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Chapitre IV. La politesse rayonnante

1661-1715

Pages 123 à 180

Citer ce chapitre


  • Muchembled, R.
(2017). Chapitre IV. La politesse rayonnante 1661-1715. La société policée : Politique et politesse en France du XVIe au XXe siècle (p. 123-180). Le Seuil. https://shs.cairn.info/la-societe-policee-politique-et-politesse-en-france-du-xvie-au-xxe-siecle--9782020345422-page-123?lang=fr.

  • Muchembled, Robert.
« Chapitre IV. La politesse rayonnante : 1661-1715 ». La société policée Politique et politesse en France du XVIe au XXe siècle, Le Seuil, 2017. p.123-180. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/la-societe-policee-politique-et-politesse-en-france-du-xvie-au-xxe-siecle--9782020345422-page-123?lang=fr.

  • MUCHEMBLED, Robert,
2017. Chapitre IV. La politesse rayonnante 1661-1715. In : La société policée Politique et politesse en France du XVIe au XXe siècle. Paris : Le Seuil. L'Univers historique, p.123-180. URL : https://shs.cairn.info/la-societe-policee-politique-et-politesse-en-france-du-xvie-au-xxe-siecle--9782020345422-page-123?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Peter Burke, The Fabrication of Louis XIV, New Haven, Yale U.P., 1992 ; trad. française, Louis XIV. Les stratégies de la gloire, Paris, Seuil, 1995 ; Nicolas Henshall, The Myth of Absolutism. Change and Continuity in Early Modern Monarchies, New York, Longman, 1992 ; Jeroen Duindam, Myths of Power. Norbert Elias and the Early Modern European Court, Amsterdam, Amsterdam U.P., 1995.
  • [2]
    William Beik, Absolutism and Society in Seventeenth-Century France. State Power and Provincial Aristocracy in Languedoc, Cambridge, Cambridge U.P., 1985, p. 337. Voir aussi, du même auteur, Urban Protest, op. cit.
  • [3]
    W. Beik, Absolutism, op. cit., p. 339. Ses descriptions sont néanmoins très utiles pour saisir les pratiques de l’absolutisme.
  • [4]
    Roland Mousnier, La Vénalité des offices sous Henri IV et Louis XIII, Rouen, Maugard, 1945 (2e éd. revue et augmentée, Paris, PUF, 1971).
  • [5]
    W. Beik, Absolutism, op. cit., p. 13 et 151.
  • [6]
    Ibid., p. 31, 197, 281, 303.
  • [7]
    Ibid., p. 335.
  • [8]
    Ibid., p. 336.
  • [9]
    Ibid., p. 338.
  • [10]
    Norbert Elias, La Société de Cour, Paris, Calmann-Lévy, 1974.
  • [11]
    J. Duindam, op. cit., p. 194.
  • [12]
    Jean-François Solnon, La Cour de France, Paris, Fayard, 1987, p. 251-417, « La Cour rayonnante ».
  • [13]
    P. Burke, The Fabrication of Louis XIV, op. cit. ; N. Henshall, op. cit. ; J. Duindam, op. cit.
  • [14]
    N. Henshall, op. cit., p. 38-40.
  • [15]
    J.B.Collins, op. cit., p. 132-135.
  • [16]
    N. Elias, La Société de Cour, op. cit. ; Jürgen Freiherr von Krüdener, Die Rolle des Hofes im Absolutismus, Stuttgart, Fischer, 1973 ; J. Duindam, op. cit.
  • [17]
    J. Duindam, op. cit., p. 27.
  • [18]
    J. Krüdener, op. cit.
  • [19]
    Ibid.
  • [20]
    Claude Rivière, Les Rites profanes, Paris, PUF, 1995, p. 259.
  • [21]
    Michèle Fogel, Les Cérémonies de l’information dans la France du xvie au xviiie siècle, Paris, Fayard, 1989.
  • [22]
    C. Rivière, op. cit., p. 259.
  • [23]
    Ibid.
  • [24]
    Ibid., p. 146.
  • [25]
    Ibid., p. 155, et J. Duindam, op. cit., p. 115-116, gravures représentant les six jours de fêtes du « divertissement de Versailles » en 1676, pour célébrer la conquête de la Franche-Comté.
  • [26]
    Julian Huxley (sous la dir. de Sir), Le Comportement rituel chez l’homme et l’animal, Paris, Gallimard, 1971, en particulier p. 23-25, 30.
  • [27]
    J. Duindam, op. cit., p. 103.
  • [28]
    Ibid.
  • [29]
    Desmond Morris, La Clé des gestes, Paris, Grasset, 1977, p. 142-146.
  • [30]
    Alfred Franklin, La Vie privée d’autrefois. Les soins de toilette. Le savoir-vivre, Paris, Plon, 1887, p. 82-83.
  • [31]
    Ibid., p. 83.
  • [32]
    J. Duindam, op. cit., p. 120, tableau établi d’après les travaux de François Bluche et Jean-François Solnon.
  • [33]
    Henri Brocher, A la Cour de Louis XIV. Le rang et l’étiquette sous l’Ancien Régime, Paris, Alcan, 1934, p. 11.
  • [34]
    Ibid., p. 24-30 pour les notations concernant le fait de s’asseoir ou non.
  • [35]
    Ibid., tableau p. 29.
  • [36]
    Ibid., p. 146-147.
  • [37]
    Pierre Goubert, Daniel Roche, Les Français et l’Ancien Régime, t. 1, La Société et l’État, Paris, Colin, 1984, p. 216.
  • [38]
    N. Elias, La Société de Cour, op. cit., J. Duindam, op. cit., p. 179-180.
  • [39]
    H. Brocher, op. cit., p. 30.
  • [40]
    Ibid., p. 30-31, 47.
  • [41]
    J. Duindam, op. cit., gravure p. 43.
  • [42]
    Ibid., note 70, p. 120.
  • [43]
    H. Brocher, op. cit., p. 46.
  • [44]
    K. Lorenz, dans J. Huxley, op. cit., p. 59 (« La ritualisation dans l’évolution psychosociale de la culture humaine »).
  • [45]
    R.E.Giesey, op. cit., p. 76.
  • [46]
    M. Balard, J. Boulègue, J.-P. Duteil, R. Muchembled, op. cit.
  • [47]
    R.E. Giesey, op. cit., p. 78.
  • [48]
    Louis Marin, Le Portrait du roi, Paris, Minuit, 1981 ; Jean-Marie Apostolidès, Le Roi-machine, spectacle et politique au temps de Louis XIV, Paris, Minuit, 1981.
  • [49]
    R.E.Giesey, op. cit., p. 80-81 (discussion des théories de L. Marin et de J.-M. Apostolidès) et p. 82-85.
  • [50]
    Jules Lieure, L’École française de gravure au xviie siècle, Paris, La Renaissance du Livre, s. d. (1931), p. 137.
  • [51]
    Cité par P.M.Smith, op. cit., p. 105, note 2.
  • [52]
    N. Elias, La Civilisation des mœurs, op. cit., et La Société de Cour, op. cit.
  • [53]
    Les révoltes sont également moins nombreuses. Pour les villes, voir W. Beik, Urban Protest, op. cit.
  • [54]
    K. Lorenz, dans J. Huxley, op. cit., p. 61.
  • [55]
    L’Estampe en France du xvie au xixe siècle, Paris, Bibliothèque nationale, 1987, p. 107.
  • [56]
    Joël Cornette, Chronique du règne de Louis XIV, Paris, SEDES, 1997, p. 456-457.
  • [57]
    J. Duindam, op. cit., gravure p. 43.
  • [58]
    L’Estampe en France, op. cit., p. 92.
  • [59]
    Ibid., p. 93.
  • [60]
    Raymond Gaudriault, Répertoire de la gravure de mode française des origines à 1815, Paris, Promodis, 1988, p. 42, 51, 81.
  • [61]
    Ibid., p. 68.
  • [62]
    Ibid., p. 85, 89.
  • [63]
    Ibid., p. 109.
  • [64]
    Ibid., p. 117 (sous Louis XV), p. 139, 142, 174, 190 (sous Louis XVI).
  • [65]
    Alfred Franklin, La Vie privée d’autrefois. Les magasins de nouveautés, Paris, Plon, 1898, t. IV, p. 315-317, citant le chapitre iii du manuel de La Salle, d’après une édition de 1782.
  • [66]
    Ibid., p. 314, citant Mercier.
  • [67]
    R. Gaudriault, op. cit., p. 169, 178, par exemple.
  • [68]
    Dominique Picard, Les Rituels du savoir-vivre, Paris, Seuil, 1995, p. 87 sq. ; C. Rivière, op. cit., p. 146.
  • [69]
    K. Lorenz, dans J. Huxley, op. cit., p. 61.
  • [70]
    Alfred Franklin, La Vie privée d’autrefois. Les repas, Paris, Plon, 1889, p. 217-224.
  • [71]
    Ibid., p. 225-242.
  • [72]
    Rolf Reichardt, « Der Honnête homme zwischen höfischer und bürgerlicher Gesellschaft. Seriell-begriffsgeschichtliche Untersuchungen von Honnêteté-Traktaten des 17. und 18. Jahrhunderts », Archiv für Kulturgeschichte, t. 69, 1987, p. 348.
  • [73]
    Jean-Louis Flandrin, « La diversité des goûts et des pratiques alimentaires en Europe du xvie au xviiie siècle », Revue d’histoire moderne et contemporaine, t. XXX, 1983, p. 66-83.
  • [74]
    K. Lorenz, dans J. Huxley, op. cit., p. 59.
  • [75]
    A. Franklin, La Vie privée d’autrefois. Les repas, op. cit., p. 241.
  • [76]
    A. Franklin, La Vie privée d’autrefois. Les soins de toilette, op. cit., p. 182-193.
  • [77]
    N. Henshall, op. cit., p. 165.
  • [78]
    Bande de tissu portée autour du cou par les Croates des armées de Louis XIII et de Louis XIV, dont elle tire son nom. Un régiment de Royal-Cravate existe sous le Roi-Soleil.
  • [79]
    K. Lorenz, dans J. Huxley, op. cit., p. 60.

Le règne de Louis XIV représente assurément l’époque d’apogée de l’absolutisme monarchique. Le Roi-Soleil produit un modèle politique et social admiré dans toute l’Europe, imité par de nombreux souverains, dont certains font même copier le château de Versailles. La construction de ce système donne à la France du temps une identité originale dont l’empreinte marquera les siècles suivants jusqu’à nos jours. Il importe de comprendre comment le troisième roi Bourbon a pu nouer les fils d’une société complexe et contradictoire pour réussir à imposer de nouvelles structures d’obéissance, réalisant ainsi l’impossible synthèse espérée par tous les souverains avant lui. La maturation d’une grande puissance, hégémonique en Europe jusqu’en 1685, relève d’un entrecroisement de phénomènes politiques, sociaux et religieux. Plus profondément encore, elle s’appuie sur la production d’une culture suffisamment synthétique et attractive pour lier au roi les groupes sociaux divers dont il a besoin pour s’imposer. Une approche récente du problème insiste sur l’élaboration par et pour Louis XIV d’un « mythe » de l’absolutisme. Outre l’utilisation soigneuse d’une propagande monarchique diversifiée, ce mythe s’enracine dans la production efficace d’une sphère politique rayonnante. Continuant l’œuvre de Richelieu et de Mazarin, le souverain modernise la France par le haut. Le système d’obédience mis en place avant Versailles, puis encore renforcé par la suite, fait de sa personne le cœur sacralisé d’un mécanisme d’imitation conduisant de cercle en cercle vers les périphéries du royaume et vers divers groupes sociaux…


Date de mise en ligne : 15/09/2022

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