Chapitre VII. Intérêts et objectifs de puissance
- Par Maxime Lefebvre
Pages 104 à 122
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En tant qu’acteur géostratégique central dans le système mondial, les États-Unis sont amenés à définir une véritable stratégie « globale ».
La « géopolitique », qui a pour objet l’analyse des relations entre la politique et l’espace, est un terme européen datant du début du xxe siècle. Le Suédois Rudolf Kjellen a inventé le mot. Les Allemands Friedrich Ratzel et Karl Haushofer ont souligné l’importance de l’espace pour la puissance d’un État. Le géographe britannique Halford Mackinder a, quant à lui, théorisé l’antagonisme entre puissances terrestres et maritimes : celui qui contrôle le « pivot géographique de l’histoire », c’est-à-dire le heartland (la « terre centrale »), peut dominer « la plus grande île du monde » (c’est-à-dire le bloc des trois continents européen, asiatique et africain) et mettre ainsi en échec les puissances maritimes extérieures que sont la Grande-Bretagne et les États-Unis. Pour Mackinder, c’est la Russie qui peut contrôler le heartland et l’« Eurasie », seule ou en s’alliant avec l’Allemagne, et le contrôle de l’Europe orientale est stratégique pour empêcher cette évolution. Mackinder envisage aussi que la Chine puisse renverser l’Empire russe et unifier l’Eurasie à son profit.
Les États-Unis, en tant que puissance maritime séparée par deux océans de « la plus grande île du monde », se sont sensibilisés très tôt à ces analyses géopolitiques. L’amiral Alfred Mahan a étudié l’importance de la puissance navale dans l’histoire (The Influence of Sea Power upon Histor…
Date de mise en ligne : 14/10/2022
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