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Chapitre IX. Roi de guerre, roi de gloire

Pages 219 à 244

Citer ce chapitre


  • Cornette, J.
(2023). Chapitre IX. Roi de guerre, roi de gloire. La mort de Louis XIV : Apogée et crépuscule de la royauté (1er septembre 1715) (p. 219-244). Gallimard. https://shs.cairn.info/la-mort-de-louis-xiv-apogee-et-crepuscule-de-la-royaute-1er-septembre-1715--9782073001474-page-219?lang=fr.

  • Cornette, Joël.
« Chapitre IX. Roi de guerre, roi de gloire ». La mort de Louis XIV Apogée et crépuscule de la royauté (1er septembre 1715) Gallimard, 2023. p.219-244. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/la-mort-de-louis-xiv-apogee-et-crepuscule-de-la-royaute-1er-septembre-1715--9782073001474-page-219?lang=fr.

  • CORNETTE, Joël,
2023. Chapitre IX. Roi de guerre, roi de gloire. In : La mort de Louis XIV Apogée et crépuscule de la royauté (1er septembre 1715) Paris : Gallimard. Folio Histoire, p.219-244. URL : https://shs.cairn.info/la-mort-de-louis-xiv-apogee-et-crepuscule-de-la-royaute-1er-septembre-1715--9782073001474-page-219?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Joël Cornette, Le Roi de guerre. Essai sur la souveraineté dans la France du Grand Siècle, Paris, Payot, 1993.
  • [2]
    John Lynn, Giant of the Grand Siècle : The French Army, 1610-1715, Cambridge, Cambridge University Press, 1997.
  • [3]
    Jean Bacquet, Trois premiers traictez […] des droicts du domaine de la Couronne de France, avec l’establissement et juridiction de la Chambre du Trésor […], Paris, 1580.
  • [4]
    Nicolas Le Roux, La Faveur du roi. Mignons et courtisans au temps des derniers Valois (vers 1547-vers 1589), Seyssel, Champ Vallon, 2001.
  • [5]
    Thierry Bajou, La Peinture à Versailles. xviie siècle, Paris, Réunion des musées nationaux, 1998, p. 264.
  • [6]
    Racine, Éloge historique du roi sur ses conquêtes depuis l’année 1672 jusqu’en 1678, in Œuvres complètes, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », t. II, 1952, p. 210-211.
  • [7]
    François Charpentier, Discours prononcez à l’Académie françoise, le septième février 1689, à la réception de M. de Callières et de M. l’abbé Renaudot, Paris, J.-B. Coignard, 1689, p. 72-75. Voir Pierre Zoberman, Les Panégyriques du roi prononcés dans l’Académie française. Édition critique, Paris, Presses de l’université de Paris-Sorbonne, 1991.
  • [8]
    Racine, Correspondance, in Œuvres complètes, op. cit., t. II, p. 475-477 (lettre à Boileau, écrite à Luxembourg, le 24 mai 1687).
  • [9]
    Christian Jouhaud, Les Pouvoirs de la littérature. Histoire d’un paradoxe, Paris, Gallimard, 2000, p. 151.
  • [10]
    Texte analysé par Louis Marin dans Le Portrait du roi, op. cit.
  • [11]
    Lettre de Chapelain à Colbert, 18 septembre 1662, cité par Jacob Soll, The Information Master. Jean-Baptiste Colbert’s Secret State Intelligence System, Ann Arbor, The University of Michigan Press, 2009, p. 227.
  • [12]
    La Route du Nord. Van der Meulen. Dessins et soies peintes, cat. exp., Beauvais, 1991. Voir aussi les reproductions des croquis de Charles Le Brun in Fabian Stein, Charles Le Brun. La tenture de l’Histoire du Roy, Worms, Wernersche Verlagsgesellschaft, 1985.
  • [13]
    Cité par Emmanuel Coquery, « Le portrait de Louis », in Visages du Grand Siècle. Le portrait français sous le règne de Louis XIV, 1660-1715, Paris, Somogy, 1997, p. 85.
  • [14]
    Selon le mot d’Ézéchiel Spanheim, Relation de la cour de France, op. cit, p. 109.
  • [15]
    François-Séaphin Régnier-Desmarais, Description du monument érigé à la gloire du Roy par M. Le Maréchal duc de La Feuillade, avec les inscriptions de tout l’ouvrage, Paris, 1686.
  • [16]
    Citation extraite d’une lettre de Cronström à Tessin, 5 juin 1699, L’Art en France et en Suède, 1693-1718. Extraits d’une correspondance entre l’architecte Nicodème Tessin le Jeune et Daniel Cronström, publiés par Roger-Armand Weigert et Carl Hernmarck, Stockholm, 1964, p. 229-231.
  • [17]
    Hendrik Ziegler, Louis XIV et ses ennemis. Image, propagande et contestation, Paris, Centre allemand d’histoire de l’art, Centre de recherche du château de Versailles, Presses universitaires de Vincennes, 2013, p. 95-181. « Le “prince idolâtre”. Les monuments royaux sous le feu des critiques ».
  • [18]
    Extrait du journal manuscrit d’Antoine Bruneau (avocat), Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire, 1843-1844.
  • [19]
    Michel Martin, Les Monuments équestres de Louis XIV. Une grande entreprise de propagande monarchique, Paris, Picard, 1986.
  • [20]
    Antoine Coutelle, Poitiers au xviie siècle. Les pratiques culturelles d’une élite urbaine, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2014, p. 253-279.
  • [21]
    Cité par A. Coutelle, ibid., p. 275.
  • [22]
    Georges Livet, L’Équilibre européen de la fin du xve à la fin du xviiie siècle, Paris, PUF, 1976, p. 94.
  • [23]
    Arnaud Van Parys, Le Siège de Mons de 1691. Réalités et représentations, master, université de Paris-VIII, 2013.
  • [24]
    Lettre du 13 juin 1693. Pour replacer ce départ de Louis XIV dans l’histoire longue de la présence royale à la guerre, voir J. Cornette, Le Roi de guerre, op. cit., en particulier le chapitre vi.
  • [25]
    Saint-Simon, Mémoires, op. cit., éd. Pléiade, t. IV, p. 944-945.
  • [26]
    Et, du reste, après cette victoire, Monsieur ne commanda plus jamais d’armée…
  • [27]
    Dangeau, cité par Camille Rousset, Histoire de Louvois et de son administration militaire, Paris, 1886, 2 vol., t. II, p. 227.
  • [28]
    André Corvisier, Louvois, Paris, Fayard, 1983, p. 474-475.
  • [29]
    Mémoires du marquis de Sourches, sur le règne de Louis XIV, Paris, 1882-1912, 13 vol., t. XIII, p. 379.
  • [30]
    Cité in E. Pénicaut, Pouvoir et faveur au tournant du Grand Siècle, op. cit., p. 191.
  • [31]
    Sur ce sujet, voir Thierry Sarmant et Pierre Waksman, « The King and his Generals : The Military correspondance of Louis XIV in 1696 », French History, juin 2008, p. 156-174.
  • [32]
    E. Pénicaut, Pouvoir et faveur au tournant du Grand Siècle, op. cit., p. 198.
  • [33]
    Cité par Alexandre Maral, Le Roi-Soleil et Dieu, Paris, Perrin, 2012, p. 211.
  • [34]
    Il s’agit de la reprise du verset 13 du chapitre x du livre de Josué relatant la lutte victorieuse contre le roi Adonisédek. Au cours du combat, Dieu aurait arrêté le soleil pour prolonger la journée et permettre ainsi à Josué de remporter la victoire : Stetit sol in medio coeli (« Le soleil s’arrêta au milieu du ciel »).
  • [35]
    Pour la mise au point, sans doute définitive, de cet épineux dossier, voir Charles-Édouard Levillain, « Stetit sol in caelo. Les préparatifs de la guerre de Hollande à l’aune d’un incident diplomatique (1669-1670) », in Lucien Bély et Géraud Poumarède (dir.), L’Incident diplomatique, xvie-xviiie siècle, Paris, Pedone, 2010, p. 260-280.
  • [36]
    Voir à ce propos Paul Sonnino, Louis XIV and the Origins of the Dutch War, Cambridge, Cambridge University Press, 2003 (3e éd.).
  • [37]
    Robert Sauzet, Le Notaire et son roi. Étienne Borelly (1633-1718), Un Nîmois sous Louis XIV, Paris, Plon, 1998.
  • [38]
    Mme de Sévigné à Mme de Grignan, lettre du 13 juin 1685, in Lettres de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, à sa fille et à ses amis, Paris, 1861, t. VIII, p. 94.
  • [39]
    Cité par Isaure Boitel-Devauchelle, L’Image noire de Louis XIV. Provinces-Unies, Angleterre, France (1668-1715), thèse de doctorat, Paris VIII – Vincennes-Saint-Denis, 2014, p. 178.

Dans mon livre Le Roi de guerre, j’ai décrit la force et l’ancienneté des relations instituées entre la guerre et la construction de l’État, la guerre et l’affirmation de la souveraineté. On peut soutenir, en effet, qu’à partir du règne fondateur de Philippe Auguste (1180-1223), vainqueur à Bouvines, le dimanche 27 juillet 1214, de l’empereur Othon IV et de ses alliés, la croissance territoriale et administrative de l’État de police, de justice et de finances et celle de l’État militaire allèrent de pair. Deux siècles plus tard, à la fin de la guerre de Cent Ans, en 1439, la monarchie décida le prélèvement régulier et annuel de la taille, impôt pesant sur les biens roturiers (dans la France du Sud) et sur les facultés personnelles des taillables (dans la France du Nord). Or l’institutionnalisation de la taille coïncidait avec la mise en place, par Charles VII, d’une armée permanente affectée notamment à la défense du royaume (l’année 1445 vit la création des compagnies d’ordonnance). Ces deux piliers de l’État moderne – l’impôt, l’armée – étaient justifiés l’un par l’autre : on assiste, tout au long de l’Ancien Régime, à une sorte de « fuite en avant », dans la mesure où l’entretien de l’armée, devenue le « Géant du Grand Siècle », comme on l’a vu, engagée dans des guerres à répétition, se révèle vite d’un coût surdimensionné par rapport aux capacités financières de la monarchie.
Dans cette dérive, la place du roi est évidemment centrale : la guerre fut à l’origine et la justification même de sa légitimité, de sa sacralité…


Date de mise en ligne : 27/10/2023

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