Chapitre 6 - Perception et intersubjectivité aux sources de la pensée
- Par Albert Ciccone
Pages 83 à 112
Citer ce chapitre
- CICCONE, Albert,
- Ciccone, Albert.
- Ciccone, A.
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- Ciccone, A.
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- CICCONE, Albert,
Notes
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[1]
Ce que disait déjà le sensualisme du xviiie siècle (Condillac, 1754).
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[2]
Francisco Varela et ses collaborateurs (1993), par exemple, dans le champ des sciences cognitives (imprégné de phénoménologie), montrent comment la perception est une action, une construction, une représentation, et comment le monde perçu et le sujet percevant se déterminent l'un l'autre. Ils parlent d'« enaction », de « cognition incarnée », pour rendre compte d'une part de la manière dont la perception est une action guidée par la perception elle-même, qui fait exister l'objet et fait émerger la signification, et d'autre part de la manière dont la cognition s'extrait de schèmes sensori-moteurs, la perception supposant l'action, perception et action étant inséparables.
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[3]
Comme le dit Winnicott, la mère « suffisamment bonne » répond et s'adapte au geste spontané et à l'hallucination sensorielle du bébé. Ce faisant, elle s'accorde au « vrai self », et le bébé peut commencer à jouir de l'illusion de la création et du contrôle omnipotents de l'objet. Ainsi se constituent les fondements de la formation symbolique (1960b, p. 122-123).
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[4]
Notion qui fait suite à celle aristotélicienne de « sens commun », reprise par Bion (1962a).
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[5]
Sur cette question, cf. par exemple Despinoy et Pinol-Douriez, 2002.
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[6]
Tels qu'ils sont explicités, par exemple, par Serge Haroche (2004), ou Étienne Klein (2004).
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[7]
Cela justifia la célèbre interjection d'Einstein, lors d'un congrès de physiciens à Bruxelles en 1927, critiquant l'interprétation probabiliste de la physique quantique : « Dieu ne joue pas aux dés ! »
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[8]
Quelques-unes des réflexions qui suivent sont issues de Ciccone, 2004.
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[9]
Cf. par exemple Kaës, 1976a, 1993, 1994a, 2009 ; Anzieu, 1981 ; Caillot et Decherf, 1982, 1989 ; Eiguer, 1983, 1987, 2008 ; Eiguer et al., 1984 ; Decherf, 2003 ; et d'autres encore.
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[10]
Cf. sur ce sujet Ciccone, 2007b ; Roussillon, 2007a.
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[11]
Notamment Vauclair et Deputte, 2002 ; Premack et Premack, 2003.
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[12]
Une observation de bébé dans le chapitre 10 illustre bien cet exemple.
LA PERCEPTION et l'intersubjectivité représentent et se situent aux deux pôles de l'émergence de la vie psychique.
La perception, la sensorialité constituent l'un des pôles. Tout ce qui se trouve dans le psychisme (naissant, émergent) s'est trouvé préalablement dans les perceptions, comme a pu le laisser entendre Freud (1923, 1925). La perception ne reproduit pas une réplique de la réalité, elle transforme et invente le réel. Elle fabrique donc des représentations, dont la nature et le destin seront tributaires de la manière dont les pulsions, les affects investissent, s'emparent des éléments sensoriels et perceptifs.
L'intersubjectivité, les expériences intersubjectives représentent l'autre pôle de construction de la vie psychique. Les pensées sont d'abord pensées par un autre avant d'être pensées et appropriées par le bébé. Le bébé pense d'abord avec l'appareil à penser d'un autre avant de pouvoir intérioriser son propre appareil à penser.
Je vais aborder ces points relatifs à la question de l'émergence de la vie psychique et de la pensée en articulant différentes épistémologies et différentes disciplines ou sous-disciplines de la psychologie.
La notion de perception s'articule à celle de sensation et de représentation, et je soulignerai d'abord l'idée selon laquelle la perception est déjà une construction, voire déjà une représentation. J'envisagerai ensuite la perception comme fondement de la réalité psychique.
La perception est une construction. La perception en effet construit le réel, elle le modifie, elle ne produit pas une réplique du réel…
Date de mise en ligne : 03/03/2016
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