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Préface. Posture d’éduc…

Pages 9 à 18

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  • Rouzel, J.
(2016). Préface. Posture d’éduc… La posture éducative : Une pratique de soi (p. 9-18). érès. https://shs.cairn.info/la-posture-educative--9782749253855-page-9?lang=fr.

  • Rouzel, Joseph.
« Préface. Posture d’éduc… ». La posture éducative Une pratique de soi, érès, 2016. p.9-18. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/la-posture-educative--9782749253855-page-9?lang=fr.

  • ROUZEL, Joseph,
2016. Préface. Posture d’éduc… In :
  • BOUCHEREAU, Xavier,
La posture éducative Une pratique de soi. Toulouse : érès. Psychanalyse et travail social - Poche, p.9-18. URL : https://shs.cairn.info/la-posture-educative--9782749253855-page-9?lang=fr.

Notes

  • [1]
    L. del Vasto, Principes et préceptes du retour à l’évidence, Paris, Denoël Médiations, 1979.
  • [2]
    X. Bouchereau, Les non-dits du travail social, Toulouse, érès, 2012 ; Au cœur des autres, Paris, Éditions Sciences humaines, 2013.
  • [3]
    Voir, entre autres, J. Rouzel, Travail éducatif et psychanalyse, Paris, Dunod, 2014.
  • [4]
    D. Buzzati, Le désert des Tartares, Paris, Pocket, 2004.
  • [5]
    M. Foucault, Histoire de la sexualité, III. Le souci de soi, Paris, Gallimard, coll. « Tel », 1994.
  • [6]
    S. Freud, Malaise dans la civilisation, Paris, Puf, 1971. « L’homme n’est point cet être débonnaire, au cœur assoiffé d’amour, dont on dit qu’il se défend quand on l’attaque, mais un être au contraire qui doit porter au compte de ses données instinctives une bonne somme d’agressivité. Pour lui, par conséquent, le prochain n’est pas seulement un auxiliaire et un objet sexuel possibles, mais aussi un objet de tentation. L’homme est en effet tenté de satisfaire son besoin d’agression aux dépens de son prochain, d’exploiter son travail sans dédommagements, de l’utiliser sexuellement sans son consentement, de s’approprier ses biens, de l’humilier, de lui infliger des souffrances, de le martyriser et de le tuer. Homo homini lupus : qui aurait le courage, en face de tous les enseignements de la vie et de l’histoire, de s’inscrire en faux contre cet adage ? En règle générale, cette agressivité cruelle ou bien attend une provocation, ou bien se met au service de quelque dessein dont le but serait tout aussi accessible par des moyens plus doux. Dans certaines circonstances favorables en revanche, quand par exemple les forces morales qui s’opposaient à ces manifestations et jusque-là les inhibaient, ont été mises hors d’action, l’agressivité se manifeste aussi de façon spontanée, démasque sous l’homme la bête sauvage qui perd alors tout égard pour sa propre espèce. Cette tendance à l’agression, que nous pouvons déceler en nous-mêmes et dont nous supposons à bon droit l’existence chez autrui, constitue le facteur principal de perturbation dans nos rapports avec notre prochain ; c’est elle qui impose à la civilisation tant d’efforts. Par suite de cette hostilité primaire qui dresse les hommes les uns contre les autres, la société civilisée est constamment menacée de ruine. »
  • [7]
    On trouvera des prolongements de cette question dans l’ouvrage collectif sous la direction de Jeannine Duval-Héraudet, paru en 2014 dans cette même collection, « Psychanalyse et travail social », dans L’analyse de la pratique : à quoi ça sert ?, Toulouse, érès, 2015.
  • [8]
    D.W. Winnicott, La capacité d’être seul, Paris, Payot, coll. « Petite bibliothèque », 2015.
  • [9]
    J. Lacan, « La science et la vérité », dans Écrits, Paris, Le Seuil, 1966.
  • [10]
    L. Andrien, Passeurs d’humanité, Toulouse, érès, 2008.

L’ouvrage que le lecteur vient de prendre en main participe de ce retour aux sources qu’un Lanza del Vasto décrivit, dans un autre domaine, celui de la recherche spirituelle, mais pas sans lien avec ce qui suit, comme « Principes et préceptes du retour à l’évidence ». L’auteur, Xavier Bouchereau, qui a déjà ouvert ses voies à l’enseigne de la clinique, tel un alpiniste de l’éducation spéciale, dans deux ouvrages récents, renoue ainsi avec une tradition multimillénaire. Les premiers médecins grecs, dans le sillage d’Hippocrate, nous en transmirent les linéaments enchâssés dans cette expression étrange de teknè clinikè. Ramassée autour du terme de « clinique », malheureusement en cours d’abrasement autant dans les formations que les pratiques éducatives, il faut rendre hommage ici à l’auteur d’en revivifier l’expérience à nouveaux frais et à l’aune d’une pratique bien actuelle, qu’il incarne selon son style, dans ce qu’il désigne comme une « posture ». Le terme de teknè dont nous héritons est riche d’une implication subjective dans l’acte du professionnel. Il faut, pour le dégager de la gangue de technicité industrielle qui l’enferme de nos jours, remonter le fil de ce qu’il désigne dans son origine : le tour de main de l’artisan, l’habileté manuelle et intellectuelle, le savoir y faire dans l’art, y compris l’art de la guerre… J’ai toujours pensé que les métiers du social, qu’ils se déploient dans un espace thérapeutique, éducatif, pédagogique ou autre, ne tenaient que sur cette position subjective, sur ce tour de main, qui implique qu’un professionnel n’est pas remplaçable, qu’il n’est pas un pion ou un rouage d’un établissement, mais qu’il incarne une posture, marquée d’un style qui lui est propre et qu’il signe d’un tour de main…


Date de mise en ligne : 01/02/2017

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