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Pages 93 à 103
Citer ce chapitre
- MENU, Michel,
- ANDRAL, Jean-Louis,
- THORAVAL, Fanch,
- DA COSTA, Valérie
- et MÉNEUX, Catherine,
- Sous la direction de GALLY, Michèle,
- Menu, Michel.,
- et al.
- Menu, M.,
- Andral, J.-L.,
- Thoraval, F.,
- Da Costa, V.
- et Méneux, C.
- Sous la direction de M. Gally
https://doi.org/10.3917/cnrs.gally.2019.01.0093
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- Andral, J.-L.,
- Thoraval, F.,
- Da Costa, V.
- et Méneux, C.
- Sous la direction de M. Gally
- Menu, Michel.,
- et al.
- MENU, Michel,
- ANDRAL, Jean-Louis,
- THORAVAL, Fanch,
- DA COSTA, Valérie
- et MÉNEUX, Catherine,
- Sous la direction de GALLY, Michèle,
https://doi.org/10.3917/cnrs.gally.2019.01.0093
Associer Bonheur et Peinture suppose que l’on considère en même temps l’envers et l’endroit des choses, ici du tableau. Du point de vue de la peinture, il y a tout d’abord celui qui crée des formes et des couleurs et qui perçoit, avant les autres, les traces du temps en produisant une œuvre riche de nouveautés. En face, le spectateur, s’il reçoit et saisit l’intention du peintre, comprend de multiples façons le caractère singulier de l’œuvre qu’il contemple. L’un est éclaireur, l’autre attentif et bienveillant, tous les deux sont-ils dans une attente de sensations qui sont potentiellement sources de bonheur ?
Dans la correspondance que Pierre Bonnard et Henri Matisse ont entretenue entre 1925 et 1946, (Correspondance, Gallimard, 1991) une carte postale pourrait éclairer la notion de bonheur en peinture, tant elle est simple, directe, concise : « Mon cher Bonnard, Vive la peinture, Matisse. » C’est ainsi le sens profond du bonheur véritable, celui qui se distingue de la satisfaction, du semblant de bonheur consistant à se complaire d’une vie tranquille, accomplie sans réel effort ni conflit. Mais le bonheur ne suppose-t-il pas une révolte affrontant les lieux communs, les idées reçues, les accommodements et l’académisme ? Bonnard écrit à Matisse en janvier 1940 : « Quand je pense à vous, je pense à un esprit nettoyé de toute vieille convention esthétique, c’est cela seul qui permet une vue directe sur la nature, le plus grand bonheur qui puisse arriver à un peintre. »
Cela implique nécessairement du courage, de l’acceptation du risque, pour affronter les opinions établies, cela exige une détermination sans faille pour découvrir un chemin nouveau que personne n’a exploré jusqu’alors…
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