Chapitre 1. L’art de mal diriger un pays en guerre
- Par Michèle Cointet
Pages 9 à 30
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- COINTET, Michèle,
- Cointet, Michèle.
- Cointet, M.
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Notes
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[1]
Guy Rossi-Landi, La Drôle de guerre, Paris, Armand Colin, 1971.
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[2]
Guy Girard de Charbonnières, La plus évitable de toutes les guerres, Paris, Albatros, 1985.
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[3]
Guy Rossi-Landi, La Drôle de guerre, op. cit.
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[4]
Premier gouvernement Reynaud : Paul Reynaud, président du Conseil et ministre des Affaires étrangères ; Camille Chautemps, vice-président du Conseil, Gauche démocratique, radicale et radicale-socialiste ; Édouard Daladier, ministre de la Défense nationale, radical-socialiste ; Raoul Dautry, ministre de l’Armement, issu de la société civile (SNCF) ; Albert Sérol, ministre de la Justice, SFIO ; Henri Roy, ministre de l’Intérieur, Gauche démocratique radicale et radicale-socialiste ; Lucien Lamoureux, ministre des Finances, radical-socialiste ; Ludovic-Oscar Frossard, ministre de l’Information, Union socialiste et républicaine ; César Campinchi, ministre de la Marine militaire, radical-socialiste ; Victor Laurent-Eynac, ministre de l’Air, Gauche démocratique radicale et radicale-socialiste ; Albert Sarraut, ministre de l’Éducation nationale, Gauche démocratique radicale et radicale-socialiste ; Georges Mandel, ministre des Colonies, Indépendant républicain ; Louis Rollin, ministre du Commerce et de l’Industrie, Alliance démocratique ; Anatole de Monzie, ministre des Travaux publics et des Transports, Républicain-socialiste, socialiste ; Charles Pomaret, ministre du Travail, Union socialiste républicaine ; Jules Julien, ministre des Transmissions, radical-socialiste ; Alphonse Rio, ministre de la Marine marchande, Gauche démocratique radicale et radicale-socialiste ; Henri Queuille, ministre du Ravitaillement, Gauche démocratique radicale et radicale socialiste ; Paul Thellier, ministre de l’Agriculture, Alliance démocratique ; Marcel Héraud, ministre de la Santé publique, Républicain indépendant ; Albert Rivière, ministre des Pensions, SFIO ; Georges Monnet, ministre du Blocus, SFIO. En outre, le gouvernement compte treize sous-secrétaires d’État.
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[5]
Alfred Fabre-Luce, Journal de la France, Paris, JEP, 1940, p. 260 et 261.
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[6]
Ibid.
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[7]
Dominique Leca, La Rupture de 1940, Paris, Fayard, 1978, p. 179.
Le 3 septembre 1939, la France, dirigée par Édouard Daladier, déclara la guerre au Reich allemand, agresseur de la Pologne alliée de la France. Déclarer la guerre sans intention offensive n’est pas décider de livrer combat. Il ne se passa donc rien aux frontières de la France, à l’exception d’une petite reconnaissance de terrain en Sarre. La Pologne vaincue en trois semaines, l’Allemagne ne bougeait pas. Sans doute préparait-elle une offensive de printemps, pour rééditer éventuellement le plan de 1914 en envahissant la Belgique. Les opérations n’étaient pas à prévoir dans l’immédiat et la France commençait à subir la volonté de l’ennemi. Mauvais débuts.
Tout s’immobilisait dans ce qui fut appelé, par Roland Dorgelès, la « drôle de guerre ». Une partie de l’armée restait retenue par ce qu’il est difficile de qualifier de front, nombre de mobilisés étant rappelés comme affectés spéciaux dans les usines pour travailler à la production d’armement. Les soldats attendaient, sans même que ce répit soit utilisé pour un entraînement intensif qui aurait été bon pour le moral et utile pour les combats futurs. La discipline se relâchait dans l’inaction. Il n’était question en cet hiver glacial que de vin chaud et de passe-montagnes, l’ennui n’étant dissipé que par le courrier, des activités aussi vivifiantes que des parties de cartes et des niaiseries du théâtre aux armées.
Un régime parlementaire est mal armé pour mener une grande guerre. Il lui faut du temps pour s’adapter. Le front, inexistant aux frontières, s’était comme déplacé à Paris où la vie politique étai…
Date de mise en ligne : 16/02/2024
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