Chapitre de Que sais-je ? / Repères

Introduction

Pages 3 à 8

Citer ce chapitre


  • Aquien, M.
(2014). Introduction. La versification (9e éd., p. 3-8). Presses Universitaires de France. https://shs.cairn.info/la-versification--9782130633310-page-3?lang=fr.

  • Aquien, Michèle.
« Introduction ». La versification, Presses Universitaires de France, 2014. p.3-8. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/la-versification--9782130633310-page-3?lang=fr.

  • AQUIEN, Michèle,
2014. Introduction. In : La versification. Paris cedex 14 : Presses Universitaires de France. Que sais-je ? p.3-8. URL : https://shs.cairn.info/la-versification--9782130633310-page-3?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Traité de versification française. Des origines à nos jours, Paris, Klincksieck, 1965, p. 6.
  • [2]
    Maurice-Jean Lefèvre, Structure du discours de la poésie et du récit, Neuchâtel, Éd. de La Baconnière, coll. « Langages », 1971, p. 105.
  • [3]
    Paris, NRF-Gallimard, coll. « Bibliothèque des sciences humaines », 1978, p. 163.
  • [4]
    Questions de poétique, Paris, éditions du Seuil, coll. « Poétique », 1973, p. 55.
  • [5]
    Prosodie vient du grec ???????? (chant pour accompagner la lyre, puis tout ce qui sert à accentuer le langage : aspiration, accent prosodique des syllabes, apostrophe).
  • [6]
    Du grec ??????, mesure. Le mot métrique apparaît dans les traités à la fin du xv e siècle.
  • [7]
    Voir É. Benveniste, « La notion de rythme dans son expression linguistique », in Problèmes de linguistique générale, 1, Gallimard, coll. « Tel », 1966, p. 327-335.
  • [8]
    Introduction à l’analyse linguistique de la poésie, Paris, Puf, coll. « Linguistique nouvelle », 1982, p. 26.

On ne peut plus aborder aujourd’hui la versification avec la vision normative des anciens auteurs de traités. Les profondes modifications de la poésie depuis plus d’un siècle ont changé son statut, et font mieux apparaître ce qu’elle n’a finalement jamais cessé d’être : une voix différente, un nœud de paradoxes divers au sein du langage et de ses réalisations ; telle l’avait perçue Baudelaire qui notait « comment la poésie touche à la musique par une prosodie dont les racines plongent plus avant dans l’âme humaine que ne l’indique aucune théorie classique ».
Dès les origines, prose et vers se distinguent : le langage versifié était utilisé spécifiquement en contexte religieux ou exceptionnel (prière, exorcisme…), là où le langage de la vie quotidienne ne pouvait suffire : face au sacré, on avait recours à des règles autres. Puis, très vite, ce qui sortait du discours commun a été composé en vers : non seulement la poésie, mais aussi les premiers traités de physique, ou les systèmes philosophiques, comme ceux des présocratiques Empédocle ou Parménide. Ainsi, l’amalgame souvent fait entre vers et poésie relève d’un malentendu, dénoncé très tôt par Aristote dans la Poétique : « Il n’y a rien de commun à Homère et à Empédocle sinon le mètre, si bien qu’il est légitime d’appeler l’un poète et l’autre naturaliste plutôt que poète. » Le vers n’implique pas la poésie, et l’inverse est aussi vrai aujourd’hui où, le critère du vers n’étant plus de règle, il devient délicat d’opposer prose et poésie…


Date de mise en ligne : 19/11/2014

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