Chapitre d’ouvrage

Pas de participation sans information

Pages 109 à 116

Citer ce chapitre


  • Boy, D.
(2021). Pas de participation sans information. Dans
  • P. Ignazi
  • et D. Reynié
La vie politique : Pour Pascal Perrineau (p. 109-116). Presses de Sciences Po. https://doi.org/10.3917/scpo.reyne.2021.01.0109.

  • Boy, Daniel.
« Pas de participation sans information ». La vie politique Pour Pascal Perrineau, Presses de Sciences Po, 2021. p.109-116. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/la-vie-politique--9782724627206-page-109?lang=fr.

  • BOY, Daniel,
2021. Pas de participation sans information. In :
  • IGNAZI, Piero
  • et REYNIÉ, Dominique,
La vie politique Pour Pascal Perrineau. Paris : Presses de Sciences Po. Académique, p.109-116. DOI : 10.3917/scpo.reyne.2021.01.0109. URL : https://shs.cairn.info/la-vie-politique--9782724627206-page-109?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/scpo.reyne.2021.01.0109


Notes

  • [1]
    Walter Lippmann, Le Public fantôme, présenté par Bruno Latour, Paris, Demopolis, 2017, p. 51.
  • [2]
    Ibid., p. 52.
  • [3]
    Ibid.
  • [4]
    Ibid., p. 55.
  • [5]
    Ibid., p. 58.
  • [6]
    Ibid., p. 69.
  • [7]
    Données du Baromètre de la confiance du Cevipof 2017.

Le texte ci-dessus, cité et commenté par Bruno Latour, a été publié par Walter Lippmann en 1927. Lippmann est journaliste, ou plus exactement précise Bruno Latour « columnist », c’est-à-dire éditorialiste pour le très célèbre Herald Tribune. Lippmann est un très grand observateur de la politique américaine et étrangère et ses idées font autorité. La vision de la politique qu’il développe dans cet ouvrage est incroyablement pessimiste : pour le dire en quelques mots, il défend l’idée que le public en général (américain, mais on peut généraliser aux publics de tous les États démocratiques) ne comprend rien, strictement rien, au déroulement des affaires publiques dont il est quotidiennement le spectateur, c’est-à-dire à la politique telle qu’elle se fait. La raison de cette incompréhension est fort simple : ces affaires sont techniquement trop compliquées à saisir pour l’électeur ordinaire. De plus, pour Lippmann l’électeur est sans illusion sur cette situation : il sait qu’il ne sait pas. Il en tire les conséquences quant au fonctionnement de la démocratie :
La froide lumière de l’expérience le lui a montré, sa souveraineté n’est que fiction. Il règne en théorie mais dans les faits il ne gouverne pas.
Ainsi s’explique le fait que malgré les sollicitations pressantes des défenseurs du civisme ordinaire ce « public fantôme » participe fort peu aux élections.
On peut lui tenir les plus beaux discours du monde sur le service et le devoir civique, lui agiter un drapeau sous le nez, lui envoyer un scout pour le pousser à voter, il ne bougera pas…


Date de mise en ligne : 02/02/2021

https://doi.org/10.3917/scpo.reyne.2021.01.0109

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