Chapitre 2. L’éloge et la femme : un porte-à-faux discursif
Pages 37 à 49
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- BREITENSTEIN, Renée-Claude,
- Breitenstein, Renée-Claude.
- Breitenstein, R.-C.
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Notes
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[1]
Domenico Nani Mirabelli (Mirabellius), Polyanthea, opus suavissimus floribus exornatum […], Lyon, Stéphane Gueynard, 1513, sign. cxciiii r°. Dans cette citation latine comme dans les suivantes, l’orthographe a été modernisée.
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[2]
« La grâce d’une épouse fait la joie de son mari et sa science est pour lui une force » (Ecclésiastique, 26, 13). La traduction française est celle de la Bible de Jérusalem. Voir la Sainte Bible traduite en français sous la direction de l’École biblique de Jérusalem, nouvelle édition entièrement revue et augmentée, Paris, Cerf, 1984, p. 1026.
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[3]
« Mieux vaut habiter en un pays désert qu’avec une femme querelleuse et chagrine » (Proverbes, 21, 19). Ibid., p. 912.
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[4]
« Il y a deux sortes de larmes chez les femmes (disait Pythagore) : l’une relève de la douleur vraie, l’autre du piège. »
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[5]
« Une femme est chose diverse et changeante toujours » (Virgile, Énéide, texte établi et traduit par Jacques Perret, Paris, Les Belles Lettres, 1977, IV, v. 569-570).
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[6]
Voir Évelyne Berriot-Salvadore, Un corps, un destin. La femme dans la médecine de la Renaissance, Paris, Honoré Champion, 1993, p. 5-69 (« La nature féminine en question ») ; Madeleine Lazard, Images littéraires de la femme à la Renaissance, op. cit., p. 17-28 (chapitre ii : « La nature féminine »).
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[7]
Éliane Viennot, La France, les femmes et le pouvoir. L’invention de la loi salique (ve-xvie siècle), Paris, Perrin, 2006.
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[8]
Ann Moss, Les Recueils de lieux communs. Apprendre à penser à la Renaissance, traduit de l’anglais par Patricia Eichel-Lojkine, Monique Lojkine-Morelec, (Marie-Christine Munoz-Teulié) et Georges-Louis Tin (traduction de Printed Commonplace-Books and the Structuring of Renaissance Thought, 1996), sous la direction de Patricia Eichel-Lojkine, Genève, Droz, 2002, p. 166.
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[9]
Ian Maclean, The Renaissance Notion of Woman. A Study in the Fortunes of Scholasticism and Medical Science in European Intellectual Life, Cambridge, Cambridge University Press, 1980, p. 82.
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[10]
Jean Delumeau, La Peur en Occident, xive-xviiie siècles. Une cité assiégée, Paris, Fayard, 1978, p. 305-345.
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[11]
Marie-Claude Malenfant, Argumentaires de l’une et l’autre espèce de femme. Le statut de l’exemplum dans les discours littéraires sur la femme (1500-1550), op. cit., p. 4.
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[12]
Sara F. Matthews-Grieco, Ange ou diablesse : la représentation de la femme au xvie siècle, Paris, Flammarion, 1991, p. 395.
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[13]
Madeleine Jeay, Le Commerce des mots. L’usage des listes dans la littérature médiévale (xiie-xve siècles), Genève, Droz, 2006, p. 53-55 et p. 238-243.
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[14]
Adam de la Halle, Le Jeu de la feuillée [1276], présentation par Jean Dufournet, Paris, Flammarion, 1989, p. 51-57 ; Clément Marot, Œuvres poétiques complètes, édition critique établie, présentée et annotée avec variantes par Gérard Defaux, Paris, Bordas, 1990, t. II, p. 241 et 242.
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[15]
Voir plus haut, p. 36.
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[16]
François Cornilliat, « Or ne mens ». Couleurs de l’éloge et du blâme chez les « Grands Rhétoriqueurs », op. cit., p. 77.
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[17]
Glenda McLeod, Virtue and Venom. Catalogs of Women from Antiquity to the Renaissance, Ann Arbor, The University of Michigan Press, 1991, p. 1.
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[18]
Aphtonios, Progymnasmata, in George A. Kennedy (éd.), Progymnasmata. Greek Textbooks of Prose Composition and Rhetoric, op. cit., p. 120-124.
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[19]
Gisela Bock et Margarete Zimmermann ont fait l’historique du terme « querelle », qui est attesté dès le xiie siècle et signifie « plainte ». À partir de 1535, sa signification change : il est plus proche de l’idée de dispute ou de controverse. De manière générale, il est moins employé à partir du xvie siècle et se voit remplacé par d’autres termes, tels que « controverse », « débat », « défense », « apologie ». Voir Gisela Bock et Margarete Zimmermann, « The European Querelle des femmes », in Georgiana Donavin, Carol Poster and Richard J. Utz (dir.), Medieval Forms of Argument : Disputation and Debate, Eugene, Oregon, Wipf and Stock Publishers, 2002, p. 129-131.
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[20]
L’importance de cette polémique est intensifiée au xvie siècle par une diffusion à plus large échelle rendue possible par l’imprimerie. La première moitié du siècle – la période qui retiend notre attention – est tributaire de la première polémique. Le nom de Malebouche, le détracteur des femmes du Champion des dames, résonne encore dans l’anonyme Dialogue apologetique excusant ou defendant le devot sexe femenin et dans le Fort inexpugnable de l’honneur du sexe femenin de François de Billon, témoignant de la pérennité du débat.
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[21]
Marc Angenot, Les Champions des femmes. Examen du discours sur la supériorité des femmes 1400-1800, op. cit., p. 11-70. Pour d’autres propositions de classement, voir Madeleine Lazard, Images littéraires de la femme à la Renaissance, op. cit., p. 9-16 ; Ian Maclean, Woman Triumphant. Feminism in French Literature 1610-1652, Oxford, Clarendon Press, 1977, p. 25-63 ; Émile V. Telle, L’Œuvre de Marguerite d’Angoulême, reine de Navarre, et la querelle des femmes, Genève, Slatkine Reprints, 1969 [1937], p. 9-68 ; Linda Timmermans, L’Accès des femmes à la culture (1598-1715). Un débat d’idées de Saint François de Sales à la Marquise de Lambert, Paris, Honoré Champion, 2005 [1993], p. 20-28.
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[22]
Marc Angenot, Les Champions des femmes. Examen du discours sur la supériorité des femmes 1400-1800, op. cit., p. 99-149 ; Alcuin Blamires, The Case for Women in Medieval Culture, op. cit., p. 60-61.
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[23]
Les études de Stephen Kolsky et d’Helen J. Swift ont exploré ce type d’échanges. Voir Stephen Kolsky, The Ghost of Boccaccio. Writings on Famous Women in Renaissance Italy, op. cit. ; Helen J. Swift, Gender, Writing, and Performance : Men Defending Women in Late Medieval France (1440-1538), op. cit.
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[24]
La vray disant avocate par Jehan Marot dans Le grand blason des fausses amours par Guil. Alexis, La vray disant avocate par Jehan Marot, Le passe temps de tout homme et de toute femme par Guil. Alexis, Le Livre de Facet, comploration sur le trespas de la mère de François 1er, [s. l. s. n.], [ca. 1530 ?] [Arsenal, Rés-8-BL-9903 (2)].
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[25]
Helen J. Swift, Gender, Writing, and Performance : Men Defending Women in Late Medieval France (1440-1538), op. cit., p. 38-39. La note 60 fournit une liste de quelques textes pro et contra compilés ensemble entre le xiie et le xvie siècles.
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[26]
Gisela Bock et Margarete Zimmermann, « The European Querelle des femmes », in Georgiana Donavin, Carol Poster and Richard J. Utz (dir.), Medieval Forms of Argument : Disputation and Debate, op. cit., p. 127-156 ; Margarete Zimmermann, « Querelle des femmes, querelles du livre », in Dominique de Courcelles et Carmen Val Julián (dir.), Des Femmes et des livres. France et Espagnes, xive-xviie siècle. Actes de la journée d’étude organisée par l’École nationale des chartes et l’École normale supérieure de Fontenay/Saint-Cloud (Paris, 30 avril 1998), Paris, École des chartes, 1999, p. 79-94. Voir aussi Pamela Benson, The Invention of the Renaissance Woman. The Challenge of Female Independence in the Literature and Thought of Italy and England, op. cit. ; Alcuin Blamires, The Case for Women in Medieval Culture, op. cit.
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[27]
Par exemple, Madeleine Lazard affirme que « [c]es combats de plume […] gardent pour la plupart le caractère conventionnel et ludique d’affrontements rhétoriques, d’escarmouches intellectuelles […] » (Images littéraires de la femme à la Renaissance, op. cit., p. 11).
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[28]
Helen J. Swift, Gender, Writing, and Performance : Men Defending Women in Late Medieval France (1440-1538), op. cit.
« Qu’est-ce que la femme si ce n’est l’ennemie de l’amitié, une peine irrémissible, un mal nécessaire, une tentation naturelle, un malheur désirable, un danger domestique, un délectable dommage. » Tirée du Polyanthea de Mirabellius, un ouvrage de référence regroupant des citations latines compilées pour aider les écoliers dans l’apprentissage de la parole et de la copia dicendi, cette sentence de Jean Chrysostome est l’un des cent soixante-dix-sept extraits tirés de près de trente sources différentes que réunit l’article mulier. Les extraits que regroupe le Polyanthea placent la femme au centre d’une pléthore de définitions. Parfois présentée sous un jour favorable, comme dans telle citation de l’Ecclésiastique louant l’épouse diligente – « Gratia mulieris sedulae delectabit virum suum et ossa illius impinguabit » (Ecclésiastique, 26, 13) –, elle est le plus souvent montrée en matrone acariâtre : « Melius est habitare in terra deserta quam cum muliere rixosa et iracunda. » (Proverbes, 21, 19) Outre l’avarice, la duplicité et l’inconstance comptent parmi les défauts les plus souvent attribués à la femme. De la dualité ambiguë des signes – « Duo lachrymarum genera sunt in oculis mulierum (dicebat Pythagorus) Veri doloris unum. Insidiarum vero aliud » (Diogène Laërce) – à la fatalité d’une nature instable énoncée par Virgile (« Varium et mutabile semper foemina »), les extraits du Polyanthea réitèrent les idées les plus répandues sur le sexe féminin. Malgré la variété des sources – la Bible, les Pères de l’Église, les philosophes, les poètes antiques et récents –, ces citations extraites de leur contexte sont plus souvent complémentaires que discordantes…
Date de mise en ligne : 25/11/2021
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