Première partie. Edmund Husserl
- Par Pierre Guenancia
Pages 9 à 73
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- GUENANCIA, Pierre,
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- Guenancia, P.
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Le terme de phénoménologie n'est pas nouveau. Husserl le reprend à son compte mais il ne l'a pas inventé. Hegel a écrit un livre magnifique, Phénoménologie de l'Esprit, au début du xixe siècle. Le terme de phénoménologie est souvent utilisé, notamment dans les sciences expérimentales, psychologiques surtout, mais Husserl va lui donner un sens qui n'est pas du tout, évidemment, celui de Hegel, ni même celui qu'il a par exemple chez son maître Brentano dont il se sent si proche, surtout au début de sa carrière philosophique.
Par phénoménologie, il faut d'abord et simplement entendre la science ou l'étude des phénomènes. De quels phénomènes ? De tous les phénomènes, en tant qu'ils sont seulement des phénomènes. L'objet de la phénoménologie, le phénomène, n'est pas un objet particulier. On ne s'intéresse pas plus aux phénomènes étudiés par la science qu'aux phénomènes étudiés par l'histoire ; non, on s'intéresse aux phénomènes, c'est‑à-dire à la réalité en tant qu'elle se manifeste à quelqu'un, à la manière spécifique qu'elle a de se donner dans la perception, dans le souvenir, dans l'imagination ou dans la pensée pure et abstraite. Il n'est de phénomène que pour une conscience ; la conscience aux yeux de Husserl n'est pas une boîte dans laquelle les images des choses viennent s'assembler, ce qui est un petit peu le cas, en caricaturant, de Hume et de l'associationnisme en général ; la conscience, c'est d'abord et même uniquement le fait de l'intentionnalité, terme ancien lui aussi placé au premier plan de la réflexion philosophique…
Date de mise en ligne : 06/03/2021
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