31 janvier
- Par Claire Bonnelle
Pages 260 à 267
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- BONNELLE, Claire,
- Bonnelle, Claire.
- Bonnelle, C.
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Tout est blanc. La neige recouvre les montagnes et les vallées, les forêts et les villages qu’Adèle traverse, jusqu’aux poteaux de signalisation, aux piquets de clôture, aux fils électriques. Le monde scintille piqué par le froid. C’est beau, somptueux, mais il n’y a plus aucun nuage. Le ciel est bleu foncé, limpide. Elle aurait voulu aujourd’hui, comme hier, des affrontements de masse, des tourbillons, des wagons de nuages qui se remplacent et se disputent. Du mouvement, de la vie quoi ! N’est-ce pas regrettable de travailler dans le département le plus ensoleillé de France quand on a, comme elle, un besoin vital de nuages, quand la rêverie qu’ils procurent nous est aussi indispensable que le sel dans le pain ? Adèle réfléchit. Ne ferait-elle pas mieux d’émigrer vers un ailleurs plus humide ?
Ils sont là tous les deux dans la salle d’attente, côte à côte, serrés contre le radiateur, ils se parlent. Myriam, royale comme à son habitude, est emmitouflée dans une large écharpe rouge qui fait trois fois le tour de ses épaules, chaussée de bottines à lacets. Olivier, mal rasé, vêtu d’habits de chantier sur lesquels il a passé une doudoune, porte de grosses bottes de neige en cuir. Adèle propose un café. Ils acceptent et poursuivent leur échange pendant qu’elle s’active à la cuisine. Rien ne presse.
Myriam veut rédiger un protocole car, explique-t‑elle, la caf peut lui verser une allocation si elle fournit un jugement ou un accord de médiation qui dit qu’Olivier ne peut rien payer…
Date de mise en ligne : 12/03/2019
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