennemies lors du siège d’une ville, comme cela est représenté sur certains plafonds peints de Montpellier. Je remercie Monique Bourin pour cette information.
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[19]
Georges Duby, Le dimanche de Bouvines, 27 juillet 1214, Paris, Gallimard, 1973. Dominique Barthélemy, La Bataille de Bouvines. Histoire et légendes, Paris, Perrin, 2018.
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[20]
Jean-Claude Schmitt, Penser par figure. Du compas divin aux diagrammes magiques, Paris, Arkhé, 2019, p. 41.
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[21]
Erwin Panofsky, Architecture gothique et pensée scolastique, traduction et postface de Pierre Bourdieu, Paris, Éditions de Minuit, 1967.
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[22]
Carla Casagrande et Silvana Vecchio, Histoire des péchés capitaux au Moyen Âge, op. cit.
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[23]
Raoul Glaber, Histoires, V, 2, éd. et trad. Mathieu Arnoux, Turnhout, Brepols, 1996, p. 274-275, cité par Jacques Dalarun, « Relire Raoul Glaber », in Moines et démons. Autobiographie et individualité au Moyen Âge, op. cit., p. 54-83 (p. 71).
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[24]
Michael Mitterauer, Ahnen und Heilige. Namengebung in der europäischen Geschichte, Munich, C.H. Beck, 1993. Monique Bourin et Pascal Chareille (dir.), Genèse médiévale de l’anthroponymie moderne, t. III : Enquêtes généalogiques et données prosopographiques, Tours, Publications de l’université de Tours, 1995. Jean-Claude Schmitt, La conversion d’Hermann le Juif, op. cit., p. 199-206.
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[25]
Cette réminiscence biblique a donné son titre au beau livre de l’anthropologue Claudine Fabre-Vassas, La bête singulière. Les juifs, les chrétiens et le cochon, Paris, Gallimard, 1994.
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[26]
Les affinités du diable ou des démons avec le crapaud sont habituelles. Cf. Jacques Berlioz, « Le crapaud, animal diabolique : une exemplaire construction médiévale », in L’animal exemplaire au Moyen Âge (ve-xve siècle), éd. Jacques Berlioz et Marie-Anne Polo de Beaulieu, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 1999, p. 267-288.
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[27]
Richalm cite à propos des pécheurs le verset (Proverbes 26, 11) : « le chien [retourne] vers son vomi » (124).
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[28]
Sur les affinités de l’ours avec le diable, voir : Michel Pastoureau, L’ours. Histoire d’un roi déchu, Paris, Éditions du Seuil, 2007, p. 164-167.
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[29]
Michel Zink, Nature et poésie au Moyen Âge, Paris, Fayard, 2006, p. 10-11 et 150-173.
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[30]
Antonin Perbosc, Le langage des bêtes. Mimilogismes populaires d’Occitanie et de Catalogne, textes édités par Josiane Bru, préface de Daniel Fabre, Carcassonne, Garae/Hésiode, Centre d’anthropologie des sociétés rurales, 1988. Ex., p. 222 : dans les Hautes-Pyrénées, la poule fait : « Coc, coc, coc, coresque ! j’ai fait un œuf sans coque ! »
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[31]
Saint Augustin, La Genèse au sens littéral, III, XVI-XVII, 25-26, in P. Agaësse et A. Solignac (éd.), Œuvres de saint Augustin, 48, Paris, Desclée de Brouwer, 1972, p. 252-255.
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[32]
Hugues de Saint-Victor, Didascalicon, Ch. H. Buttimer (éd.), Washington, 1939, cap. 13.
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[33]
Grégoire le Grand, Morales sur Job (I-II), introd. et notes de Robert Gillet, trad. d’André de Gaudemaris, Paris, Éditions du Cerf, 1975 (« Sources chrétiennes » 32bis), p. 266-267 (II, 7) : « Pour nous, quand nous voulons exprimer au-dehors ce que nous éprouvons au-dedans, nous le manifestons par l’organe de la gorge, par le son de la voix ; (…) Pour une nature spirituelle, non composée d’un corps et d’une âme, il ne saurait en être ainsi (…) »
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[34]
Grégoire le Grand, Dialogues, III, éd. Adalbert de Vogüé et Paul Antin, Paris, Éditions du Cerf, 1979, livre 7, p. 278-285 : un juif surprend une troupe de démons dans le temple d’Apollon et apprend d’eux qu’André, évêque de Fondi, tout en restant chaste, a cédé à une tentation charnelle en donnant une tape amicale sur le postérieur d’une nonne. Il pousse l’évêque à avouer et se convertit.
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[35]
Bernard de Clairvaux, Éloge de la nouvelle chevalerie. Vie de saint Malachie. Épithaphe, hymne, lettres, éd. et trad. Pierre-Yves Emery, « Sources chrétiennes » no 367, Paris, Éditions du Cerf, 1990, 46, p. 294-295 : « Car une nuit, cet homme les avait entendus parler et se dire l’un à l’autre : “Attention, il ne faut pas que ce malheureux vienne toucher la couche ou la paillasse de cet hypocrite et n’échappe ainsi à nos mains.” L’homme comprit qu’ils parlaient de Malachie, lequel — il s’en souvint — avait passé la nuit dans cette même maison peu de temps auparavant ; son lit y était encore dressé. »
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[36]
Ps 119 (118), 130.
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[37]
Jean-Claude Schmitt, Les rythmes, op. cit., p. 202-203.
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[38]
Pierre Riché, Écoles et enseignement dans le haut Moyen Âge, op. cit., p. 218-220.
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[39]
Jean-Claude Schmitt, Les rythmes, op. cit., p. 63.
-
[40]
Jean-Pierre Vernant et Pierre Vidal-Naquet, Mythe et tragédie en Grèce ancienne, Paris, La Découverte, 1986, II, p. 48-49. Françoise Yche-Fontanel, « Les boiteux, la boiterie et le pied dans la littérature grecque ancienne », Kentron. Revue pluridisciplinaire du monde antique, 17, 2, 2001, p. 65-90.
-
[41]
Richalm von Schöntal, Liber revelationum, op. cit., p. XXXIX et p. 120, note 15.
-
[42]
« Dietrich v. Bern (Dietrichsepik) », in Lexikon des Mittelalters, Munich, Deutscher Taschenbuch Verlag, 2002, col. 1016-1021.
-
[43]
Jacques Le Goff a attiré l’attention des historiens sur cette ambivalence à propos de la légende parisienne de saint Martin et du dragon et de la légende poitevine de Mélusine : Jacques Le Goff, Pour un autre Moyen Âge. Temps, travail et culture en Occident : 18 essais, Paris, Gallimard, 1977, p. 223 et suiv.
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[44]
Hans Haug et Robert Will, Alsace romane, La Pierre-Qui-Vire, Zodiaque, 1965, p. 262 et ill. 105.
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[45]
Saint Bernard, À la louange de la milice nouvelle, écrit adressé au Grand Maître de l’ordre des Templiers. Cf. Jean Leclercq, Saint Bernard et l’esprit cistercien, op. cit., p. 30.
Dans les représentations chrétiennes (les conceptions du cosmos et de l’histoire, les croyances et les images), une place immense revient aux êtres invisibles qui échappent aux contingences du corps et de la mort. Ils sont aussi présents au quotidien que les vivants ordinaires : ce sont, comme on vient de le voir, les personnes divines de la Trinité et notamment le Christ, les saints et les élus du paradis, à commencer par la Vierge Marie ; ce sont aussi les morts qui errent quelque temps encore aux confins des lieux habités pour quémander les suffrages de leurs parents vivants ou, dans un monastère comme Schöntal, de leurs frères en religion ; ce sont enfin les esprits, qui sont une multitude. Ils se divisent en deux groupes : les bons, autrement dit les anges, sont les messagers de Dieu et les soutiens des hommes sur la voie du Salut ; les mauvais, c’est-à-dire le diable et les démons, cherchent au contraire à convaincre les fidèles de se détourner de Dieu.
Ces bons et mauvais esprits ont une longue histoire, bien antérieure au christianisme, lequel, à travers la tradition hébraïque, a hérité des croyances pluriséculaires du Moyen-Orient ancien. Sur celles-ci se sont ensuite greffés en changeant de sens les concepts et les mots de l’hellénisme païen puis chrétien, passés en latin dans la traduction latine de la Bible par saint Jérôme, la Vulgate : tels les mots « ange » (grec angelos, messager, qui a donné le latin angelus), « diable » (grec diabolos, calomniateur, qui a donné…
Date de mise en ligne : 04/04/2022
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