Chapitre III. La lente pacification de l’espace scolaire
- Par Eirick Prairat
Pages 33 à 53
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- Prairat, E.
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Notes
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[1]
R. Gal, Histoire de l’éducation, Paris, Puf, « Que sais-je ? », 1983, p. 58 (épuisé).
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[2]
Ch. Démia, Règlements pour les écoles de la ville et du diocèse de Lyon, Lyon, André Olyer, s.d., chap. iii, § 11.
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[3]
L. Tarsot, Les Écoles et les Écoliers à travers les âges, Paris, Laurens, 1893. Règlement de 1711 donné par l’évêque d’Autin pour les écoles charitables de Moulins, § 60.
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[4]
J.-B. de La Salle, Conduite des écoles chrétiennes, manuscrit de 1706, Paris, Procure générale, 1951, 2e partie, chap. v, § 1.
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[5]
I. Pachtler, Ordinations de scholis a P. O. Manareo, visitator prov. Rheni s.j., a. 1583 emissae et a P. Generale a. 1586 approbatae.
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[6]
Règlement des escoles pour servir aux maîtresses chargées de l’éducation des petites filles, in J. Morey, Anne Xaintonge et les Ursulines au comté de Bourgogne, t. II, Paris, Bloud & Barral, p. 447.
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[7]
Ch. Rollin, Traité des études, t. III, nouv. éd. revue par M. Letronne, Paris, Librairie Firmin-Didot, 1811, p. 233.
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[8]
J.-B. de La Salle, Conduite des écoles chrétiennes, op. cit., 2e partie, chap. v, art. 4.
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[9]
J. de Batencour, L’Escole paroissiale ou la manière de bien instruire les enfants dans les petites écoles, Pierre Targa, 1654, 1re partie, chap. i, art. 7.
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[10]
Ibid., 1re partie, chap. i, art. 5.
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[11]
A. Babeau, L’École de village pendant la Révolution, Paris, Librairie académique Didier & Cie, 1881, p. 19 (note). Règlement diocésain du 13 octobre 1687 donné par l’évêque de Montpellier.
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[12]
A. Babeau, L’École de village pendant la Révolution, op. cit., p. 19. Ce règlement date de 1680.
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[13]
J.-B. de La Salle, Conduite des écoles chrétiennes, op. cit., 2e partie, chap. v, art. 2.
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[14]
P. Porteau, Montaigne et la vie pédagogique de son temps, Paris, Librairie Droz, 1935, p. 80.
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[15]
Ibid., p. 81.
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[16]
E. Prairat, Éduquer et punir. Généalogie du discours psychologique, Nancy, PUN, 1994, p. 168-181.
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[17]
Ch. Rollin, Traité des études, t. III, op. cit., p. 238.
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[18]
Platon, Les Lois, 653 d-e, 666 c et 808 c.
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[19]
Rapport sur les prisons des collèges de Paris, Académie de Paris, 29 septembre 1837, reproduit intégralement in J. Contou, Les Punitions dans les lycées et collèges de l’instruction publique en France au xixe siècle, thèse de 3e cycle, 1980, p. 190-192.
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[20]
J. Vallès, L’Enfant, Paris, Les Éditeurs réunis, 1950, p. 153.
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[21]
M. Du Camp, Mémoire d’un suicidé, Paris, Librairie nouvelle, 1855, p. 32-33.
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[22]
Il ne faut pas trop idéaliser les raisons qui ont présidé à la libéralisation de l’univers scolaire. Agnès Thiercé a bien montré dans ses travaux l’importance et les répercussions des révoltes lycéennes tout au long du xixe siècle (voir Histoire de l’adolescence [1850-1914], Paris, Belin, 1995 et « Révoltes de lycéens, révoltes d’adolescents au xxe siècle », Histoire de l’éducation, no 89, 2001, p. 59-93). On peut aussi se reporter à l’article de Jean-François Condette, « Les lycéens revendiquent la parole. La nécessaire réforme du régime disciplinaire des lycées français à la fin du xxe siècle », Les Sciences de l’éducation pour l’ère nouvelle, vol. 4, 2004, p. 35-60.
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[23]
J.-C. Caron, À l’école de la violence. Châtiments et sévices dans l’institution scolaire au xixe siècle, Paris, Aubier, « Historique », 1999, p. 82-83.
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[24]
A. Tschirhart, Une histoire des formes disciplinaires dans l’enseignement secondaire en France du Haut Moyen Âge à la fin du Second Empire (3 vol.), thèse de doctorat en sciences de l’éducation, Université de Rouen, mai 2003. L’auteur a bien mis en évidence le changement de matrice disciplinaire qui s’est opéré à la charnière des xviiie et xixe siècles. Si les collèges universitaires et congréganistes de l’Ancien Régime se sont construits en s’appropriant et en réaménageant le modèle conventuel, c’est le modèle militaire qui va inspirer l’organisation scolaire au xixe siècle dans les lycées et les écoles communales secondaires. L’intérêt de cette analyse est de rendre lisible l’évolution des formes punitives et notamment le passage de formes expiatrices (liées à une discipline d’inspiration religieuse) à des formes plus normalisantes (liées à une discipline d’inspiration militaire).
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[25]
Il ne faut pas trop séparer ces expériences libertaires du courant des pédagogies nouvelles. Certains novateurs n’ont pas manqué de stigmatiser la sanction et de la lire comme un déficit d’organisation pédagogique. « L’ordre et la discipline sont nécessaires en classe », écrit par exemple Célestin Freinet, mais « les punitions sont toujours une erreur ». La sanction, longtemps jugée nécessaire, devenait en quelque sorte soluble dans une organisation pédagogique centrée sur les besoins et les intérêts de l’enfant.
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[26]
J.-R. Schmid, Le Maître-camarade et la pédagogie libertaire, Paris, Maspero, 1971, p. 32.
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[27]
Ibid., p. 40.
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[28]
Ibid., p. 166. C’est une des grandes leçons du siècle passé. Les écoles qui ont prétendu faire l’économie de toute obligation, de toute contrainte et de toute sanction, sont souvent des écoles qui ont accueilli des publics restreints, voire choisis, contrevenant ainsi au principe d’hospitalité. Ce sont aussi des écoles qui ont parfois caché leurs pratiques punitives sous de prétendues sanctions naturelles, comme chez Tolstoï à Iasnaïa Poliana. Ce sont enfin, chose guère reluisante, des écoles où les adultes ont abandonné le droit de punir aux enfants, comme ce fut le cas à Summerhill.
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[29]
A.-S. Neill, Libres enfants de Summerhill, Paris, Maspero, 1970, p. 159.
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[30]
Cette réforme est commentée et analysée dans le dernier chapitre.
Il y a toujours quelque schématisme à présenter l’histoire d’une pratique sociale ou d’une institution comme une succession de phases ou d’époques. Une telle manière de procéder accentue inévitablement les ruptures et gomme, par une sorte d’effet de symétrie, les continuités. En fait, l’histoire, telle Janus, a deux visages : elle révèle, à certains moments, une étonnante permanence dans les manières de faire et les modes de pensée, et, à d’autres moments, met en lumière des évolutions rapides et des mutations. Dans la présentation qui suit, nous mettons en lumière les moments forts de l’histoire moderne du châtiment scolaire, sans pour autant oblitérer le lent mouvement de libéralisation sur fond duquel ces changements ont eu lieu.
La France du Moyen Âge est loin d’être dépourvue d’institutions scolaires puisque la seule ville de Paris ne compte pas moins d’une centaine d’écoles capitulaires à la fin du xve siècle. C’est cependant au cours du xvie siècle que le paysage éducatif français se modifie de manière significative et durable.
Le xvie siècle, c’est d’abord l’extension rapide du réseau des écoles paroissiales. Deux raisons essentielles ont présidé au développement de ces petites écoles. La première est d’ordre sociopolitique : elle est liée à l’agitation sociale et urbaine du moment. Les villageois sont de plus en plus inquiets devant les exactions et les violences commises par une jeunesse turbulente, le plus souvent livrée à elle-même. L’école apparaît alors comme un espace de socialisation capable d’accueillir ces groupes d’enfants errants et, plus largement, de policer les mœurs encore frustes d’une jeunesse trop peu encadrée…
Date de mise en ligne : 13/06/2024
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