Chapitre d’ouvrage

E

Pages 35 à 37

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  • Talon-Hugon, C.
(2019). E. Dans
  • Sous la direction de M. Gally
Le bonheur : Dictionnaire historique et critique (p. 35-37). CNRS Éditions. https://doi.org/10.3917/cnrs.gally.2019.01.0035.

  • Talon-Hugon, Carole.
« E ». Le bonheur Dictionnaire historique et critique, CNRS Éditions, 2019. p.35-37. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/le-bonheur--9782271088383-page-35?lang=fr.

  • TALON-HUGON, Carole,
2019. E. In :
  • Sous la direction de GALLY, Michèle,
Le bonheur Dictionnaire historique et critique. Paris : CNRS Éditions. Dictionnaires, p.35-37. DOI : 10.3917/cnrs.gally.2019.01.0035. URL : https://shs.cairn.info/le-bonheur--9782271088383-page-35?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/cnrs.gally.2019.01.0035


Le bonheur, au sens propre du mot qui désigne un état de satisfaction complet, profond et durable, n’est guère présent dans le lexique de l’esthétique. Que l’on entende par ce terme d’« esthétique » la réflexion sur le beau et l’expérience sensible du monde, ou bien la réflexion sur l’art, c’est bien moins du bonheur que du plaisir dont elle traite. La modernité a installé le plaisir au cœur de l’esthétique lorsqu’elle a défini la beauté comme la qualité de ce qui procure aux hommes un état mental agréable (Hutcheson, Origine de nos idées de beauté et de vertu, 1725) et qu’elle a spécifié les beaux-arts par leur visée, non de l’utile comme les arts mécaniques, mais de l’agrément (Diderot, Discours préliminaire à l’Encyclopédie, 1751). Cette centralité du plaisir se retrouve, plus près de nous, dans la définition que Gérard Genette donne de l’attitude esthétique : « attention désintéressée et pleine de sympathie en vue d’une satisfaction » (L’Œuvre de l’art II, 1997 ns). Aussi, l’esthétique s’est-elle employée à analyser les particularités de ce plaisir singulier, distinct du plaisir sensoriel de la chair ou de la bonne chère, comme du plaisir intellectuel de comprendre ou du plaisir moral de voir la vertu récompensée. Caractérisé par son désintéressement, il est plaisir d’éprouver des émotions déconnectées de l’action et de nos intérêts personnels (Jean-Marie Schaeffer, L’Expérience esthétique, 2015). Certes, dans le cas des œuvres d’art, les émotions ressenties sont plus complexes : au plaisir d’éprouver des émotions défonctionnalisées, se mêlent les plaisirs (ou les déplaisirs) que font naître les contenus de l’œuvre ainsi que ceux suscités par son degré de réussite proprement artistique…


Date de mise en ligne : 03/10/2024

https://doi.org/10.3917/cnrs.gally.2019.01.0035

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