Chapitre V. Action, pensée et influence
- Par Maxime Lefebvre
Pages 70 à 87
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Notes
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[1]
Nye J., Bound to Lead : The Changing Nature of American Power, Basic Books, 1990.
Walter Russel Mead associe quatre traditions de politique étrangère à quatre grandes figures de l’histoire américaine : Alexander Hamilton (premier secrétaire au Trésor américain) qui donnait la priorité à l’économie et aux accords de libre-échange ; Thomas Jefferson (auteur de la Déclaration d’indépendance, troisième président américain), à la défense de la liberté aux États-Unis mêmes ; Andrew Jackson (président de 1829 à 1837), au culte populiste des intérêts du peuple et de la puissance ; Woodrow Wilson, à la promotion de la morale et de la démocratie dans le monde. Il faudrait y ajouter la variante du « wilsonisme botté » (Pierre Hassner), la démocratisation par la force prônée par les néoconservateurs de l’administration Bush.
Aux États-Unis, la politique étrangère résulte d’une dialectique perpétuelle entre les intérêts et la morale, entre le pragmatisme et l’idéologie, entre l’action et la pensée.1. L’exceptionnalisme américain. – Les États-Unis se considèrent comme un pays exceptionnel et un modèle. Cette croyance peut être remise en cause dans des périodes de doute, comme dans les années qui suivent l’échec au Viêt-nam, ou dans les années 1980 face aux succès économiques et commerciaux de l’Allemagne et du Japon, ou après les échecs en Afghanistan et en Irak et la crise de 2008. Néanmoins, l’optimisme foncier d’un peuple parti de rien, et sûr que son destin s’inscrit sous le signe de la Providence, finit toujours par reprendre le dessus. En 1845, John O’Sullivan évoque l…
Date de mise en ligne : 14/10/2022
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