L’éthique environnementale en perspective
- Par Julien Delord
Pages 231 à 237
Citer ce chapitre
- DELORD, Julien,
- JOURNET, Nicolas,
- Delord, Julien.
- Delord, J.
- N. Journet
https://doi.org/10.3917/sh.journ.2012.01.0231
Citer ce chapitre
- Delord, J.
- N. Journet
- Delord, Julien.
- DELORD, Julien,
- JOURNET, Nicolas,
https://doi.org/10.3917/sh.journ.2012.01.0231
Notes
-
[1]
D. Birnbacher, La Responsabilité envers les générations futures, Puf, 1994.
-
[2]
A. Leopold, Almanach d’un comté des sables, 1948, Aubier, 1993.
-
[3]
C. et R. Larrère, Du bon usage de la nature. Pour une philosophie de l’environnement, Aubier, 1997.
-
[4]
L. Ferry, Le Nouvel Ordre écologique. L’arbre, l’animal et l’homme, Grasset, 1992.
-
[5]
M. Serres, Le Contrat naturel, Bourin/Julliard, 1990.
-
[6]
H. Jonas, Le Principe de responsabilité. Une éthique pour la civilisation technologique, Le Cerf, 1997.
-
[7]
B. Latour, Politiques de la nature. Comment faire entrer les sciences en démocratie, La Découverte, 2001.
« Sans doute était-ce le premier devoir. (…) Il fallait civiliser l’homme du côté de l’homme. La tâche est avancée déjà et fait des progrès chaque jour. Mais il faut aussi civiliser l’homme du côté de la nature. Là tout est à faire. »
Cet aphorisme de Victor Hugo résume l’ambition de l’éthique environnementale, civiliser l’homme du côté de la nature. Certains ne manqueront pas de juger le projet paradoxal, voire provocateur, tant l’entreprise de civilisation de l’homme occidental semble au contraire s’être bâtie contre la nature et ses normes. Pourtant, les excès en tout genre de nos sociétés modernes semblent donner aujourd’hui plus d’arguments que jamais aux partisans d’une approche morale de l’environnement.
Une approche dont les lointaines racines sont avant tout à rechercher dans les mythes et les religions. L’Ancien Testament témoigne déjà dans ses différents principes de l’ambivalence des relations entre l’homme et la nature au temps des premières tribus hébraïques. La plus ancienne version de la Genèse expose une conception édénique de ce rapport (« Dieu prit l’homme et le plaça dans le jardin d’Eden pour le cultiver et pour le garder (Gn 2, 15) »), alors qu’une version ultérieure, plus humainement égoïste, enjoint à l’homme et à la femme, selon le verbe divin, d’être féconds, de remplir la terre, de la soumettre et de dominer sur les animaux (Gn 1, 28).
Mais c’est seulement au xixe siècle qu’émerge une sensibilité proprement environnementaliste, basée sur des préoccupations en premier lieu d’ordre esthétique, avec le mouvement romantique, puis d’ordre scientifique, avec la constitution de l’écologie, mot inventé en 1866 par Ernst Haeckel…
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