Vérité scientifique et vérité historique à l'âge classique
- Par Jacques Le Brun
Pages 45 à 70
Citer ce chapitre
- LE BRUN, Jacques,
- PLON, Michel
- et REY-FLAUD, Henri,
- Le Brun, Jacques.
- Le Brun, J.
- M. Plon
- et H. Rey-Flaud
https://doi.org/10.3917/eres.reyfl.2007.01.0045
Citer ce chapitre
- Le Brun, J.
- M. Plon
- et H. Rey-Flaud
- Le Brun, Jacques.
- LE BRUN, Jacques,
- PLON, Michel
- et REY-FLAUD, Henri,
https://doi.org/10.3917/eres.reyfl.2007.01.0045
Notes
-
[1]
Adam et Tannery, Œuvres, de Descartes rééd. Paris, Vrin, 1996, t. VI, p. 2.
-
[2]
Ibid., p. 3.
-
[3]
Ibid., p. 5.
-
[4]
Ibid., p. 6. Et aussi un peu plus loin, à propos de l’histoire : « Lorsqu’on est trop curieux des choses qui se pratiquaient aux siècles passés, on demeure ordinairement fort ignorant de celles qui se pratiquent en celui-ci » (p. 6), et « Même les histoires les plus fidèles, si elles ne changent ni n’augmentent la valeur des choses, pour les rendre plus dignes d’être lues, au moins en omettent-elles presque toujours les plus basses et les moins illustres circonstances » (p. 7).
-
[5]
Ibid., p. 9.
-
[6]
Ibid., p. 9-10.
-
[7]
Ibid., p. 19.
-
[8]
Ibid., p. 30.
-
[9]
Ibid., p. 12.
-
[10]
En particulier ceux de Carlo Borghero dont un livre important, La certezza e la storia. Cartesianesimo, pirronismo e conoscenza storica, Milan, Franco Angeli, 1983, livre que je suis souvent, bien que je ne le cite pas à chaque instant, constitue pour l’examen de cette question le meilleur point de départ.
-
[11]
Charles Adam, Paul Tannery, op. cit., t. X, p. 362. Je traduis à chaque fois le latin de Descartes.
-
[12]
Descartes, Discours de la méthode, texte et commentaire par E. Gilson, 2e éd., Paris, Vrin, 1939, p. 197-198.
-
[13]
Charles Adam, Paul Tannery, op. cit., t. X, p. 364.
-
[14]
Ibid., p. 363.
-
[15]
Ibid., p. 364.
-
[16]
Ibid., p. 366.
-
[17]
L’expérience, notion toujours péjorative dans ce contexte, ne fait que rendre douteux et incertain tout objet « pur et simple ».
-
[18]
Regula XII, dans Charles Adam, Paul Tannery, op. cit., p. 411.
-
[19]
Malebranche, De la Recherche de la vérité (1674), I, III, I, dans Œuvres, t. I, Bibl. de la Pléiade, Paris, Gallimard, 1979, p. 38 : « Les philosophes se contentent d’une vraisemblance fort facile à trouver, et si commode pour leur vanité et pour leurs intérêts ». Voir aussi I, III, II, p. 41 : « Il y a deux sortes de vérités, les unes sont nécessaires, et les autres contingentes. J’appelle vérités nécessaires celles qui sont immuables par leur nature, et celles qui ont été arrêtées par la volonté de Dieu, laquelle n’est point sujette au changement. Toutes les autres sont des vérités contingentes. […] L’histoire, la grammaire, le droit particulier ou les coutumes, et plusieurs autres qui dépendent de la volonté changeante des hommes, ne contiennent que des vérités contingentes. »
-
[20]
Ibid., II, II, III, § 1, p. 211.
-
[21]
Ibid., II, II, III, § 2, p. 212.
-
[22]
Ibid., II, II, III, § 2, p. 212-213.
-
[23]
Ibid., II, II, IV, p. 214.
-
[24]
Ibid., II, III, V, p. 275.
-
[25]
Ibid.
-
[26]
Ibid., III, I, III, § 2, p. 309.
-
[27]
Ibid., IV, III, § 1, p. 405. Voir aussi IV, VI, § 2, p. 422 : « Qu’ils condamnent au feu les poètes et les philosophes païens, les rabbins, quelques historiens et un grand nombre d’auteurs qui font la gloire et l’érudition de quelques savants, on ne s’en mettra guère en peine. Mais qu’ils ne condamnent pas la connaissance de la nature comme contraire à la religion […]. »
-
[28]
Ibid., VI, I, I, p. 591.
-
[29]
Richard Simon, Additions aux Recherches curieuses sur la diversité des langues et religions d’Edward Brerewood, Édition critique avec introduction et notes par Jacques Le Brun et John D. Woodbridge, Bibliothèque de l’École des hautes études, Section des sciences religieuses, vol. LXXXV, Paris, puf, 1983, p. 47-48. Toute cette préface écrite par R. Simon à la traduction du livre de Brerewood est à lire, opposant l’ignorance des langues et « les vieilles coutumes » à « la Vérité » (p. 51), et donnant des règles pour distinguer « facilement la fausseté d’avec la vérité » (p. 58).
-
[30]
Première édition en 1613, et nombreuses rééditions. Je cite d’après la réédition de Bruxelles, 1719.
-
[31]
Cf. note 30, Préface non paginée.
-
[32]
Voir Pontien Polman, L’élément historique dans la controverse religieuse du xvie siècle, Gembloux, J. Duculot, 1932.
-
[33]
Richard H. Popkin, Histoire du scepticisme d’Érasme à Spinoza, Paris, puf, 1995.
-
[34]
Erwin Panofsky, Essais d’iconologie. Les thèmes humanistes dans l’art de la Renaissance, chap. III, « Le Vieillard Temps », Paris, Gallimard, 1967, p. 105-130.
-
[35]
Nous ne pouvons que renvoyer, sur la dimension sociologique de ces thèmes à couleur joachimiste, à de nombreux articles de Jean Séguy dispersés dans des revues ou des recueils souvent peu accessibles.
-
[36]
Voir Reinhart Koselleck, Le règne de la critique, trad. franç., Paris, éd. de Minuit, 1979 ; Jean Jehasse, La renaissance de la critique. L’essor de l’humanisme érudit de 1560 à 1614, Saint-Étienne, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 1976.
-
[37]
Voir Jacques Le Brun, La jouissance et le trouble. Recherches sur la littérature chrétienne de l’âge classique, Genève, Droz, 2004, p. 195-216.
-
[38]
Melchior Cano, De locis theologicis libri XII, 1562 et nombreuses rééditions.
-
[39]
Pierre Hurtado de Mendoza, Disputationes de universa philosophia, Lyon, 1617, en particulier la Disputatio VIII, « De evidentia et certitudine », section III, « De evidentia morali, physica, et metaphysica, et utrum illis possit subesse falsum », et section IV, « Variæ certitudinis acceptiones ».
-
[40]
Paris, 1652, rééd. 1655 et 1685, puis aux xviiie et xixe siècles ; voir sur Holden, J. Le Brun, La jouissance et le trouble, op. cit., p. 161-174.
-
[41]
Essentiel sur ce point, René Roques, L’univers dionysien. Structure hiérarchique du monde selon le pseudo-Denys, Paris, Aubier, 1954 ; rééd. Paris, Cerf, 1983.
-
[42]
Voir John Henry Newman, Grammaire de l’assentiment, Introduction, traduction et notes de M.-M. Olive, Textes newmaniens VIII, Paris, Desclée de Brouwer, 1975.
-
[43]
Grenoble, 1686, et rééd.
-
[44]
De François Malaval, 1670 et rééd.
-
[45]
Par le cardinal Jean Bona, nombreuses éditions et traductions.
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[46]
Bernard Forthomme et Jad Hatem, Madame Guyon : Quiétude d’accélération, Paris, Cariscript, 1997.
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[47]
Connu aujourd’hui surtout comme celui qui nous a transmis l’Entretien de Descartes avec Burman.
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[48]
Voir le livre de Carlo Borghero cité plus haut, et J. Le Brun, La jouissance et le trouble, op. cit., p. 175-194.
-
[49]
Saint Augustin, De utilitate credendi, XI, 25, dans Œuvres, t. 8, Bibliothèque augustinienne, Paris, Desclée de Brouwer, 1982, p. 266-271, et Note complémentaire, p. 502.
-
[50]
Charles Adam, Paul Tannery, op. cit., t. VII, p. 216.
-
[51]
Ibid., p. 216-217.
-
[52]
Antoine Arnauld et Pierre Nicole, La logique ou l’art de penser, Introduction de Louis Marin, Paris, Flammarion, 1970, p. 35.
-
[53]
Ibid.
-
[54]
« Ne pas tant séparer […] la Logique des autres sciences auxquelles elle est destinée », ibid., p. 49.
-
[55]
Ibid., p. 357.
-
[56]
Ibid., p. 337.
-
[57]
Ibid., p. 346.
-
[58]
Ibid., p. 363.
-
[59]
Ibid., p. 409.
-
[60]
Ibid. (cf. Ps. CXV, 11 « Omnis homo mendax », cité par Rom. III, 4).
-
[61]
Ibid., p. 410.
-
[62]
Ibid.
-
[63]
Ibid., p. 413.
-
[64]
Ibid., p. 413-414.
-
[65]
Ibid., p. 414-415.
-
[66]
Ibid.
-
[67]
Sur la question fondamentale de la casuistique, de la probabilité et du probabilisme, en attendant les travaux de Jean-Pascal Gay et de J.-L. Quantin (voir déjà de J.-L. Quantin, « Le Saint-Office et le probabilisme (1677-1679) », dans Mélanges de l’École française de Rome. Italie et Méditerranée, t. II4, 2002-2, p. 875-960), voir l’article « Probabilisme » du Dictionnaire de théologie catholique, ainsi que Pierre Cariou, Les idéalités casuistiques. Aux origines de la psychanalyse, Paris, puf, 1992.
-
[68]
Antoine Arnauld et Pierre Nicole, op. cit., p. 415.
-
[69]
Ibid., p. 416.
-
[70]
Ibid., p. 418.
-
[71]
Ibid.
-
[72]
[Nicole], De la foi humaine [1664], p. 14.
-
[73]
Ibid., p. 23.
-
[74]
Ibid., p. 32.
-
[75]
Voir L’Interpretazione nei secoli xvi e xvii, a cura di Guido Canziani e Yves Charles Zarka, Milan, Franco Angeli, 1993.
-
[76]
Jean Le Clerc, Ars critica in qua ad studia linguarum latinæ, græcæ et hebraïcæ via munitur, veterumque emendandorum et spuriorum scriptorum a genuinis dignoscendorum ratio traditur, Amsterdam, 1696, et rééd.
-
[77]
Une réédition, E. Mariotte, Essai de logique, Paris, Fayard, 1992. Nous suivrons ici la pagination de l’édition originale, Paris, 1678.
-
[78]
Mariotte, Essay de logique, Paris, 1678, p. 22-33.
-
[79]
Ibid., p. 23, 24, 31.
-
[80]
IIe partie, art. III, ibid., p. 150-159 : « Des principes des propositions morales ».
-
[81]
Ibid., p. 151-152.
-
[82]
Ibid., p. 153-154.
-
[83]
Ibid., p. 154.
-
[84]
Ibid., p. 155-156.
-
[85]
Pseudo-Denys l’Aréopagite, Des Noms divins, 872D-873A.
-
[86]
Ibid., 648B.
-
[87]
Id., Hiérarchie céleste, 140 A. On se reportera à l’analyse de la recherche, ???????, et de ses rapports avec la foi, ??????, que développait déjà Clément d’Alexandrie, Stromates, V, ch. I, 5, 2-4, en la liant à la non-« évidence » de l’objet.
-
[88]
Hiérarchie céleste, 140 A.
-
[89]
Jean, XIV, 6 : « Ego sum via, et veritas, et vita. »
-
[90]
Jean, I, 17 : « Gratia et veritas per Jesum Christum facta est. »
-
[91]
2 Cor., XI, 10 : « Est veritas Christi in me. »
-
[92]
Pour reprendre le titre d’un livre de Pierre Legendre, L’empire de la vérité, Paris, Fayard, 1983.
-
[93]
Robert Mandrou, Des humanistes aux hommes de science, Paris, Le Seuil, 1973.
En 1637, Descartes publiait le Discours de la méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences. Il y définissait la « raison » au début de la première partie comme « la puissance de bien juger et distinguer le vrai d’avec le faux » et il pouvait exprimer sa satisfaction d’avoir suivi cette méthode, affirmant quelques lignes plus loin : « Je ne laisse pas de recevoir une extrême satisfaction du progrès que je pense avoir déjà fait en la recherche de la vérité. » Chacun connaît l’extraordinaire autobiographie intellectuelle que constitue cette première partie dans laquelle Descartes expose ce qu’a été son étude des lettres : « Les exercices auxquels on s’occupe dans les écoles », les langues, « la lecture des livres anciens », « leurs histoires », « leurs fables », l’éloquence et la poésie, les mathématiques et la philosophie qu’on apprend dans les écoles lui paraissaient avoir des « fondements si peu fermes », et il décidait de quitter « entièrement l’étude des lettres » et, écrivait-il, « de ne chercher plus d’autre science que celle qui se pourrait trouver en moi-même ou bien dans le grand livre du monde », pensant pouvoir « rencontrer beaucoup plus de vérité dans les raisonnements que chacun fait touchant les affaires qui lui importent […] que dans ceux que fait un homme de lettres dans son cabinet ». Déçu aussi, dans son « extrême désir d’apprendre à distinguer le vrai d’avec le faux », par la diversité des mœurs des autres hommes, Descartes prend la résolution d’étudier en soi-même, élaborant alors les règles de la méthode qui font l’objet de la deuxième partie de son discours et les concevant selon le modèle des « longues chaînes de raisons, toutes simples et faciles, dont les géomètres ont coutume de se servir pour parvenir à leurs plus difficiles démonstration…
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