Maintenir le jeu entre l'être et le paraître
- Par Philippe Gaberan
Pages 63 à 76
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- GABERAN, Philippe,
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C’est l’espace entre l’être et le paraître qui rend possible le jeu de la vie. À vouloir le réduire, l’ordre policé fait courir à l’être le risque de la folie ; de même que, à vouloir travailler à tout prix sur les causes du mal-être, l’éducateur rend impossible l’instauration de la relation éducative.
C’est souvent lorsqu’il donne l’impression de ne rien faire que l’éducateur en fait le plus... Je me souviens d’un temps où, dans l’institution, la salle de jeu était la salle prioritairement investie, et où éducateurs et résidents se « disputaient » les Baby-foot ou la table de ping-pong pour s’inscrire dans des parties ou des tournois qui faisaient venir l’heure du repas sans jamais avoir l’impression d’attendre et qui faisaient que l’institution cessait d’être une boîte à tuer le temps et l’ennui d’une orientation contrainte. Aujourd’hui, la salle de jeu n’existe plus ; elle a été remplacée par un secrétariat. Signe ô combien signifiant de l’extrême importance prise par les tâches administratives dans les institutions spécialisées et du désintérêt progressif des éducateurs pour les activités de loisirs qui participent pourtant à l’essentiel de leur métier. Car le rôle de la salle de jeu n’était pas celui d’une salle d’attente, d’un espace ludique à seulement occuper le temps. C’était aussi un lieu où les êtres cessaient d’être uniquement reconnus par leurs handicaps ou par leurs troubles du comportement et où les éducateurs n’étaient pas seulement des êtres hiérarchiques imposant le respect et la soumission…
Date de mise en ligne : 01/04/2012
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