Le gérondif : une originalité du français ?
- Par Odile Halmøy
Pages 267 à 279
Citer ce chapitre
- HALMØY, Odile,
- BERRÉ, Michel,
- VAN SLIJCKE, Ann
- et HADERMANN, Pascale,
- Halmøy, Odile.
- Halmøy, O.
- M. Berré,
- A. Van Slijcke
- et P. Hadermann
https://doi.org/10.3917/dbu.berre.2003.01.0267
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- Halmøy, O.
- M. Berré,
- A. Van Slijcke
- et P. Hadermann
- Halmøy, Odile.
- HALMØY, Odile,
- BERRÉ, Michel,
- VAN SLIJCKE, Ann
- et HADERMANN, Pascale,
https://doi.org/10.3917/dbu.berre.2003.01.0267
Notes
-
[1]
Je profite de l’occasion qui m’est donnée ici pour remercier Annie de m’avoir fait connaître ce roman et son auteur en 1991, lors de son dernier séjour à Bergen.
-
[2]
Voir à ce propos Halmøy (1982 : 289 et suivantes) et (1986).
-
[3]
Le terme et la notion d’étoffement sont empruntés à Vinay-Dalbernet (1977).
-
[4]
Mes informateurs ont parfois inversé l’ordre des syntagmes. Sans autre contexte, on ne saurait cependant accorder trop d’importance à l’ordre des mots.
-
[5]
« L’appetit vient en mangeant, disoyt Angest on Mans ; la soif s’en va en beuvant ». (Rabelais, Gargantua)
-
[6]
Jusqu’au Moyen Age, cependant, le gerundio espagnol était régulièrement précédé de en. Et en ancien italien, le gerundio pouvait être précédé de in ou de con, comme dans cet exemple du Purgatoire de Dante : « però pur va, e in andando ascolta ».
-
[7]
Un grand merci à mes collègues et amis de Bergen et d’ailleurs qui ont si gentiment accepté de traduire mon petit échantillon d’exemples dans leurs langues maternelles respectives, et particulièrement à Victoria Rosén qui a de plus réussi à dénicher à Bergen un exemplaire en néerlandais de Het verdriet van België, et à Koenraad de Smedt pour son aide très précieuse concernant le néerlandais.
Le gérondif français, défini comme la forme verbale invariable en -ant, toujours précédée du marqueur en (type en dormant, en riant, en passant), est une structure à fonction adverbiale qui figure parmi les circonstants les plus usités du français moderne. Or cette forme n’a d’équivalent morphologique et syntaxique exact dans aucune autre langue indo-européenne, et pas davantage apparemment dans les langues plus exotiques. C’est une structure incontournable du français standard, aussi bien à l’oral qu’à l’écrit, et on la rencontre dans tous les registres de la langue, du plus littéraire au plus familier. Cette structure, tant il est difficile de s’en passer, on la rencontre aussi bien sûr dans les traductions en français d’œuvres écrites dans une langue qui ne connaît pas de gérondifs.
Considérons, pour illustrer ce phénomène, l’extrait suivant, tiré des pages liminaires de la traduction en français du roman Het verdriet van België, le chef d’œuvre de l’écrivain flamand Hugo Claus, « incontestablement le plus grand écrivain actuel de langue néerlandaise », selon le traducteur Alain van Crugten :
(Alleen omdat Louis overdreven vurig herkomst, inhoud en gevaar had opgeroepen, hadden zij het vormloze ding als Verboden Boek aanvaard en het naast de andere gelegd, die avond, op het hoofdkussen van Byttebier, en drie kruistekens geslagen en gefluisterd : « In de zwarte boeken – moet ge ‘t zoeken – Dat wordt gevraagd – door de heilige maagd ».)
C’est uniquement parce que Louis avait évoqué avec une ardeur exagérée l’origine, le contenu et le danger qu’ils avaient accepté l’insignifiante chose comme Livre Interdit et l’avaient placée ce soir-là à côté des autres sur l’oreiller de Byttebie…
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