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Chapitre 4. L’impossible retour à une « révolution agricole » contemporaine de la révolution industrielle

Pages 276 à 301

Citer ce chapitre


  • Poussou, J.-P.
(2014). Chapitre 4. L’impossible retour à une « révolution agricole » contemporaine de la révolution industrielle. La Terre et les Paysans en France et en Grande-Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles (p. 276-301). Éditions Sedes. https://shs.cairn.info/la-terre-et-les-paysans-en-france-et-en-grande-bretagne-aux-xviie-et-xviiie-siecles--9782718192161-page-276?lang=fr.

  • Poussou, Jean-Pierre.
« Chapitre 4. L’impossible retour à une “révolution agricole” contemporaine de la révolution industrielle ». La Terre et les Paysans en France et en Grande-Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles, Éditions Sedes, 2014. p.276-301. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/la-terre-et-les-paysans-en-france-et-en-grande-bretagne-aux-xviie-et-xviiie-siecles--9782718192161-page-276?lang=fr.

  • POUSSOU, Jean-Pierre,
2014. Chapitre 4. L’impossible retour à une « révolution agricole » contemporaine de la révolution industrielle. In : La Terre et les Paysans en France et en Grande-Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles. Paris : Éditions Sedes. Cned/Sedes Concours, p.276-301. URL : https://shs.cairn.info/la-terre-et-les-paysans-en-france-et-en-grande-bretagne-aux-xviie-et-xviiie-siecles--9782718192161-page-276?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Bien qu’elle soit ancienne et très synthétique, pour une vue générale le mieux est d’utiliser l’excellente mise au point de D. Woodward, « Agricultural Revolution in England 1500-1900 : Survey », The Local Historian, vol. 9, n° 7, août 1971, p. 323-333.
  • [2]
    Michel Morineau, qui le souligne, attribue la paternité du choix « d’agricultural revolution » à l’historien américain N.S.B. Gras qui l’aurait forgée en 1921, à l’occasion d’une controverse avec Tawney, puis employée ensuite dans son ouvrage : A History of agriculture in Europe and America (1925). – Voir Morineau, « Ruralia », Rev. Historique t. 580, oct.-déc. 1991, p. 359-384.
  • [3]
    Traduction française, en 1952, sous le titre Histoire rurale de l’Angleterre (Paris, Gallimard).
  • [4]
    L’expérience, qui se voulait pratique, n’a, de ce fait, rien à voir avec la Bergerie de Marie-Antoinette.
  • [5]
    N. Riches, The Agricultural Révolution in Norfolk, 1937 (nouv. éd. par W.H. Chaloner, 1967).
  • [6]
    J.H. Plumb, « Sir Robert Walpole and Norfolk Husbandry », The Economic History Review, t. V, 1, 1952, p. 86-89.
  • [7]
    P. O’Brien, « Quelle a été exactement la contribution de l’aristocratie britannique au progrès de l’agriculture entre 1688 et 1789 ? », A.E.S.C., 1987, 6, p. 1391-1409. – Voir l’ouvrage essentiel de D.R. Hainsworth, Stewards Lords and People : the estate Steward and his world in later Stuart England, Cambridge, Cambridge Univ. Press, 1992.
  • [8]
    On a vu que, poussant plus loin encore ces idées, R.C. Allen en vient à faire du yeoman des Midlands le protagoniste essentiel d’une révolution agricole qu’il situe au XVIIe siècle.
  • [9]
    D. Woodward, art. cité, p. 330.
  • [10]
    F.M.L. Thompson, « The Second Agricultural Revolution 1815-1880 », Econ. History Review, t. 21, 1968, p. 62-77.
  • [11]
    Londres, Batsford, 1966.
  • [12]
    The Agricultural Revolution : Changes in Agriculture 1650-1880, Coll. Documents in Economic History, Londres, A. et C. Black, 1977. – L’introduction-présentation va de la p. 1 à la p. 68.
  • [13]
    Cf. p. 8 :… « Comparés avec les accroissements de la productivité agricole obtenus au XXe siècle, les résultats de la rénovation [agricole] classique des années 1700-1850, ne sont pas très impressionnants… »
  • [14]
    Voir « Ruralia », 1991, déjà cité, notamment p. 359-361 et p. 368-369 où ce point de vue est exprimé avec une force particulière.
  • [15]
    En français, voir son texte : « Réhabiliter la révolution agricole anglaise », dans G. Béaur, La terre et les hommes…, op. cit., p. 147-173 ; on se référera bien sûr avant tout à son récent ouvrage :
    Agricultural Révolution in England : the tranformation of the agrarian economy 1500-1850, Cambridge, 1996. – Voir la recension de cet ouvrage par F.C. Dandolo, The Journal of European Economy History, 26, 3, hiver 1997, p. 671-675.
  • [16]
    Véron de Forbonnais, par exemple, expose ainsi le rôle de lord Townshend dans son article « Culture » de l’Encyclopédie :…« on croit communément à Londres que feu milord Townshend a le premier imaginé de féconder nos terres avec de la glaise. Cette opinion n’a d’autre fondement que le parti que prit ce seigneur de faire une dépense par laquelle très peu de nos gentilshommes songent à améliorer leurs terres qu’ils ne voient presque jamais ; celui-ci enrichit ses fermiers et doubla ses revenus… Milord Townshend, s’étant retiré dans ses terres, imita d’abord, mais il surpassa bientôt ses modèles. Par ses soins, il établit des fermes au milieu des bruyères et des pacages ; il forma des champs fertiles, enclos de haies vives, dans des terrains réputés trop maigres jusque là pour les labourer ». – Voir dans G.E. Mingay, The Agricultural Revolution…, op. cit., les représentations par Arthur Young de Lord Townshend (p. 104-106), de Coke de Norfolk, qu’il visita souvent à Holkham (p. 107-116), de Robert Bakewell (p. 147-150).
  • [17]
    J.V. Beckett, dans le t. VI de l’Agrarian History…, p. 569-571. – L’ouvrage fondamental est celui de R.A.C. Parker, Coke of Norfolk : a Financial and Agricultural Study 1707-1842, Oxford, Oxford Univ. Press, 1975.
  • [18]
    Pour mieux connaître Arthur Young, on se reportera à J.-G. Gazley, The Life of Arthur Young 1741-1820, Philadelphie, American Philosophical Society, 1973. – Même si l’on aimerait qu’il aille plus loin dans l’analyse de son rôle agricole, il apporte une foule de renseignements et mérite d’être considéré comme une biographie classique.
  • [19]
    Partir de N. Goddard, « Agricultural Litterature and Societies », t. VI, The Agrarian History…, p. 361-383. – Pour aller plus loin, utiliser D. Hudson et K.W. Luckhurst, The Royal Society of Arts 1754-1954, Londres, 1954.
  • [20]
    Agricultural Revolution in England, p. 75.
  • [21]
    Id., p. 77.
  • [22]
    « Ruralia », p. 363-364.
  • [23]
    Cité dans le t. VI de The Agrarian History…, p. 1053.
  • [24]
    « Ruralia », p. 362-363.
  • [25]
    Il peut donc être imposé par une majorité qui peut se concevoir quant au nombre de propriétaires ou quant à la superficie.
  • [26]
    H.S. Homer, An Essay on the Nature and Method of Ascertaining the Specifick Shares of Proprietors upon the Inclosure of Common Fields, Oxford, 1766.
  • [27]
    M. Turner, English Parliamentary Enclosure Folkestone, Dawson, 1980. – Il est recommandé de partir de son petit livre Enclosures in Britain 1750-1830 Londres, Mac Millan, 1984, qui est mieux qu’un résumé de l’ouvrage précédent. – Voir également J.A. Yelling, Common Field and Enclosure in England 1450-1850 Londres, Mac Millan, 1977. Son ouvrage, très précis, apporte beaucoup de définitions et assure une couverture chronologique quasiment complète.
  • [28]
    Tout le développement provient de : Enclosures in Britain p. 20-21.
  • [29]
    J.R. Wordie, « The chronology of English enclosure 1500-1914 », Economic History Review, t. 36, 1983, p. 483-505.
  • [30]
    Mark Overton accepte la chronologie de Wordie, faute de mieux : « ces chiffres régionaux [et leur évolution] sont discutés, mais il est difficile d’accroître leur pertinence car, si nous possédons une bonne documentation sur les enclosures par Acte parlementaire, il n’en est pas de même auparavant » – Agricultural Revolution p. 148. – Les données concernant les comtés de Leicester et de Durham se trouvent p. 149.
  • [31]
    W.G. Hoskins, « The Leicestershire Crop Returns of 1801 », dans W.G. Hoskins éd., Studies in Leicestershire Agrarian History p. 132.
  • [32]
    « Dans le contexte économique mondial, le High Farming n’éatit pas un système durable », voir Agricultural Revolution, p. 184.
  • [33]
    Id, p. 206.
  • [34]
    P. O’Brien, « Agriculture and the Industrial Revolution », The Economic History Review, t. 30, 1977, 1, p. 116-181.
  • [35]
    Id., p. 172.
  • [36]
    « Ruralia », art. cité.
  • [37]
    Voir J.M. Moriceau, « Les moulins de la Révolution agricole », Revue Historique 1997, 1, p. 300-305.
  • [38]
    « Agriculture and the Industrial Revolution », art. cité, p. 173.
  • [39]
    M. Morineau, « Malthus : There and Back from the Period Preceding the Black death to the Industrial Revolution », The Journal of European Economic History t. 27, 1, printemps 1998, p. 137-202, loc. cit., p. 186.

Mais, que faut-il penser de cette « révolution agricole » anglaise elle-même ? Une rapide présentation historiographique est d’abord nécessaire.
Sans employer l’expression, puisqu’elle n’existait pas encore, il est bien certain que les agronomes de la deuxième moitié du XVIIIe siècle l’ont appelée de tous leurs vœux en ne cessant de prôner un progrès agricole qu’ils voulaient rapide et intéressant toute l’agriculture, tout en ayant le sentiment et l’orgueil d’une avance anglaise à leur époque, comme l’écrit Arthur Young dans la préface de son Arithmétique Politique : « J’exposerai donc, le plus succinctement qu’il me sera possible, les principes d’après lesquels l’Angleterre a porté son agriculture à ce haut degré de perfection qui semble imposer à nos voisins la nécessité de nous imiter ».
Pendant longtemps, on a vécu sur l’exposé classique qu’avait fait Richard Prothero, plus tard Lord Ernle, de cette « révolution agricole », car, sous l’expression de « révolution agraire » qu’il employait, c’est bien de cela qu’il s’agissait, et c’est bien cela qu’il montrait dans son ouvrage de 1912 : English Farming. Past and Present. Les changements essentiels avaient eu lieu dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, grâce à l’action des Landlords. Ils étaient l’œuvre de pionniers à la réussite remarquable : la rotation triennale et la culture systématique du navet, en Norfolk, grâce à Lord Townshend, lequel, déçu par la politique, s’était retiré en 1 728 sur ses terres de Raynham ; les nouvelles charrues grâce à Jethro Tull ; l’élevage, par sélection des bêtes et des espèces grâce à Bakewell, cependant que Coke de Holkam montrait comment il fallai…


Date de mise en ligne : 25/09/2025

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