Chapitre 3 / « People are sick of crime. »
Dérives panoptiques, représentations raciales et prison du regard dans Oz
- Par Olivier Esteves
- et Sébastien Lefait
Pages 73 à 93
Citer ce chapitre
- ESTEVES, Olivier
- et LEFAIT, Sébastien,
- Esteves, Olivier.
- et al.
- Esteves, O.
- et Lefait, S.
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Notes
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[1]
Pour des détails et commentaires sur ces données, voir Jacques Derrida, Séminaire sur la peine de mort, 1999-2000, tome 1, Paris, Galilée, 2012, p. 112-114.
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[2]
The Wire (Baltimore), The Sopranos (New Jersey), Mad Men (New York), Breaking Bad (Albuquerque et le Nouveau-Mexique), Boss (Chicago), Six Feet Under (Los Angeles).
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[3]
Cool Hand Luke (1967, de Stuart Rosenberg, sur une prison en Floride) ; Brubaker (1980, de Stuart Rosenberg, sur une prison en Arkansas), The Green Mile (1999, de Frank Darabont, sur une prison en Alabama) ; O’Brother, Where Art Thou ? (2000, de Joel et Ethan Cohen, sur l’évasion d’une prison du Mississippi).
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[4]
« Weidmann vous apparut dans une édition de cinq heures. », cité dans Jean Genet, Notre-Dame-des-Fleurs, Paris, Gallimard (Folio), 2013 [1948], p. 9.
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[5]
Jean Genet, op. cit., p. 71.
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[6]
Loïc Wacquant, op. cit., p. 80-81.
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[7]
Ibid., p. 58.
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[8]
En effet, dans le pénitencier de haute sécurité où se déroule la série, les bien nommés « matons » doivent pouvoir épier les moindres faits et gestes des détenus.
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[9]
François Niney, L’Épreuve du réel à l’écran : Essai sur le principe de réalité documentaire, Bruxelles, De Boeck, 2004, p. 192.
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[10]
Michel Foucault, Surveiller et Punir. Naissance de la prison, Paris, Gallimard, 1975, p. 233-239.
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[11]
Jacques Derrida, Séminaire sur la peine de mort, 1999-2000, tome 1, op. cit., p. 73.
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[12]
Sébastien Lefait, Surveillance on Screen : Monitoring Contemporary Films and Television Programs, Lanham (Md.), The Scarecrow Press, 2013, p. 207.
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[13]
« Beecher : Sir, have you heard anything about Jefferson Keane being set up ? Schillinger : Oh, yeah. Yeah, the hacks made him a gladiator. Even got the whole thing on videotape. Wouldn’t you love to see that ? Beecher : Yeah. If we can get a hold of that videotape, he wouldn’t be executed. Schillinger : What are you talking about ? Another nigger’s going down. I’m glad. » Hacks, qui désigne ici de manière familière les gardiens de prison, y ajoute le sens de to hack, qui évoque la manipulation d’un système ou d’un support électronique, et peut même signifier que la vidéo a été « charcutée », privée d’éléments nécessaires pour être fidèle à la réalité.
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[14]
Cité dans Pierre Bourdieu, Raisons pratiques, sur la théorie de l’action, Paris, Seuil, 1994, p. 129.
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[15]
Pour une analyse de la tradition du caught on tape au cinéma, voir Catherine Zimmer, « Surveillance Cinema : Narrative between Technology and Politics », Surveillance &; Society, 8 (4), 2011, p. 427-440.
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[16]
Devlin se caractérise par une utilisation de l’exécution semblable à celle qui en était faite dans le système féodal français où, comme le montre Michel Foucault, « le supplice fait partie de la procédure qui établit la réalité de ce qu’on punit » (dans Michel Foucault, Surveiller et Punir, op. cit., p. 68).
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[17]
Ibid., p. 44-69.
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[18]
Jacques Derrida, op. cit., p. 73 et p. 112-116.
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[19]
« Enfermez-les et jetez les clés ! » Voir Loïc Wacquant, op. cit., p. 168. Citons également « Make prisoners smell like prisoners ! » (« Que les détenus sentent le détenu ! », ibid., p. 198).
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[20]
Ibid., p. 170.
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[21]
Sur les liens entre objection de conscience et désobéissance, on renvoie au texte classique d’Hannah Arendt, Du Mensonge à la violence, essais de politique contemporaine, Paris, Calmann-Lévy, 1972, p. 69-70.
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[22]
Jacques Derrida, op. cit., p. 54.
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[23]
Tim MacManus, lui non plus, ne dit rien, mais il balance sa chaise de rage lorsqu’il entend la réaction d’un des deux matons présents.
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[24]
La baisse des principaux actes de criminalité sur plusieurs décennies est assez comparable, si l’on laisse de côté le cas très spécifique des homicides en Amérique, voir Loïc Wacquant, op. cit., p. 275-276.
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[25]
Ibid., p. 308 ; Laurent Mucchielli, L’Invention de la violence : des peurs, des chiffres, des faits, Paris, Fayard, 2010, p. 11-15.
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[26]
Bill Nichols, Blurred Boundaries : Questions of Meaning in Contemporary Culture, Bloomington (Ind.), Indiana University Press, 1994, p. 24-29.
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[27]
Bill Nichols, op. cit., p. 38.
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[28]
Ibid., p. 36.
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[29]
Voir note 13 ci-dessus.
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[30]
Cité dans Sécurité, territoire, population, cours au Collège de France, 1977-1978, Paris, Seuil/Gallimard, 2004, p. 7 et 11. Voir également Michel Foucault, Il faut défendre la société, cours au Collège de France, 1976, Paris, Seuil/Gallimard, 1997, p. 30.
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[31]
On pourra consulter la tribune d’O’Malley dans The Washington Post, 21 février 2007. En 2005, les États où la peine de mort existe ont des taux d’homicide de 46 % plus élevés que ceux où elle n’existe pas, alors qu’en 1990, ces taux sont relativement comparables.
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[32]
Le script du discours est disponible sur www.governor.maryland.gov/
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[33]
The Washington Post, 21 février 2007.
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[34]
The New York Times, 18 janvier 2013.
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[35]
The Guardian (version en ligne), 12 août 2013. Le discours est visible sur www.youtube.com/
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[36]
Cette expression est au départ appliquée aux politiques d’éducation. Voir Michael Apple, « The Absent Presence of Race in Educational Reform », Race, Ethnicity and Education, 2 (1), 1999, p. 9-16.
Dès le troisième épisode de sa saison 1, Oz choisit de traiter de la peine capitale, et de la manière dont elle est nécessairement imbriquée avec la question raciale. Rappelons qu’en 2000, la population américaine est composée de 12,5 % de noirs, tandis que ces derniers représentent 35 % des condamnés à mort. Par ailleurs, les États qui exécutent le plus sont de très loin ceux du Sud, compris au sens large (Texas, Virginie, Floride, Missouri, Louisiane). Le commentaire proposé sur cette question est ici général, notamment parce qu’Oz n’est jamais clairement associée à une localité spécifique, contrairement à l’immense majorité des séries américaines analysées ou évoquées ici : on ne sait jamais en effet où se trouve la prison, ni de quel État Devlin est l’irascible gouverneur. Ce choix est heureux, car dans les représentations populaires de l’univers carcéral américain, la tentation a souvent été trop forte de s’intéresser exclusivement aux abus, à l’inhumanité et au racisme des prisons du Sud, comme si le Nord était exempt de reproches. Le nom d’Oswald est d’ailleurs un clin d’œil au directeur des prisons de l’État de New York, Russell G. Oswald, au moment où éclata, du 9 au 13 septembre 1971, la mutinerie sanglante d’Attica (New York), qui fit quarante-trois morts.
Stylistiquement, comme on va le voir, c’est entre autres la théâtralité de la peine de mort qui se trouve mise en exergue, même si aucune exécution n’est filmée ici. Cela n’a rien de surprenant : évoquant les premières lignes du roma…
Date de mise en ligne : 04/05/2015
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