VIII. Antinomie entre patriarcat et matriarcat
Pages 57 à 62
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- BURSZTEIN, Jean-Gérard,
- Bursztein, Jean-Gérard.
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En 1936, dans la lignée de la sociologie de Durkheim, J. Lacan dans son texte Les Complexes familiaux fait du Nom-du-père, le point symbolique, garant de la famille et de la transmission de l’ordre des générations. Cette thèse est alors fondée sociologiquement. Ce n’est que bien plus tard entre les années 1970 et 76 qu’il affirmera que le Nom-du-père – qui désigne l’autorité symbolique ultime – passe au pluriel : les Noms-du-père. À ce moment-là, cette référence symbolique ultime n’est plus liée aux réalités sociologiques mais devient une réalité transhistorique dans la nomination de ce qui fait paternité.
On saisit alors que la référence patriarcale de 1936, conçue comme un progrès par rapport à la référence matriarcale, pensée comme le fonds irréductible d’un conservatisme basé sur une mise à l’écart de la sexualité, ne cesse jamais d’être le fonds de la civilisation. Il y a toujours les traces et la survivance étendue d’une structure matriarcale de la famille. Le risque de revenir à un stade antérieur à celui de la famille patriarcale est donc toujours présent. Je fais l’hypothèse que matriarcat/patriarcat est l’antinomie constitutive de la civilisation selon des modalités historiques différenciées. En effet, en 1936, Lacan fait des concepts de père et de sublimation la condition du progrès de l’esprit et des mœurs par rapport au conservatisme familial.
En posant le Nom-du-père, c’est-à-dire l’autorité symbolique ultime, dans la transcendance du langage, J. Lacan fait de celle-ci un…
Date de mise en ligne : 09/03/2026
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