Chapitre d’ouvrage

Préambule. Les petites Cahen d’Anvers prennent la pose

Pages 17 à 28

Citer ce chapitre


  • David-Weill, N.
(2026). Préambule. Les petites Cahen d’Anvers prennent la pose. La Petite Fille au ruban bleu : Le monde disparu d'Irène Cahen d'Anvers (p. 17-28). Flammarion. https://shs.cairn.info/la-petite-fille-au-ruban-bleu--9782081506022-page-17?lang=fr.

  • David-Weill, Natalie.
« Préambule. Les petites Cahen d’Anvers prennent la pose ». La Petite Fille au ruban bleu Le monde disparu d'Irène Cahen d'Anvers, Flammarion, 2026. p.17-28. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/la-petite-fille-au-ruban-bleu--9782081506022-page-17?lang=fr.

  • DAVID-WEILL, Natalie,
2026. Préambule. Les petites Cahen d’Anvers prennent la pose. In : La Petite Fille au ruban bleu Le monde disparu d'Irène Cahen d'Anvers. Paris : Flammarion. Biographies, mémoires, p.17-28. URL : https://shs.cairn.info/la-petite-fille-au-ruban-bleu--9782081506022-page-17?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Albert Wolf, Le Figaro, 1876.
  • [2]
    L’illustrateur et graveur Bertall dans Le Soir.
  • [3]
    Edmond et Jules de Goncourt, Journal, tome ii, Robert Laffont, 1989, p. 1265.
  • [4]
    Sonia Cahen d’Anvers, Baboushka Remembers, Londres, collection privée, 1972, p. 108.
  • [5]
    Léon Bonnat, Portrait en pied de madame Albert Cahen d’Anvers, 1891, huile sur toile, 391 × 680 cm, musée Bonnat-Helleu, Bayonne.
  • [6]
    Auguste Renoir, Le Portrait de madame Charpentier et de ses enfants, Georgette et Paul, 1878, huile sur toile, 153,7 × 190,2 cm. Présenté au Salon de 1879, sous le numéro 2527, aujourd’hui au Metropolitan Museum of Art de New York.
  • [7]
    Henry Harvard, Le Siècle, 14 mai 1881.
  • [8]
    Chassignol, Gil Blas, 10 juin 1881.

Dans la salle d’étude du 66, avenue Montaigne, la table supposée inciter les enfants à étudier avait été poussée sur le côté pour que Renoir puisse disposer son chevalet. C’était il y a soixante et un ans et Irène ressent encore son excitation mêlée d’appréhension. Elle avait eu hâte de se lever ce jour-là tout en se demandant comment se passait une séance de pose. Pourrait-elle tenir longtemps avant que des crampes ne la gagnent ? Combien de temps ? Devrait-elle faire la conversation ? Comment tenir ses mains ? Où poser ses pieds ? Il n’aurait servi à rien de poser des questions, personne ne lui expliquait jamais rien. Irène devait deviner ce qui était attendu d’elle et elle se trompait souvent. Alors on la grondait, on la traitait d’idiote. Elle le croyait. Ce jour-là, elle tenait à être à la hauteur. Elle trouvait sa robe ravissante. Elle était bleu clair avec des rubans et des dentelles, un nœud à l’avant. Mais le problème avait été le zèle sans précédent avec lequel sa nurse lui avait brossé ses cheveux toujours emmêlés. Tout le monde la complimentait sur leur couleur auburn alors qu’elle aurait aimé les avoir blonds et lisses comme ceux de sa petite sœur, Alice.
Auguste Renoir, vêtu d’un veston élimé à col fermé, d’un pantalon trop grand en drap gris rayé et d’espadrilles, l’intimidait car il ne ressemblait pas aux hommes qu’elle avait l’habitude de côtoyer. Il la scrutait en silence, peignait quelques coups de pinceau, concentré, lançait à nouveau un regard aigu vers la petite avant de se jeter à nouveau sur sa toile…


Date de mise en ligne : 17/04/2026

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