Au comble de l’inquiétude
Pages 263 à 273
Citer ce chapitre
- DAVID-WEILL, Natalie,
- David-Weill, Natalie.
- David-Weill, N.
Citer ce chapitre
- David-Weill, N.
- David-Weill, Natalie.
- DAVID-WEILL, Natalie,
Notes
-
[1]
Mussolini sera libéré le 12 septembre 1943 par les parachutistes allemands.
-
[2]
Serge Klarsfeld, Le Calendrier de la persécution des Juifs de France (1940-1944), Association des fils et filles des déportés juifs de France/The Beate Klarsfeld Foundation, 1993, p. 863.
-
[3]
Adrien Goetz, Villa Kérylos, op. cit., p. 51.
-
[4]
James McAuley, The House of Fragile Things. Jewish Art Collectors in the Fall of France, op. cit., p. 223.
-
[5]
Anne Sebba, Les Parisiennes, op. cit., p. 253.
-
[6]
Note du service 3 de la chancellerie du camp du 3 septembre 1943.
-
[7]
Filippo Tuena, « Le varazioni Reinach (Milan, 2005) », art. cit., p. 98.
-
[8]
Mme Appel, rescapée de Drancy, a été arrêtée en juillet 1942. Propos rapporté lors d’un entretien avec Sophie Le Tarnec.
-
[9]
Jean Gaillard, le demi-frère de Michel David-Weill, mon père. « Je puis livrer ici la fiche de Napoléon [Jean Gaston Marie Eugène] Gaillard, conservée à La Coupole : “né le 29/06/1919 à Paris, étudiant à Paris, déclaré ingénieur à Buchenwald. Arrêté le 20 mai 1943 entre Perpignan et Argelès alors qu’il tente de franchir la frontière espagnole. Célibataire. […] Il est déporté le 16 septembre 1943 à Buchenwald où il est immatriculé 21 700. […] Le 5 avril 1945, il intègre le convoi dirigé vers Ravensbrück. Il est décédé le 16 avril 1945 au cours de l’évacuation.” » François Le Lionnais, mathématicien, ingénieur, joueur d’échecs. Olivier Salon, Le Disparate François Le Lionnais. Tentative de recollement d’un puzzle biographique, Othello, 2016.
-
[10]
François Le Lionnais, La Peinture à Dora, Othello, 2016. Christine Bini, « “La peinture à Dora” : un musée parlé, à la fois imaginaire et nécessaire », art. cit. : « Nous étions quelques milliers de bagnards qui stagnions sur la place d’appel, pendant qu’on procédait à une fouille générale. Mon regard se porta machinalement sur la colline qui s’élevait du côté de l’infirmerie. L’automne y achevait son établissement. Alors ces grands arbres dépouillés fondirent sur moi sans crier gare et m’emportèrent avec eux. L’Enfer de Dora se métamorphosa subitement en un Brueghel dont je devins l’hôte. »
-
[11]
De la même manière, Primo Levi raconte comment le souvenir d’un roman de Roger Vercel, Remorques, lui sauve la vie alors qu’il oscille entre la vie et la mort à l’infirmerie d’Auschwitz, juste avant que les Soviétiques n’arrivent. Fabrice Gaignault, Un livre, Arléa, 2025.
-
[12]
Colette Cahen d’Anvers Moore, Eight Years of a Life (1939-1944), op. cit., p. 32.
-
[13]
Ce magasin a été confisqué à Wolff Lévitan en 1940 et transformé en camp. Il y eut 120 transférés de Drancy le 18 juillet 1943 ; 164 de ces prisonniers seront déportés. Les autres camps de tri sont le camp d’Austerlitz et la maison des Cahen d’Anvers rue de Bassano.
-
[14]
Annette Wieviorka et Floriane Azoulay, Le Pillage des appartements et son indemnisation, La Documentation française, 2000.
-
[15]
Roger Labric, chapitre « Hispano, Delage et Bugatti », dans Si la course vous était contée, Nouvelles Éditions latines, 2008, p. 77.
-
[16]
Note à Tedeschi, le 22 septembre 1917.
-
[17]
Édouard Drumont, La France juive, Flammarion, 1886, p. 562.
-
[18]
Voir le documentaire Les Évadés de Drancy, réalisé par Nicolas Lévy-Beff et Thibault Chatel, Label Image, 2017.
-
[19]
Filippo Tuena, « Le varazioni Reinach (Milan 2005) », art. cit., p. 85-100.
-
[20]
Dans le convoi 62, plus de 40 % des déportés sont nés en France. Parmi eux se trouvent entre autres Robert Blum, né à Belfort, chef du bureau administratif du camp de Drancy ainsi que Jacques Helbronner, né à Paris, président du Consistoire central, conseiller d’État, grand ami de Philippe Pétain et de sa femme Jeanne. Sont présents également le rabbin Josué Pruner et son épouse Alice, le grand rabbin Bernard Schonberg, Roman Joffo, le père de Joseph Joffo, Madeleine Levy, petite-fille d’Alfred Dreyfus, Léon Zadoc-Kahn, le fils du grand rabbin de France, médecin-chef de l’hôpital Rothschild, sa femme Suzanne, les parents de Jean-Raphaël Hirsch, le plus jeune résistant de France… En 1945, il reste 29 survivants de ce convoi.
-
[21]
Friedrich Köhnlein, le sergent-chef de la Schupo (la Schutzpolizei – littéralement police de protection – un corps de police régulière), responsable de l’escorte du convoi 62, relate les circonstances de l’évasion dans son rapport au SS‑Hauptsturmführer Heinz Röthke : « Le convoi est parti à 12 h 10 […] et s’est arrêté à 20 h 30 avant Lérouville (Meuse). Lors du contrôle des wagons, il fut constaté que les entretoises des lucarnes d’aération du wagon n° 6 avaient été arrachées. Le contrôle révéla que le responsable du wagon avait pris la fuite avec dix-huit hommes qui se sont évadés à la forte côte devant Lérouville, où le train doit rouler au pas, bien que des coups de semonce répétés aient été donnés à partir de la dernière voiture d’escorte. Par suite de l’obscurité et du fort brouillard qui y régnait, l’évasion n’a pu être remarquée pendant le voyage. J’ai aussitôt fait enlever leurs chaussures à tous les détenus hommes à l’exception des malades et des vieillards. Elles furent rangées dans une voiture vide et ne furent restituées qu’à Auschwitz. De cette façon, le voyage se passa sans autres incidents. » Il y eut dix-neuf évasions en cours de route, dont celles de Jean Cahen-Salvador, Robert Manuel et d’Eugène Handschuk. Voir « convoi 62 de Drancy, Camp, France à Auschwitz Birkenau, camp d’extermination, Pologne le 20/11/1943 », Yad Vashem.
-
[22]
René, Fernande et Louise Bernard ont sauvé Roger Gerschel en l’aidant à échapper aux nazis. Leurs noms sont désormais gravés sur le mur d’honneur du jardin des Justes du musée Yad Vashem à Jérusalem, ainsi qu’au Panthéon à Paris. De même, Marcel et Odette Ménard seront reconnus Justes parmi les nations pour avoir sauvé Jean Cahen-Salvador.
Irène allume la radio, essayant d’avoir des informations à travers le brouillage « Les Français parlent aux Français ». Elle approche son oreille du haut-parleur pour discerner les paroles sans augmenter le volume ; elle craint d’être entendue des voisins. Est-il question de la bataille de Koursk, opposant la Wehrmacht à l’Armée rouge, provoquant des pertes humaines terribles qui contraignent les Allemands à reculer ? S’agit-il du basculement tant attendu ? Le 27 juillet 1943, après l’arrestation de Mussolini, la chute du fascisme fait sortir les Italiens dans la rue, en liesse. Churchill leur demande de capituler sans conditions s’ils veulent éviter que l’Italie soit ravagée de fond en comble. Il prévient que les Alliés passeront par l’Italie pour attaquer l’Allemagne. Pourtant la guerre ne semble pas finir. À quand la libération ?
Les alertes se succèdent ; la nuit, la chaleur est accablante. Irène ne parvient pas à dormir. Elle pense à sa famille, toujours à Drancy. À l’aube, elle écoute les « Ondes joyeuses » à la radio. Aux informations, en août 1943, il est question de la chute de Kharkov prise d’assaut par les troupes soviétiques.
À partir du 9 août 1943, les Français juifs doivent se présenter à la préfecture pour faire changer leur carte d’identité. La chasse aux Juifs s’intensifie.
L’opération commencera le 11 août par la lettre A et s’achèvera le 1er septembre par les lettres X, Y et Z. Au terme de cette distribution de cartes, la préfecture de police disposera du fichier des Juifs tombant sous le coup de la loi de dénaturalisation qui sera éventuellement promulgué…
Date de mise en ligne : 17/04/2026
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
23,99 €
Acheter ce chapitre
5,00 €