7. Comment aborder le discours politique ?
- Par Roland Chemama
Pages 43 à 48
Citer ce chapitre
- CHEMAMA, Roland,
- Chemama, Roland.
- Chemama, R.
Citer ce chapitre
- Chemama, R.
- Chemama, Roland.
- CHEMAMA, Roland,
Notes
-
[1]
E. Laclau, La raison populiste, Paris, Le Seuil, 2008.
-
[2]
W. Reich, La psychologie de masse du fascisme, Paris, Payot, 1972.
-
[3]
M. Foucault, La volonté de savoir, Paris, Gallimard, 1976. Ce que Foucault dit dans ce livre sera abordé de façon plus précise un peu plus loin.
-
[4]
Ceux-ci, nous n’avons aucune raison de les considérer comme pervers ou psychotiques, ou pris dans quelque autre pathologie, et d’une manière générale ce serait une infatuation bien grande des psychanalystes de procéder à de tels diagnostics.
-
[5]
S. Freud, « Psychologie des foules et analyse du Moi », dans Essais de psychanalyse, Paris, Payot, 1981. Je ne reprendrai que de façon très partielle les thèses de cet ouvrage, ne m’occupant pas en particulier de ce que Freud présente comme des « foules organisées », l’Église et l’Armée, qui relèvent moins de l’abord que j’ai choisi à partir de la question du populisme.
-
[6]
Peut-être d’ailleurs pourrait-on penser que l’appel à un père peut constituer une tentative de réponse par rapport à l’état de détresse.
-
[7]
Disons encore une fois que si nous oublions souvent cela c’est parce que nous avons du mal à nous dégager d’un certain mépris pour le discours populiste. Mais les hommes politiques devraient voir un peu mieux que leur mépris ne leur permet pas d’être efficaces pour lutter contre ce dont ils ne veulent pas.
Il y a souvent, dans la description que nous pouvons faire d’une foule, de ce qui l’organise et de ce qui l’entraîne, un mépris à peine dissimulé. Ce mépris connote en particulier, dès lors que nous sommes des « individus cultivés », ce que nous appelons le populisme. On sait quelle difficulté peut éprouver le citoyen de nos sociétés démocratiques à comprendre ce qui peut pousser de larges secteurs de l’électorat à voter pour des partis dont le programme est non seulement entaché de racisme et de xénophobie, mais très visiblement absurde, contradictoire, irréaliste. Il y a dans les « solutions » proposées par des partis d’extrême droite (et parfois aussi d’extrême gauche) un simplisme qui nous rebute souvent. Il n’empêche que ce discours, malgré les critiques que nous pouvons en faire, continue à séduire. Ne faut-il pas dès lors dépasser le mépris, pour tenter de comprendre un peu mieux ce phénomène ? On verra que cela pourra nous permettre d’en apprendre un peu plus sur la politique, sur le sujet qu’elle suppose, mais aussi sur le sujet au sens de la psychanalyse.
Dès la préface de son livre sur La raison populiste, Laclau interroge clairement la question de « ce qui est en jeu dans le rejet du populisme ». Mais ce qui est le plus intéressant, c’est le diagnostic qu’il porte concernant ce rejet : « Ce qui est en jeu dans ce rejet méprisant est, à mon sens, le rejet de la politique tout court, et l’idée selon laquelle la gestion de la communauté est du ressort d’un pouvoir administratif dont la légitimité a pour origine la connaissance de ce qu’est la communauté “bonne”…
Date de mise en ligne : 11/10/2019
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
12,99 €
Acheter ce chapitre
3,00 €