Chapitre 3. La métaphore : du concept au texte (et retour)
Pages 131 à 207
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- VALLESPIR, Mathilde,
- Vallespir, Mathilde.
- Vallespir, M.
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Notes
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[1]
Voir l’introduction de cet essai ; voir aussi Mathilde Vallespir, « Figure(s) et mise en crise du discours philosophique : l’exemple de l’hypozeuxe dans Corpus de Jean-Luc Nancy », Pratiques, n° 165-166, 2015, mis en ligne le 01 octobre 2015 [en ligne :http://pratiques.revues.org/2404 (consulté le 24 juillet 2016)].
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[2]
Voir Nanine Charbonnel, « Métaphore et philosophie moderne », dans Nanine Charbonnel et Georges Kleiber (dir.), La Métaphore entre philosophie et rhétorique, Paris, PUF, 1999, p. 32-61, p. 36-37.
-
[3]
Ibid., p. 37. Voir aussi George Lakoff et Mark Johnson, Les Métaphores dans la vie quotidienne, trad. Michel de Fornel et Jean-Jacques Lecercle, Paris, Minuit, 1985, p. 201-202, qui citent ce même passage de Locke (p. 202), après avoir rappelé le point de vue de Hobbes sur les métaphores, qu’il tient pour des « ignes fatui » propres à nous « indui[re] en erreur du fait de leur caractère affectif » (p. 201).
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[4]
Nanine Charbonnel, « Métaphore et philosophie moderne », dans Nanine Charbonnel et Georges Kleiber (dir.), La Métaphore entre philosophie et rhétorique, op. cit., p. 38.
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[5]
Frédéric Cossutta, Éléments pour la lecture des textes philosophiques, Paris, Bordas, 1989, p. 128 sqq.
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[6]
Voir Ibid., p. 39, la citation de Jean-Jacques Pauvert étant extraite de Jean-François Revel, Pourquoi des philosophes ?, Paris, René Julliard, 1957, p. 182.
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[7]
Ibid., p. 99-100.
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[8]
Voir l’article de Georges Leyenberger sur le sujet, « Métaphore, fiction et vérité chez Descartes », Littérature, n° 109, 1998, p. 20-37 [en ligne : https://www.persee.fr/doc/litt_0047-4800_1998_num_109_1_2458 (consulté le 2 février 2017)]. Il est d’ailleurs intéressant qu’un tel article paraisse dans la revue Littérature, et non dans une revue de philosophie. On trouvera l’exemple d’un type particulier de métaphore, cette fois-ci d’un point de vue philosophique, chez Stephan Vaquero, « L’unité de la philosophie chez Descartes : métaphysique et topologie morale », Revue philosophique de la France et de l’étranger, n° 134.4, 2009, p. 471-484. Le livre de Pierre Cahné, Un autre Descartes. La philosophie et son langage, Paris, Vrin, 1980, traite de son côté globalement de la catégorie de « l’image », derrière laquelle c’est la comparaison qui est commentée par l’auteur : op. cit., p. 73-117.
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[9]
Voir Jacques Dürrenmatt, La Métaphore, Paris, Honoré Champion, 2002, p. 72.
-
[10]
Voir Frédéric Cossutta, « Les formes en philosophie : le dialogue, étude de son emploi par Descartes et Leibniz », Cahiers philosophiques, n° 89 (« Styles et genres en philosophie »), p. 69, cité en introduction du présent ouvrage.
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[11]
On a ainsi évoqué dans l’introduction de cet essai la façon dont le vers final de l’art poétique de Verlaine « Et tout le reste est littérature », était cité par Luc Ferry et Alain Renaut, mais surtout gauchi en « tout le reste n’est que littérature » (La Pensée 68. Essai sur l’anti-humanisme contemporain, Paris, Gallimard, 1988, p. 229), où l’ajout de la négation exceptive infléchit l’argumentation vers une dépréciation d’une telle écriture, l’apparence littéraire de l’œuvre ne pouvant mener qu’à une exclusion de l’œuvre de Derrida du champ de la philosophie. Nous verrons que la citation a pu à revers être utilisée pour faire valoir une philosophie capable de se renouveler pour une hybridation avec le littéraire : voir Jean-Luc Nancy, Le Discours de la syncope, 1. Logodaedalus, Paris, Flammarion, 1976, p. 25.
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[12]
Jean-Luc Amalric, Ricœur, Derrida. L’enjeu de la métaphore, Paris, PUF, 2006, p. 113.
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[13]
Ibid., p. 117. L’analyse d’Amalric constitue le point de départ de Mathilde Vallespir, « Dé-montrer/argumenter, ou de l’argumentation métaphorique dans la philosophie française des années 1960 : l’exemple de “La mythologie blanche” de Jacques Derrida », dans Marc Bonhomme, Philippe Wahl et Anne-Marie Paillet (dir.), Métaphore et argumentation, Paris, Academia Bruylant/L’Harmattan, 2017, p. 303-318.
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[14]
Voir par exemple Nanine Charbonnel, « Métaphore et philosophie moderne », dans Nanine Charbonnel et Georges Kleiber (dir.), La Métaphore entre philosophie et rhétorique, op. cit., p. 46.
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[15]
Ibid., p. 33. Voir aussi Nanine Charbonnel, Les Aventures de la métaphore, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, p. 247.
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[16]
Voir Id., « Métaphore et philosophie moderne », dans Nanine Charbonnel et Georges Kleiber (dir.), La Métaphore entre philosophie et rhétorique, op. cit., p. 59-60.
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[17]
Voir Jacques Derrida, « La mythologie blanche », Marges – de la philosophie, Paris, Minuit, 1972, p. 247-324, p. 268-269, en particulier p. 269, où Derrida évoque « l’opposition traditionnelle entre les métaphores vivantes et métaphores mortes », présente chez Hegel sous la forme de l’opposition entre « métaphores effectives et métaphores éteintes ».
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[18]
Ibid. : « Première thèse : la métaphore n’est pas un phénomène de langue mais un phénomène de discours et donc de pensée. »
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[19]
Ibid.
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[20]
Nanine Charbonnel, « Métaphore et philosophie moderne », dans Nanine Charbonnel et Georges Kleiber (dir.), La Métaphore entre philosophie et rhétorique, op. cit., p. 36.
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[21]
François Rastier, « Conditions d’une linguistique des normes », dans Agnès Steuckardt et Gilles Siouffi (dir.), Les Linguistes et La Norme — Aspects normatifs du discours linguistique, Berne, Peter Lang, 2007, p. 3-20 ; voir aussi Texto, n° 28.3, juillet 2008.
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[22]
Ferdinand de Saussure, Écrits de linguistique générale, textes établis et édités par Simon Bouquet et Rudolf Engler, Paris, Gallimard, 2002, p. 273, cité par François Rastier, « Conditions d’une linguistique des normes », Agnès Steuckardt et Gilles Siouffi (dir.), Les Linguistes et La Norme — Aspects normatifs du discours linguistique, op. cit., p. 3-4.
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[23]
François Rastier, « Conditions d’une linguistique des normes », Agnès Steuckardt et Gilles Siouffi (dir.), Les Linguistes et La Norme — Aspects normatifs du discours linguistique, op. cit., p. 5.
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[24]
Voir Nanine Charbonnel, Les Aventures de la métaphore, op. cit., p. 222, où elle loue le « remarquable travail de Luc Ferry et Alain Renaut », soulignant le fait que « la Pensée 68 épargne Lacan, a fortiori Freud » – contrairement à son propre ouvrage, dont la section suivante (ibid.) a pour titre « Pour en finir avec Lacan ».
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[25]
Ibid., p. 246.
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[26]
Voir François Dosse, Histoire du structuralisme, I. Le Champ du signe, 1945-1966 [Paris, La Découverte, 1991], Paris, Librairie générale française, 1995, p. 10 (cité dans l’introduction de cet essai).
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[27]
Ibid., p. 9.
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[28]
Groupe μ, Rhétorique générale, Paris, Librairie Larousse, 1970, p. 8.
-
[29]
Voir Chaïm Perelman et Lucie Olbrechts-Tyteca, Traité de l’argumentation. La nouvelle rhétorique [1958], Bruxelles, Éditions de l’Université de Bruxelles, 1988, p. 5. Représente aussi ce développement des travaux sur l’argumentation l’ouvrage de Stephen E. Toulmin, The Uses of Arguments, Cambridge, Cambridge University Press, 1958.
-
[30]
Ainsi, la métaphore est abordée, au sein de la partie consacrée aux techniques argumentatives, dans le chapitre 3, « les liaisons qui fondent la structure du réel », comme mode de « raisonnement par analogie » (§ 87-88, p. 527-549).
-
[31]
Charles Plantin, dans L’Argumentation, Paris, PUF, 2005, p. 14-15, qualifie ces deux voies de « moment politique des années 1950 » pour la voie argumentative, et « moment logico-linguistique des années 1970 ». Il souligne que les « propositions de « nouvelles théories de l’argumentation » des années 1950 ne trouvèrent sur le moment guère d’échos en France » (ibid., p. 15).
-
[32]
Groupe μ, Rhétorique générale, op. cit., p. 9. Voir aussi p. 7 : « La rhétorique, en tant que théorie des figures, a été redécouverte par la linguistique structurale. Roman Jakobson, un des premiers, a attiré l’attention sur la valeur opératoire de concepts déjà élaborés par Aristote ».
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[33]
Roman Jakobson, Essais de linguistique générale, Paris, Minuit, 1963.
-
[34]
Le Groupe μ, dans Rhétorique générale, op. cit., p. 8 et 9, cite entre autres pour exemple deux articles de Barthes, « Rhétorique de l’image », Communications, n° 4, 1964, et « L’analyse rhétorique », dans Littérature et Société, Éditions de l’Institut de Sociologie de l’Université Libre de Bruxelles, Bruxelles, 1967, p. 31-45 ; un article de Gérard Genette, « La Rhétorique et l’espace du langage », Tel Quel, n° 11, automne 1964, p. 44-54, repris dans Figures, Paris, Seuil, 1966 ; enfin Tzvetan Todorov, Littérature et signification, Paris, Larousse, 1967.
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[35]
Voir par exemple Gérard Genette, « La Rhétorique et l’espace du langage », Tel Quel, op. cit., qui définit l’espace du langage en s’appuyant « sur un lot de manuels poussiéreux (Lamy, Du Marsais, Crevier, Domairon, Fontanier, etc.) » nous dit le Groupe μ (Rhétorique générale, op. cit., p. 8).
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[36]
Le Groupe μ désigne ainsi sa démarche comme une « entreprise […] de restructuration de la rhétorique » (Rhétorique générale, op. cit., p. 10). Voir aussi Tzvetan Todorov, Littérature et signification, op. cit., p. 107-114, où l’auteur propose une « classification des figures ».
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[37]
Groupe μ, Rhétorique générale, op. cit., p. 9.
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[38]
Gérard Genette, « La rhétorique restreinte », Communications, n° 16, 1970, p. 158-171.
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[39]
Voir la note liminaire à Groupe μ, Rhétorique générale, op. cit., p. 7 : « La rhétorique, en tant que théorie des figures, a été redécouverte par la linguistique structurale. Roman Jakobson, un des premiers, a attiré l’attention sur la valeur opératoire de concepts déjà élaborés par Aristote. En hommage à ces deux témoins, c’est tout naturellement que nous avons choisi pour sigle l’initiale du mot qui désigne, en grec, la plus prestigieuse des métaboles. »
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[40]
Michel Meyer, La Rhétorique, Paris, PUF, 2004, p. 73, explique cette place centrale que la métaphore occupe au sein de la rhétorique depuis Aristote du fait qu’elle est « la figure par excellence de l’identité faible », identité faible définie, p. 72, comme « rassembl[ant] prémisse et conclusion dans une même formule stylistique où l’on a ce qui est en question sous forme de réponse, laquelle question s’efface par là même ».
-
[41]
Poétique, revue de théorie et d’analyse littéraire, n° 5, Paris, Seuil, 1971.
-
[42]
Philippe Lacoue-Labarthe, « Le détour (Nietzsche et la métaphore) », Poétique, op. cit., p. 53-76, en particulier 63-64.
-
[43]
Ibid., p. 65.
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[44]
Voir aussi Sarah Kofman, « L’oubli de la métaphore », Critique, n° 291-292, août-septembre 1971, p. 793-804.
-
[45]
Nanine Charbonnel, « Dérives philosophiques de la théorie de la métaphore : Ricœur et Derrida sur de mauvais radeaux », Dérives de la métaphore, dans Denis Jamet (dir.), Dérives de la métaphore, Paris, L’Harmattan, 2008, p. 253-271, p. 256.
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[46]
Friedrich Nietzsche, Le Livre du philosophe, Paris, Aubier-Flammarion, 1969.
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[47]
Paul de Man, Allégories de la lecture. Le Langage figuré chez Rousseau, Nietzsche, Rilke et Proust, trad. Thomas Trezise, Paris, Galilée, 1989, publié en anglais en 1979, a été amorcé en 1969 par de Man et plusieurs morceaux en ont été publiés sous forme de revue (voir Nanine Charbonnel, « Dérives philosophiques de la théorie de la métaphore : Ricœur et Derrida sur de mauvais radeaux », dans Denis Jamet (dir.), Dérives de la métaphore, op. cit., p. 257).
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[48]
Philippe Lacoue-Labarthe et Jean-Luc Nancy, « Friedrich Nietzsche. Rhétorique et langage », Poétique, op. cit., p. 99.
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[49]
Ibid.
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[50]
Groupe μ, Rhétorique générale, op. cit., p. 9 : « Victor Hugo s’est maintes fois vanté d’avoir mis en déroute “les tropes effarés”, sans soupçonner qu’un jour le Dr Lacan diagnostiquerait une métaphore dans le vers de Booz endormi : “Sa gerbe n’était pas avare ni haineuse” (en fait, il s’agit plutôt d’une synecdoque). »
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[51]
Jean-François Lyotard, Discours, Figure, Paris, Klincksieck, 1971.
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[52]
Jacques Derrida, Marges – de la philosophie, Paris, Minuit, 1972, p. 247-324.
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[53]
Paul Ricœur, La Métaphore vive, Paris, Seuil, 1975.
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[54]
Pour les différences théoriques entre Ricœur et Derrida concernant la métaphore, voir Jean-Luc Amalric, Ricœur, Derrida. L’enjeu de la métaphore, op. cit.
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[55]
Voir Paul Ricœur, La Métaphore vive, op. cit., p. 24, qui rappelle que chez Aristote, la métaphore « est définie en termes de mouvement » du fait de sa facture lexicale, phorein désignant un mouvement.
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[56]
Ibid., p. 61.
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[57]
Ibid., p. 311. Ricœur se propose ensuite, p. 313, de démontrer la conception « tensionnelle » de la vérité métaphorique qu’il propose.
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[58]
Ibid., p. 100 à 116 en particulier, où Ricœur commente l’ouvrage de Ivor Armstrong Richards The Philosophy of Rhetoric [1936], Oxford, Oxford University Press, 1971.
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[59]
Voir p. 71 (voir développement présenté infra).
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[60]
Voir par exemple Jean-François Lyotard, Discours, Figure, op. cit., p. 55, où l’auteur explicite le programme de son ouvrage : « Défaire le code, sans pourtant détruire le message, mais au contraire en délivrant le sens, les réserves sémantiques latérales, que masque la parole charpentée, c’est accomplir un ensemble d’opérations que Freud nommait travail du rêve, dont nous essaierons de montrer qu’il consiste tout entier dans la transgression des écarts réglés qui forment la trame de la langue, et qu’il est bien, en effet, de la sorte, “accomplissement de désir”. »
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[61]
Voir par exemple ibid., p. 71 : Lyotard répertorie trois types de figures présentes dans « Le coup de dés », parmi lesquelles deux impliquent explicitement une dynamique : la figure « qui travaille le signifiant », et la « figure sensible, configuration qui distribue les signifiants linguistiques (ici graphiques) selon des exigences qui ne sont pas celles du discours proprement dit, mais celles d’un rythme (ici visible) ». Pour la mobilisation du modèle du rythme, voir aussi p. 287.
-
[62]
Ibid., p. 146.
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[63]
Voir Jacques Derrida, « La mythologie blanche », Marges – de la philosophie, op. cit., p. 272 : « Une métaphorologie serait dérivée au regard du discours qu’elle prétendrait dominer […]. Le concept de métaphore […] est un philosophème. »
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[64]
Ibid., p. 308.
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[65]
Voir Mathilde Vallespir, « Théorie et pratique de la métaphore chez Derrida : figurer, dé-figurer, reconfigurer », dans Dominique Maingueneau et Mathilde Vallespir (dir.), Lire Derrida ? Autour d’Éperons. Les Styles de Nietzsche, Limoges, Lambert-Lucas, 2015, p. 69-80.
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[66]
Voir Jacques Derrida, Psyché [Po&sie, 7, 1978], Paris, Galilée, 1987, p. 63-93.
-
[67]
Id., « La mythologie blanche », op. cit., p. 320.
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[68]
Ibid., p. 280 : « La vraie métaphore se tient donc dans les limites du “nom” aristotélicien. », et p. 275, où Derrida souligne que tout discours sur la métaphore souscrit à « un code ou un programme » : « Suivant l’usage, il faut en premier lieu rappeler la définition aristotélicienne, du moins celle de la Poétique. » Voir sur ce même point la réflexion engagée par Ricœur dans La Métaphore vive, op. cit., p. 19 à 25, et la comparaison entre ces deux points de vue opérée par Jean-Luc Amalric, Ricœur, Derrida. L’enjeu de la métaphore, op. cit., p. 58 et sq. : au nom, privilégié depuis Aristote, il faut substituer le discours pour Ricœur, le texte pour Derrida.
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[69]
Voir Mathilde Vallespir, « Théorie et pratique de la métaphore chez Derrida : figurer, dé-figurer, reconfigurer », dans Dominique Maingueneau et Mathilde Vallespir (dir.), Lire Derrida ? Autour d’Éperons. Les Styles de Nietzsche, op. cit., p. 71.
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[70]
Ibid.
-
[71]
Nanine Charbonnel, « Métaphore et philosophie moderne », dans Nanine Charbonnel et Georges Kleiber (dir.), La Métaphore entre philosophie et rhétorique, op. cit., p. 59.
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[72]
Voir par exemple, pour l’approche pragmatique, Catherine Détrie, Du sens dans le processus métaphorique, Paris, Honoré Champion, 2001 ; pour l’approche cognitive, Gilles Fauconnier et Mark Turner, « Conceptual blending », Patrick Colm Hogan (dir.), The Cambridge Encyclopedia of the Language Sciences, Cambrigde, Cambridge University Press, p. 194-197 ; pour l’approche sémiotique, Jean-Marie Klinkenberg, « Métaphore et cognition », dans Nanine Charbonnel et Georges Kleiber (dir.), La Métaphore entre philosophie et rhétorique, op. cit., p. 135-170 ; et François Rastier, Sémantique interprétative, Paris, PUF, 1987.
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[73]
Jean-François Lyotard, Discours, Figure, op. cit., p. 146.
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[74]
Ibid., p. 277-279.
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[75]
Ibid., p. 318.
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[76]
Ibid., p. 279.
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[77]
Ibid., p. 310 sqq., et p. 387. Voir aussi Jean-Luc Amalric, Ricœur, Derrida. L’enjeu de la métaphore, op. cit., p. 84.
-
[78]
Paul Ricœur, La Métaphore vive, op. cit., p. 386 sqq.
-
[79]
Jean-Luc Amalric, Ricœur, Derrida. L’enjeu de la métaphore, op. cit., p. 85-86.
-
[80]
Voir Jacques Derrida, « La mythologie blanche », Marges – de la philosophie, op. cit., p. 324.
-
[81]
Ibid. : « Il y a toujours, absente de tout jardin, une fleur séchée dans un livre ; et en raison de la répétition où elle s’abîme sans fin, aucun langage ne peut réduire en soi la structure d’une anthologie. »
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[82]
Ibid., p. 285.
-
[83]
Voir Mathilde Vallespir, « Dé-montrer/argumenter, ou de l’argumentation métaphorique dans la philosophie française des années 1960 : l’exemple de “La mythologie blanche” de Jacques Derrida », dans Marc Bonhomme, Philippe Wahl et Anne-Marie Paillet (dir.), Métaphore et argumentation, op. cit., p. 309.
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[84]
Voir Jacques Derrida, « La mythologie blanche », Marges – de la philosophie, op. cit., p. 269 : ces expressions sont utilisées pour paraphraser Hegel dans un commentaire de ce dernier, et sont toutes liées à la notion d’usure (Abnutzung) mobilisée par le philosophe.
-
[85]
Voir Mathilde Vallespir, « Dé-montrer/argumenter, ou de l’argumentation métaphorique dans la philosophie française des années 1960 : l’exemple de “La mythologie blanche” de Jacques Derrida », dans Marc Bonhomme, Philippe Wahl et Anne-Marie Paillet (dir.), Métaphore et argumentation, op. cit., p. 310.
-
[86]
Jacques Derrida, « La mythologie blanche », Marges – de la philosophie, op. cit., p. 251 en particulier.
-
[87]
Id., La Dissémination, op. cit., p. 100.
-
[88]
Ibid.
-
[89]
Ibid.
-
[90]
Voir Mathilde Vallespir, Lire, écouter, exorciser la guerre, op. cit., p. 40-52.
-
[91]
On a également montré ce type d’inversions de la représentation dans le cadre d’un corpus simonien dans « Complexité perceptive chez Claude Simon : instabilité référentielle et multistabilité dans La Chevelure de Bérénice », dans Marie-Albane Watine, David Zemmour et Ilias Yocaris (dir.), Claude Simon. Une expérience de la complexité, Paris, Garnier, 2020.
-
[92]
Voir Mathilde Vallespir, « Théorie et pratique de la métaphore chez Derrida : figurer, dé-figurer, reconfigurer », dans Dominique Maingueneau et Mathilde Vallespir (dir.), Lire Derrida ? Autour d’Éperons. Les styles de Nietzsche, op. cit., p. 69.
-
[93]
Voir la partie 4.c. de ce chapitre, le déploiement métaphorique ou la « syntaxe » métaphorique chez Derrida.
-
[94]
Paul Ricœur, La Métaphore vive, op. cit., p. 387.
-
[95]
Ibid.
-
[96]
Ibid., p. 388.
-
[97]
Ibid.
-
[98]
Ibid., p. 392 : « Pour nous, modernes, qui venons après la mort de la physique aristotélicienne, ce sens de la phusis [i.e. « principe immanent qui existe dans les êtres naturels, soit en puissance, soit en entéléchie » – voir supra, ibid] est peut-être à nouveau vacant, comme ce que le langage poétique demande au discours spéculatif de penser. »
-
[99]
Ibid., p. 388 à 392.
-
[100]
Voir supra.
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[101]
Il est à cet égard intéressant de constater le coût spéculatif d’un tel choix théorique ; ainsi, pour tenir une telle affirmation de la préséance du spéculatif sur le poétique (Paul Ricœur, La Métaphore vive, op. cit., p. 394 : « Est-ce à dire qu’une fois encore le discours spéculatif soit menacé de retourner à la poésie ? Il n’en est rien. »), le philosophe est mené à établir des distinctions sur lesquelles il faudrait s’attarder et dont il faudrait mesurer les présupposés, en particulier, la distinction entre « métaphore de philosophe » et « métaphore de poète » (ibid et p. 395) ; Ricœur souligne lui-même la ténuité de la différence existant entre ces deux discours : « Certes, la différence devient infime, lorsque le philosophe choisit pour vis-à-vis une poésie pensante […] et qu’il lui répond par une pensée qui poétise […]. Mais, même alors, c’est la pensée spéculative qui use des ressources métaphoriques du langage pour créer du sens et ainsi répond à la demande de la “chose” à dire par une innovation sémantique. Un tel procédé n’a rien de scandaleux, aussi longtemps que la pensée spéculative se sait distincte et répondante, parce que pensante. » L’adjectif « scandaleux » permet de mesurer le coût polémique de la prise de position, qui laisse une place possible au discours poétique seulement à condition qu’il soit maîtrisé par le discours spéculatif. On mesure l’effort rationnel mis en œuvre pour défendre l’autonomie du spéculatif contre le poétique malgré la force de ce dernier.
-
[102]
Jean-François Lyotard, Discours, Figure, op. cit., p. 55 : « Défaire le code, sans pourtant détruire le message, mais au contraire en délivrant le sens, les réserves sémantiques latérales, que masque la parole charpentée […]. » (voir citation plus large supra).
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[103]
Ibid., p. 286, note 3.
-
[104]
Ibid., p. 286.
-
[105]
Ibid.
-
[106]
Ibid., p. 318.
-
[107]
Ibid., p. 310.
-
[108]
Ibid., p. 282.
-
[109]
Ibid.
-
[110]
Voir Paul Ricœur, La Métaphore vive, op. cit., par exemple, p. 310 et 399 ici.
-
[111]
Ibid., p. 399, ultime phrase de l’ouvrage : « Ce qui est donné à penser par la vérité “tensionnelle” de la poésie, c’est la dialectique la plus originaire et la plus dissimulée : celle qui règne entre l’expérience d’appartenance dans son ensemble et le pouvoir de distanciation qui ouvre l’espace de la pensée spéculative. »
-
[112]
Ibid., p. 380 : « […] Le spéculatif est la condition de possibilité du conceptuel. »
-
[113]
Jean-François Lyotard, Discours, Figure, op. cit., p. 18.
-
[114]
Ibid., p. 11 : « Commençons donc par là, relevons un pareil défi, entrons dans la place. Attaquons-nous à la suffisance du discours. » Voir aussi ibid., p. 325 : « C’est la déconstruction, l’écart, la critique qui fait la dimension poétique de la figure. »
-
[115]
Voir Jacques Derrida, « La mythologie blanche », Marges – de la philosophie, op. cit., p. 261-262, 272, 301, 308, 317.
-
[116]
Sarah Kofman, « L’oubli de la métaphore », Critique, op. cit., p. 787.
-
[117]
Charles Plantin, « Sans démontrer ni (s’) émouvoir », dans Michel Meyer (dir.), Perelman. Le Renouveau de la rhétorique, Paris, PUF, 2004, p. 65-81.
-
[118]
Jean-François Lyotard, Discours, Figure, op. cit., p. 16 : « La configuration du discours comme interlocution, comme universalité potentielle par renvoi à des règles qui serviront d’index au dialogue en même temps que celui-ci les élaborera, bref celle qu’avec Socrate l’Occident a reçue comme sa position propre de parole, suppose justement la fin de la vérité. Ce n’est pas Nietzsche seulement qui nous l’a appris, ce sont les travaux de l’histoire sémantique qui le confirment. »
-
[119]
Voir par exemple Nanine Charbonnel, « Dérives philosophiques de la théorie de la métaphore : Ricœur et Derrida sur de mauvais radeaux », dans Denis Jamet (dir.), Dérives de la métaphore, op. cit., en particulier p. 258.
-
[120]
Voir aussi Jean-Luc Amalric, qui met en valeur la complexité de la relation existant entre Nietzsche et Derrida, notamment Ricœur, Derrida. L’enjeu de la métaphore, op. cit., p. 24-25 : « […] Si Derrida critique, comme Nietzsche, l’idée d’une autonomie des concepts philosophiques et plus largement d’une indépendance du sens vis-à-vis des métaphores qui le véhiculent ou le portent, il dénonce, en revanche, dans la déconstruction nietzschéenne de la métaphysique (comme dans Le Jardin d’Épicure), un présupposé continuiste qui s’en tient à l’idée d’une érosion progressive du sens métaphorique et occulte, de ce fait, l’ensemble des ruptures et des déplacements qui résultent de l’inscription de toute métaphore dans une certaine composition syntaxique. »
-
[121]
Jacques Derrida, « La mythologie blanche », Marges – de la philosophie, op. cit., p. 254.
-
[122]
Ibid., p. 255 : « Lire dans un concept l’histoire cachée d’une métaphore, c’est privilégier la diachronie, aux dépens du système, et miser sur cette conception symboliste du langage […]. Dans cette critique du langage philosophique, s’intéresser à la métaphore – cette figure particulière –, c’est donc un parti pris symboliste. » Voir aussi ibid., p. 256, où Derrida explicite l’enjeu de « La mythologie blanche » : non pas « partager les présuppositions » de Polyphile mais « les délimiter ». « Il ne s’agit pas, cependant, de consolider par symétrie ce que Polyphile choisit comme cible ; plutôt de déconstruire les schèmes métaphysiques et rhétoriques qui sont à l’œuvre dans sa critique, non pour les rejeter et les mettre au rebut mais pour les réinscrire autrement et surtout pour commencer à identifier le terrain historico-problématique sur lequel on a pu demander systématiquement à la philosophie les titres métaphoriques de ses concepts. » L’enjeu avoué est donc, avant tout, archéologique.
-
[123]
Paul Ricœur, La Métaphore vive, op. cit., p. 386, où le philosophe évoque la « portée critique de ces notions de référence seconde et de redescription » – tout en ayant immédiatement souci de souligner le risque de « transformer cette fonction critique en un plaidoyer pour l’irrationnel » (ibid., p. 387).
-
[124]
Paul Ricœur, La Métaphore vive, op. cit., p. 383.
-
[125]
Ibid.
-
[126]
Ibid., p. 384.
-
[127]
Jacques Derrida, La Dissémination, Paris, Seuil, 1972, p. 129.
-
[128]
Ibid., p. 187 : « On ne sera pas déçu pourvu que l’on accepte une certaine scansion du texte, et de ne pas considérer comme des contingences rhétoriques les termes de l’analogie proposée par Socrate. »
-
[129]
Ibid., p. 199.
-
[130]
Jean-François Lyotard, Discours, Figure, op. cit., p. 18.
-
[131]
Ibid.
-
[132]
Jacques Derrida, La Vérité en peinture, Paris, Flammarion, 1978.
-
[133]
Voir le chapitre 5 de cet essai.
-
[134]
Jean-François Lyotard, Discours, Figure, op. cit., p. 18 : « Ce livre-ci […] se tient encore dans la signification, il n’est pas livre d’artiste, la déconstruction n’y opère pas directement, elle est signifiée. C’est encore un livre de philosophie. », cité supra.
-
[135]
Ibid.
-
[136]
Ibid., p. 18.
-
[137]
Ibid., p. 57 : « Que le discours soit un geste, cela est en tout cas une métaphore, et l’écart entre les deux termes de cette métaphore, le mouvement de l’énoncé, tient entièrement au fait de la langue. »
-
[138]
Ibid., p. 282-283.
-
[139]
Voir par exemple Jean-François Lyotard, Discours, Figure, op. cit., p. 9-23, en particulier p. 17, p. 120 sqq., ou p. 282 sqq.
-
[140]
Ibid., p. 282, « Voici pourtant notre hypothèse : on peut échapper à cette alternative de l’espace figural qui trompe et de l’espace textuel où se constitue la connaissance. En-deçà de cette alternative, on peut discerner une autre fonction, qui y est omise, et qui serait articulée par principe sur l’espace figural, une fonction de vérité. »
-
[141]
Ibid.
-
[142]
Ibid., p. 57.
-
[143]
Jean-François Lyotard, Textes dispersés I : esthétique et théorie de l’art, Louvain, Presses universitaires de Louvain, 2012, p. 228.
-
[144]
Voir Mathilde Vallespir, « Dé-montrer/argumenter, ou de l’argumentation métaphorique dans la philosophie française des années 1960 : l’exemple de “La mythologie blanche” de Jacques Derrida », dans Marc Bonhomme, Philippe Wahl et Anne-Marie Paillet (dir.), Métaphore et argumentation, op. cit.
-
[145]
Voir Id., « Théorie et pratique de la métaphore chez Derrida : figurer, dé-figurer, reconfigurer », dans Dominique Maingueneau et Mathilde Vallespir (dir.), Lire Derrida ? Autour d’Éperons. Les styles de Nietzsche, op. cit.
-
[146]
Voir Id., « Dé-montrer/argumenter, ou de l’argumentation métaphorique dans la philosophie française des années 1960 : l’exemple de “La mythologie blanche” de Jacques Derrida », dans Marc Bonhomme, Philippe Wahl et Anne-Marie Paillet (dir.), Métaphore et argumentation, op. cit.
-
[147]
Voir Id., « Théorie et pratique de la métaphore chez Derrida : figurer, dé-figurer, reconfigurer », op. cit., et « Dé-montrer/argumenter, ou de l’argumentation métaphorique dans la philosophie française des années 1960 : l’exemple de “La mythologie blanche” de Jacques Derrida », dans Dominique Maingueneau et Mathilde Vallespir (dir.), Lire Derrida ? Autour d’Éperons. Les styles de Nietzsche, op. cit.
-
[148]
Id., « Dé-montrer/argumenter, ou de l’argumentation métaphorique dans la philosophie française des années 1960 : l’exemple de “La mythologie blanche” de Jacques Derrida », dans Marc Bonhomme, Philippe Wahl et Anne-Marie Paillet (dir.), Métaphore et argumentation, op. cit., p. 309-312.
-
[149]
Jacques Derrida, Le Toucher. Jean-Luc Nancy, Paris, Galilée, 2000, p. 303.
-
[150]
Ibid.
-
[151]
Voir Mathilde Vallespir, « Figure(s) et mise en crise du discours philosophique : l’exemple de l’hypozeuxe dans Corpus de Jean-Luc Nancy », Pratiques, op. cit.
-
[152]
Id., « Théorie et pratique de la métaphore chez Derrida : figurer, dé-figurer, reconfigurer », dans Dominique Maingueneau et Mathilde Vallespir (dir.), Lire Derrida ? Autour d’Éperons. Les styles de Nietzsche, op. cit., p. 76.
-
[153]
En ligne [http://www.idixa.net/Pixa/pagixa-0509221719.html].
-
[154]
Jacques Derrida, Glas, Paris, Galilée, 1974.
-
[155]
Id., Marges – de la philosophie, op. cit., p. i-xxv.
-
[156]
Ces deux derniers ouvrages sont indexés dans la base de données Frantext [en ligne : http://www.frantext.fr.janus.biu.sorbonne.fr (consulté le 28 février 2017)] ; dans tous les deux, on décompte non moins de 83 occurrences de « coup ».
-
[157]
Id., La Dissémination, op. cit., p. 13, 21, 43, 57 et 76 pour la préface. Le Derridex indexe de son côté les références suivantes, notamment pour la suite de l’ouvrage : p. 57, 74-6-9, 212-3, 262, 291, 346, 353, 361-8, 394-6, 442. Remarquons que coup constitue pour l’auteur du Derridex, Pierre Delain, un des « mots » de Derrida, qui, selon l’auteur, « peuvent être lus comme un vocabulaire de la déconstruction » [en ligne, voir http://www.idixa.net/Pixa/pagixa-0506091008.html (consulté le 1er mars 2017)].
-
[158]
Jacques Derrida, La Dissémination, op. cit., p. 74.
-
[159]
Ibid., p. 76.
-
[160]
« coup d’envoi » est ainsi répertorié dans le Dictionnaire de l’Académie (9e édition), mais pas dans le TLFi, contrairement à d’autres expressions lexicalisées construites à partir de coup, présentes dans les deux dictionnaires, dont « coup monté », « coup de feu », et surtout, présents dans le texte, « du même coup », « après coup », « d’un coup ».
-
[161]
Ainsi, le TLFi classe l’expression « coup de tête » dans une section consacrée à un deuxième sens de « coup » : « [Avec une idée de simple mouvement] Mouvement d’un organe, d’une partie du corps, d’un élément et de tout ce qui est susceptible de servir d’instrument », sens opposé au premier sens donné « [Avec l’idée d’un mouvement suivi d’un choc] ». Dans ce deuxième ensemble de sens, le TLFi mentionne un « sens figuré » de « coup de tête » signifiant « décision soudaine et irréfléchie ».
-
[162]
Voir le TLFi et note précédente.
-
[163]
Ou « postérieurement à quelque chose » pour le TLFi.
-
[164]
Voir TLFi et Dictionnaire de l’Académie.
-
[165]
« Verre à boire de forme arrondie ou évasée », nous dit le TLFi [en ligne, voir : http://stella.atilf.fr/Dendien/scripts/tlfiv5/visusel.exe?138;s=3074971305;r=5;nat=;sol=0; (consulté le 28 février 2017)].
-
[166]
Voir dictionnaire de l’Académie Française, 9e édition, entrée « coup » [en ligne : http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/generic/cherche.exe?15;s=3024826575 (consulté le 28 février 2017)].
-
[167]
De son côté, « coupure », déjà présent avant cette fin de préface (p. 36), se retrouve dans la troisième et dernière partie de l’ouvrage, dont la troisième sous-partie est elle-même intitulée « la coupure ». La section est ainsi saturée de la présence du nom, ce qui lui confère une valeur philosophique particulière, bien que la notion ne constitue pas à proprement parler une notion derridienne (la notion ne fait par exemple pas partie de l’ouvrage de Charles Ramond, Le Vocabulaire de Jacques Derrida, Paris, Ellipse, 2001 – ce que confirme le Derridex, qui indexe simplement « coupure » à l’intérieur d’un paradigme de termes conceptuellement voisins qu’il faudrait commenter (coupe, tranchant, déchirure, fissure, fission, césure).
-
[168]
On ajoutera que le lien entre « coup » et le champ lexical de « couper » (couper, coupe, coupure) est renforcé par l’inscription de « coup de tête » au sein d’une part, de la présence du verbe « interrompre », formant une isotopie sémantique avec « couper », et donc avec « coupure » présent à la ligne suivante. Par ailleurs, la présence de « figure », peu après « tête », dessine une isotopie physique et entraîne donc une délexicalisation de « coup de tête » – quand le terme de « figure » lui-même est à prendre ici comme une syllepse, à la fois dans son sens concret de « visage », de « forme », mais aussi abstrait de « figure rhétorique », en rétro-lecture, quand apparaît l’adjectif « métaphorique ».
-
[169]
Pour emprunter ici une notion au champ de la cognition, où la saillance perceptive désigne la façon dont un élément se manifeste avec une plus forte acuité qu’un autre, et se distingue ainsi des autres, passe au premier plan.
-
[170]
Voir Mathilde Vallespir, « Théorie et pratique de la métaphore chez Derrida : figurer, dé-figurer, reconfigurer », dans Dominique Maingueneau et Mathilde Vallespir (dir.), Lire Derrida ? Autour d’Éperons. Les styles de Nietzsche, op. cit.
-
[171]
On trouve, par exemple dans Jean-Luc Nancy, Le Discours de la syncope, 1. Logodaedalus, op. cit., ce type de jeu des métaphores lexicalisées dont le sens propre est réactivé : ainsi, page 112, c’est la métaphore du discours des mathématiques « bien cuirassé » (à plusieurs reprises présent auparavant) qui est exploitée et qui fonde le développement du discours. De même, le livre développe toute une configuration métaphorique à partir de « voile » (voir par exemple p. 120), jeu métaphorique que l’on retrouve chez Derrida dans Éperons. Les styles de Nietzsche (voir Mathilde Vallespir, « Peut-on penser un style de la déconstruction ? La question du “style Derrida” », dans Éric Bordas (dir.), Style, langue, société, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 2015, p. 239-252). Par ailleurs, le jeu de délexicalisation des métaphores lexicalisées construites sur « coup » est également présent chez Nancy – on peut même s’interroger sur la nature éventuellement quasi-citationnelle du passage. Voir Jean-Luc Nancy, Le Discours de la syncope, 1. Logodaedalus, op. cit., p. 110 : « En même temps (du même coup ?). » Le point d’interrogation, en supposant la mise en question de l’équivalence parasynonymique des deux expressions, fait valoir à revers la possible non concordance des deux expressions en même temps qu’il confère à la parenthèse une valeur autonymique, supposant donc une mise en question de la lexicalisation du tour.
-
[172]
Voir par exemple Georges Kleiber, « Une métaphore qui ronronne n’est pas toujours un chat heureux », dans Nanine Charbonnel et Georges Kleiber (dir.), La Métaphore entre philosophie et rhétorique, op. cit., p. 83-134, p. 86.
-
[173]
Par exemple les travaux de Michele Prandi, notamment pour ce qui nous intéresse ici « Les métaphores conflictuelles dans la création de concepts et de termes », Langue française, n° 189, 2016, p. 35-48. Voir l’analyse proposée à partir de cet article dans Mathilde Vallespir, « Dé-montrer/argumenter, ou de l’argumentation métaphorique dans la philosophie française des années 1960 : l’exemple de “La mythologie blanche” de Jacques Derrida », dans Marc Bonhomme, Philippe Wahl et Anne-Marie Paillet (dir.), Métaphore et argumentation, op. cit.
-
[174]
Jean-Marie Klinkenberg, « Métaphore et cognition », dans Nanine Charbonnel et Georges Kleiber (dir.), La Métaphore entre philosophie et rhétorique, op. cit., p. 135-170.
-
[175]
Voir Mathilde Vallespir, « Pour une herméneutique de l’énaction : à partir d’un fait de langue métaphorique complexe », dans Laure Himy-Piéri, Jean-François Castille et Laurence Bougault (dir.), Le Style, découpeur de réel. Faits de langue, effets de style, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2014, p. 23-33.
-
[176]
On pourra se référer aux différents articles proposés sur le sujet, tels que Mathilde Vallespir, « Simplicité et complexité, ou comment penser le simple à la lumière du complexe », dans Sophie Jollin-Bertocchi, Lia Kurts-Woeste, Anne-Marie Paillet-Guth et Claire Stolz (dir.), La Simplicité. Manifestations et enjeux du simple en art, Paris, Honoré Champion, 2017, p. 483-493.
-
[177]
Ce devenir peut être saisi, comme le propose Jacques Dürrenmatt, selon le modèle du rhizome deleuzien, non pas « fait d’unités, mais de dimensions, ou plutôt de directions mouvantes », fait de « lignes de segmentarité, […] mais aussi [de] lignes de fuite ou de déterritorialisation » : voir Jacques Dürrenmatt, La Métaphore, op. cit., p. 68, où l’auteur s’appuie sur Gilles Deleuze et Félix Guattari, Capitalisme et schizophrénie 2. Mille Plateaux, Paris, Minuit, 1980, p. 126.
-
[178]
Voir respectivement Jacques Derrida, Éperons. Les styles de Nietzsche, Paris, Flammarion, 1978 ; Id., Fichus. Discours de Francfort, Paris, Galilée, 2002 ; et Id., La Dissémination, op. cit.
-
[179]
Id., « La mythologie blanche », Marges – de la philosophie, op. cit., p. 308-324.
-
[180]
Id., La Dissémination, op. cit., p. 178.
-
[181]
Ibid.
-
[182]
Ibid., p. 12.
-
[183]
Ibid., p. 198.
-
[184]
Ibid., p. 18.
-
[185]
On s’interrogera plus loin sur la valeur de ces italiques chez Derrida comme chez Nancy et Lyotard, dans une perspective énonciative (voir chapitre 5).
-
[186]
Jacques Derrida, La Dissémination, op. cit., p. 84, 85, 86, puis notamment 129 : si l’expression correspond à la traduction de la lexie grecque khairein, référée en page 84 au Phèdre et au sein de celui-ci, à la parole de Socrate, elle est ensuite réutilisée et rapprochée du nom « promenade » (« premiers pas de cette promenade »), qui réactive son sens concret et géographique pour grever définitivement la lecture métaphorique et figurée du khairein et lui rendre, en filigrane au moins, sa valeur concrète.
-
[187]
Rappelons en effet que la polysémie suppose qu’un terme ait plusieurs sens en langue, mais à l’inverse, implique qu’en contexte, un seul de ses sens soit actualisé – ce qui n’est précisément pas le cas dans les emplois que fait Derrida.
-
[188]
Jacques Derrida, La Dissémination, op. cit., p. 79-80.
-
[189]
Ibid.
-
[190]
Voir par exemple ibid., p. 104, le paragraphe de clôture de la deuxième section du premier temps de l’essai : « Laissons courir ces fils. Nous ne les avons encore suivis que pour nous laisser conduire du logos au père, et relier la parole au kurios […]. Plus tard, dans le même tissu, dans les mêmes textes, nous tirerons d’autres fils, et de nouveau les mêmes pour voir s’y ourdir ou dénouer d’autres desseins. » « fils » (suivis), « tissu », « tirerons d’autres fils », « dénouer », « ourdir », autant de termes relevant de la même isotopie du tissu, et jouant sur la capacité métaphorique de cette dernière, propre à mettre en relation différents champs, celui de la description du texte, mais aussi un champ politique dans une acception figurée (« ourdir/dénouer d’autres desseins »), le sens propre et concret de « dessin » (dans une graphie ancienne ici) pouvant être également remobilisé du fait de l’importance de l’isotopie concrète utilisée ici, qui infléchit la lecture vers cette représentation concrète de la textualité. Voir aussi, notamment, p. 79, 83, 104, 118, 119, 134, 207.
-
[191]
Ibid., p. 81.
-
[192]
Voir notamment ibid., p. 120 : « La traduction courante de pharmakon par remède – drogue bienfaisante – n’est certes pas inexacte. […] Néanmoins, la traduction par remède efface, par la sortie hors de la langue grecque, l’autre pôle réservé dans le mot pharmakon. »
-
[193]
Ibid., p. 207, note 77.
-
[194]
La perspective herméneutique est cependant explicitement mise à distance : « La loi et la règle ne s’abritent pas dans l’inaccessible d’un secret. »
-
[195]
C’est ensuite le terme d’« histologie » (ibid., p. 81) qui assure ce rôle de lexie commune aux deux isotopies, et engendre ainsi une double lecture de ces termes en même temps que la possibilité d’un développement concurrent ou simultané de ces isotopies, et donc de ces métaphores.
-
[196]
Ibid., p. 79.
-
[197]
On pourrait montrer ailleurs la façon dont les différents réseaux constitués autour de « scène », de « jeu », comme de « tissu », s’entrelacent au sein du texte. Voir par exemple ibid., p. 86, où les métaphores du tissu (« tache », « maille », « toile »), de la scène (« mise en scène, géographie théâtrale », du « khairein » (« les premiers pas de cette promenade ») sont développées conjointement.
-
[198]
Voir Chaïm Perelman et Lucie Olbrechts-Tyteca, Traité de l’argumentation. La nouvelle rhétorique, op. cit., p. 230.
-
[199]
Voir Mathilde Vallespir, « Dé-montrer/argumenter, ou de l’argumentation métaphorique dans la philosophie française des années 1960 : l’exemple de “La mythologie blanche” de Jacques Derrida », dans Marc Bonhomme, Philippe Wahl et Anne-Marie Paillet (dir.), Métaphore et argumentation, op. cit., p. 309.
-
[200]
Voir Roman Jakobson, Principes de linguistique générale, op. cit., par exemple chapitre 2, ii. Le double caractère du langage, p. 45-46 : « Parler implique la sélection de certaines entités linguistiques et leur combinaison en unités linguistiques d’un plus haut degré de complexité. » Voir aussi ibid., p. 48 : « Tout signe implique deux modes d’arrangement : 1. La combinaison […] 2. La sélection […]. »
-
[201]
Voir par exemple les travaux de Mark Turner et Gilles Fauconnier, dont The Way We Think. Conceptual Blending and the Mind’s Hidden Complexities, New York, Basic Books, 2002, qui, bien que déjà ancien, fit date. Il ne s’agit pas de dire ici que Derrida développe une conception connexionniste ou plutôt ici interactionniste du langage – ce qui ne l’aurait d’ailleurs sans doute pas beaucoup enthousiasmé. Rappelons que ces modèles ont vocation à rendre compte de l’usage standard de la langue, et non d’une forme particulière de textualité comme c’est le cas ici. Mais ce type de modèles, dans leur volonté de se départir d’une conception générativiste et syntaxique du langage, et plus encore, les modèles hybridant philosophie et neurosciences, comme c’est le cas pour Francisco Varela, que l’on a évoqué supra, nous paraissent, dans le champ de la linguistique, les plus proches de ce que nous tentons de décrire et du mode de fonctionnement du langage impliqué par l’usage que Derrida fait de la métaphore.
-
[202]
Voir Michel Foucault, Les Mots et les Choses, Paris, Gallimard, (1966) 1990, p. 97 ; et Mathilde Vallespir, « Connexion syntaxique et logique poétique : d’une logique d’atténuation », dans Vân Dung Le Flanchec et Claire Stolz (dir.), Styles, genres, auteurs, n° 6, Paris, Sorbonne Université Presses, 2006, p. 153-169, p. 155, note 10.
-
[203]
Dans la distinction de ces différents cas de figure, on tombe immanquablement sur la difficulté propre au fossé existant entre le caractère rudimentaire du modèle propositionnel A est X, et le caractère infiniment varié et complexe des structures syntaxiques auxquelles on est censé le rapporter.
-
[204]
Voir Mathilde Vallespir, « Relire et réécrire le concept : l’exemple du pharmakon dans La Dissémination de Jacques Derrida », dans Frédéric Cossutta (dir.), Les Concepts en philosophie – une approche discursive, Limoges, Lambert-Lucas, 2020, p. 145-162.
-
[205]
Voir Jacques Derrida, La Dissémination, op. cit., p. 211.
-
[206]
Ibid., p. 119.
-
[207]
Celle-ci en effet ne paraît pas évidente, si ce n’est que le philosophème paraît délesté de l’atavisme idéaliste dont est l’objet le concept ; la notion, donnée pour datant du xixe siècle par le TLFi, est définie dans ce dernier comme « thèse, proposition philosophique » – ce qui n’en fait donc pas un parasynonyme de « concept ». Pourtant, la proximité, du fait de son suffixe, avec nombre de concepts structuraux, désignant des unités de différents types (morphèmes, monèmes, mythèmes), pourrait en faire un de ses parasynonymes, entendu comme unité philosophique, unité de pensée.
-
[208]
Voir Mathilde Vallespir, « Relire et réécrire le concept : l’exemple du pharmakon dans La Dissémination de Jacques Derrida », dans Frédéric Cossutta (dir.), Les Concepts en philosophie – une approche discursive, op. cit., p. 145-162, et Jacques Derrida, La Dissémination, op. cit., p. 128.
-
[209]
Ce que Frédéric Cossutta formule autrement dans Éléments pour la lecture des textes philosophiques, op. cit., p. 69 : « La philosophie se caractérise par l’auto-explication de ses catégories sémantiques. »
-
[210]
Jacques Derrida, La Dissémination, op. cit., p. 426.
-
[211]
Voir ibid., p. 224, note 7, où Derrida précise à l’attention de détracteurs virtuels que « ce qui se poursuit […], c’est un déplacement de l’écriture, la transformation et la généralisation systématiques de son concept. L’ancienne opposition de la parole et de l’écriture n’a plus aucune pertinence pour contrôler le texte qui délibérément se construit. »
-
[212]
Frédéric Cossutta distingue pour sa part concepts « signés », c’est-à-dire liés à un philosophe, tel celui de « monade » chez Leibniz, concepts « marqués », inscrits dans un développement doctrinal particulier (par exemple, le concept de « style » chez Gilles-Gaston Granger), et concepts « non marqués » (c’est-à-dire non liés à un développement doctrinal particulier), tels que le concept de « matière » ou « substance » sans autre précision (Voir séminaire du Gradphi, Groupe d’analyse du discours philosophique, année 2017).
-
[213]
Voir le chapitre 2 de cet essai.
-
[214]
Jacques Derrida, La Dissémination, op. cit., p. 95. Derrida invite aussi parfois à dépasser la métaphore (voir ibid, p. 67, en note : « Il s’agit au contraire d’amorcer une articulation avec le mouvement de la science génétique et avec le mouvement génétique de la science, partout où celle-ci doit compter, plus que métaphoriquement, avec les problèmes de l’écriture et de la différence, avec la différance séminale. »)
-
[215]
Voir Luce Irigaray, Speculum. De l’autre femme, Paris, Galilée, 1974, par exemple p. 316 : « Produit de coulure de l’avant ou de l’après (du) coup. » La forme « du », mise entre parenthèses, par la double lecture qu’elle programme, avec ou sans le « du », contribue à défiger le tour lexicalisé « après coup », de même que son emploi en alternative avec « avant coup ». Ce défigement n’est pas sans faire résonner la façon dont Derrida mobilise la lexie « coup ». Ceci témoigne à la fois de l’influence de Derrida sur Irigaray et sur son écriture (on pourrait relever d’ailleurs d’autres traits dont on peut penser qu’elle les lui emprunte, tels que l’usage des parenthèses, comme dans l’extrait cité, celui du futur antérieur (ibid., p. 165, « Toute théorie du “sujet” aura toujours été appropriée au “masculin” », d’autant plus en vue que la phrase ouvre la section « Speculum », mais aussi p. 282, en début de chapitre aussi, comme pour le souligner volontairement : « Ainsi la femme n’aura pas encore eu (de) lieu » – qui résonne directement avec « la femme n’aura donc pas été mon sujet » (Jacques Derrida, Éperons. Les styles de Nietzsche, op. cit., p. 100, livre publié plus tard mais, rappelons-le, issu d’une conférence à Cerisy antérieure au livre de Luce Irigaray) ; également l’usage de l’épanorthose et de la paronomase, sur lesquels nous reviendrons toutefois. Au-delà de l’idée d’une influence d’un philosophe sur une autre, il faut voir ici, pour l’emploi de coup, autre chose : du fait aussi du caractère courant du mot, une fois le travail sur ce dernier connu, il n’est plus possible de traiter le terme innocemment, comme si de rien n’était, en le laissant à son figement. Signe de la puissance de l’effet produit par un tel jeu défigeant. Voir aussi la préface à Éperons. Les styles de Nietzsche, de Stefano Agosti (Éperons. Les styles de Nietzsche, op. cit, p. 7 à 21), intitulée « coup sur coup », dont les premières pages figurent une variation autour du mot « coup » et de ses différents emplois par Derrida.
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[216]
Notons que dans son ouvrage Le Vocabulaire de Derrida (Paris, Ellipse, 2001), Charles Ramond intègre « coup de donc » (ibid., p. 18-19) ; c’est ainsi qu’il donne un statut « conceptuel », avec tous les guillemets qu’on peut mettre à cet adjectif quand il s’agit de l’œuvre de Derrida, à la lexie ; métaphore et concept ne sont ici donc pas distingués. Par ailleurs, rappelons que cette opérativité méta-analytique constitue sans doute, on l’a vu supra, une des caractéristiques de ces concepts anti-concept, ou concepts renouvelés de cette philosophie des années 1970, tels que la syncope chez Jean-Luc Nancy, le rhizome ou la déterritorialisation deleuziens. Tous pourraient être définis comme des schèmes constitués contre la « structure », c’est-à-dire l’agencement structural oppositif totalisant – tenu par cette philosophie comme totalitaire.
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Ainsi Derrida l’explique-t-il dans la « Lettre à un ami japonais », Psyché. L’invention de l’autre, Paris, Galilée, 1987, p. 387-393, p. 392, où il évoque le mot déconstruction : « Pour moi, pour ce que j’ai tenté et tente encore d’écrire, il n’a d’intérêt que dans un certain contexte où il remplace et se laisse déterminer par tant d’autres mots, par exemple “écriture”, “trace”, “différance”, “supplément”, “hymen”, “pharmakon”, “marge », “entame”, “parergon”, etc. Par définition, la liste ne peut être close et je n’ai cité que des noms – ce qui est insuffisant et seulement économique. En fait il aurait fallu citer des phrases et des enchaînements de phrases qui à leur tour déterminent, dans certains de mes textes, ces noms-là. »
La métaphore est un lieu de cristallisation de tension et de polémique pour la philosophie. Qu’elle soit tenue pour invasive dans la langue et pour propre à dénaturer le discours philosophique, ou au contraire, pour apte à le régénérer, elle trouble ce dernier. Cette réversibilité de valeur est intimement liée à la façon dont cette figure est envisagée. Et cette définition de la figure engage à son tour celle du langage, elle-même conditionnant la définition de l’unité lexicale sur laquelle se construit la philosophie : le concept.
C’est ce nœud complexe que nous souhaiterions défaire ici, en tentant de mettre à nu tout d’abord les raisons pour lesquelles le discours philosophique tente d’évincer la figure, puis en mettant en valeur le contexte historique dans lequel la figure peut être investie d’un rôle déterminant dans le renouvellement du discours philosophique, enfin, en montrant la façon dont se joue le renouvellement de ce dernier via la métaphore, ou plutôt, en étudiant les usages de la métaphore dans ce discours et l’exploitation des possibilités qu’offre la figure pour reconfigurer la conceptualité philosophique.
Comme nous l’avons déjà souligné supra, la philosophie comme type de discours institué vise à exclure la métaphore. C’est d’ailleurs là le sort réservé à la figuralité rhétorique tout entière : en effet, l’usage des figures, parce qu’il suppose une certaine épaisseur du langage, contrevient à la conception de ce dernier comme simple véhicule de la pensée, conception majoritaire dans le type de discours philosophique, comme nous l’avons vu en introduction…
Date de mise en ligne : 12/09/2022
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