V. Les phénomènes staséotiques
- Par Jean Baechler
Pages 189 à 234
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- BAECHLER, Jean,
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Un phénomène est « ce qui apparaît », en l’occurrence dans l’ordre staséotique, et donc « qui ait quelque rapport avec les efforts humains au service de la perfection ». Les phénomènes staséotiques peuvent être considérés à trois points de vue. Objectivement, ils figurent dans la matière historique, telle que révélée par la documentation, comme une classe d’objets relevant d’un ordre distinct de l’humain, au même titre que le politique, l’économique ou le religieux. Subjectivement, ils peuplent la classe des objets susceptibles de servir à des expérimentations, pour tester la validité des propositions avancées par une science particulière du règne humain, la staséologie. Objectivement et subjectivement à la fois, ils composent le segment du réel que cette science a pour objectif d’expliquer et de rendre transparent dans la conscience humaine et dans les limites de l’horizon cognitif humain.
Comment repérer ces objets et les distinguer de tous les autres objets de la matière historique et du règne humain ? Les analyses précédentes avaient pour propos de forger les outils cognitifs exigés par le repérage. Le concept de la perfection comme fin est l’outil premier et originel, avec lequel ont pu être tournés des outils plus spécialisés, à savoir les régimes de la fin – naturel, corrompu, perverti –, ses modes – la réforme, la subversion, l’utopie – et les activités qu’elle sollicite – de l’idéologie, des dispositions, des maximes. Pour faire émerger du magma documentaire des phénomènes distincts, il faut et il suffit d’appliquer les outils aux différents ordres de l’humain…
Date de mise en ligne : 19/01/2023
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