Chapitre de Que sais-je ? / Repères

Chapitre VIII

Violence et philosophie

Pages 103 à 121

Citer ce chapitre


  • Michaud, Y.
(2012). Violence et philosophie. La violence (7e éd., p. 103-121). Presses Universitaires de France. https://shs.cairn.info/la-violence--9782130592396-page-103?lang=fr.

  • Michaud, Yves.
« Violence et philosophie ». La violence, Presses Universitaires de France, 2012. p.103-121. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/la-violence--9782130592396-page-103?lang=fr.

  • MICHAUD, Yves,
2012. Violence et philosophie. In : La violence. Paris cedex 14 : Presses Universitaires de France. Que sais-je ? p.103-121. URL : https://shs.cairn.info/la-violence--9782130592396-page-103?lang=fr.

La philosophie a rencontré dès l’origine la question de la violence. Ainsi Héraclite d’Éphèse (fin du vie-début du ve siècle avant J.-C.) affirme-t-il la nature antagonique de l’Être traversé et animé par le conflit (Polemos) : « Le conflit est père de toutes choses, roi de toutes choses », est-il dit au fragment 53. L’affrontement perpétuel des contraires produit une incessante mobilité dans la nature où tout s’écoule et rien ne demeure.
Deux siècles plus tard, Platon rencontre de nouveau la violence, cette fois sous la forme d’un défi éthique à la philosophie. Dans le dialogue Gorgias, Socrate, le philosophe qui cherche à parvenir à la vérité à travers la dialectique, c’est-à-dire en pratiquant la discussion libre, rencontre l’opposition du sophiste qui entend, lui, faire prévaloir l’opinion la plus vraisemblable et politiquement la plus utile. Derrière l’apparence encore aimable du sophiste se profilent des interlocuteurs plus radicaux et plus violents, Calliclès et Polos, qui défendent le recours à la force en lieu et place de la persuasion – parce que la violence persuade de manière expéditive. Dans cet affrontement inaugural, la philosophie se pose comme refus de la violence, choix de la libre discussion et de la raison, entrée dans le dialogue et non pas affrontement des forces. Philosopher, c’est raisonner et persuader, ce n’est ni imposer ni contraindre.
Ces deux figures initiales de la violence définissent des problématiques ontologiques et éthiques de la violence…


Date de mise en ligne : 11/03/2012

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