Chapitre 11. Une micropolitique de l’intimité
Désirs et hétéronormativité à l’ère de #MeToo
Pages 189 à 199
Citer ce chapitre
- MAILLOCHON, Florence
- et TRACHMAN, Mathieu,
- BERGSTRÖM, Marie,
- Maillochon, Florence.
- et al.
- Maillochon, F.
- et Trachman, M.
- M. Bergström
https://doi.org/10.3917/dec.bergs.2025.01.0189
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- Maillochon, F.
- et Trachman, M.
- M. Bergström
- Maillochon, Florence.
- et al.
- MAILLOCHON, Florence
- et TRACHMAN, Mathieu,
- BERGSTRÖM, Marie,
https://doi.org/10.3917/dec.bergs.2025.01.0189
Notes
-
[1]
Ce chapitre se concentre sur les relations entre femmes et hommes.
-
[2]
1. On pourrait objecter que les hommes de 18-29 ans n’ont pas forcément des partenaires du même âge et que cela expliquerait le décalage dans les déclarations des femmes et des hommes, or la différence d’âge est généralement faible dans les relations de cette génération (voir chapitre 8).
La dénonciation des violences sexuelles est au cœur du mouvement #MeToo et des luttes féministes depuis les années 1970, mais elle n’en est pas le seul enjeu. Ces mouvements participent également d’une politisation de l’intimité : celle-ci consiste à remettre en question l’évidence des différenciations et des hiérarchies au sein de la conjugalité et de la sexualité en les rapportant aux inégalités entre femmes et hommes et à en critiquer le bien-fondé. Ce qui allait de soi — le devoir conjugal en matière de sexualité, la prise en charge féminine des tâches domestiques et parentales, la plus grande tolérance vis-à-vis de la liberté sexuelle masculine par exemple — est aujourd’hui discuté et problématisé au nom d’une conception plus égalitaire des relations intimes. En s’attachant, au-delà des violences, aux négociations, désaccords et refus en matière de sexualité, ce chapitre porte le regard sur ce qui favorise l’explicitation des plaisirs entre les partenaires, ce qui conduit les un·es à laisser de côté leur désir pour satisfaire celui de l’autre, et les frontières parfois floues entre ce que les jeunes veulent, se sentent tenu·es de faire et ce à quoi ils et elles sont contraint·es. C’est finalement toute une micropolitique de l’intimité que la notion de consentement, peu attentive à la variété des contextes intimes et aux conditions de l’exercice de la volonté, occulte [Mathieu, 1991 ; Lévy-Guillain, 2023]. Cette micropolitique incite à prendre en compte, outre ce à quoi on ne consent pas, ce qui ne fait pas consensus, les échanges intimes que cela peut susciter, les stratégies et les asymétries que cela implique [Foucault, 2001]…
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