I. Une nouvelle conception du danger
Pages 6 à 19
Citer ce chapitre
- PERETTI-WATEL, Patrick,
- Peretti-Watel, Patrick.
- Peretti-Watel, P.
Citer ce chapitre
- Peretti-Watel, P.
- Peretti-Watel, Patrick.
- PERETTI-WATEL, Patrick,
Notes
-
[1]
Les références entre crochets renvoient à la bibliographie en fin d'ouvrage.
L'étymologie du terme « risque » permet de retracer son histoire. Ce n'est pas qu'un nouveau mot pour exprimer l'idée de danger : le risque est un danger sans cause, un dommage sans faute, qui pourtant devient prévisible et calculable. Le succès de cette nouvelle conception du danger est inséparable des développements de la statistique publique et du calcul des probabilités. Il témoigne d'une nouvelle volonté de contrôler les caprices de la nature et du destin. Cette volonté d'entreprendre est d'abord manifestée par les assureurs, qui « créent » des risques au sens propre. Leur activité souligne l'un des paradoxes de la notion de risque. Conçue initialement comme un outil de réduction de l'incertitude, cette notion ne contribuerait-elle pas à « fabriquer » du danger, à rendre toujours plus risqué un monde qui pourtant semble devenir plus sûr ?
« Risque » viendrait de l'italien risco (ou de l'espagnol riesgo), mots dérivés du latin resecum (« ce qui coupe »), pour désigner d'abord l'écueil qui menace les navires, puis plus généralement tout danger encouru par les marchandises en mer. Cette étymologie associe d'emblée le risque aux assurances maritimes, qui prirent leur essor en Italie (en particulier à Gênes) dès le XIVe
siècle. L'autre origine étymologique possible, le roman rixicare (« se quereller », qui a donné « rixe »), évoque également le danger. Toutefois, le risque n'est pas simplement synonyme de danger. La première étymologie l'associe à une volonté d'entreprendre tout en maîtrisant les coups du sort…
Date de mise en ligne : 01/01/2011
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
10,99 €
Acheter ce chapitre
3,00 €