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2. La construction biographique du souverain carolingien

Pages 119 à 152

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  • Iogna-Prat, D.
(2009). 2. La construction biographique du souverain carolingien. La Maison Dieu : Une histoire monumentale de l'Eglise au Moyen Age (v. 800-v. 1200) (p. 119-152). Le Seuil. https://shs.cairn.info/la-maison-dieu-une-histoire-monumentale-de-l-eglise-au-moyen-age-v-800-v-1200--9782020862578-page-119?lang=fr.

  • Iogna-Prat, Dominique.
« 2. La construction biographique du souverain carolingien ». La Maison Dieu Une histoire monumentale de l'Eglise au Moyen Age (v. 800-v. 1200) Le Seuil, 2009. p.119-152. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/la-maison-dieu-une-histoire-monumentale-de-l-eglise-au-moyen-age-v-800-v-1200--9782020862578-page-119?lang=fr.

  • IOGNA-PRAT, Dominique,
2009. 2. La construction biographique du souverain carolingien. In : La Maison Dieu Une histoire monumentale de l'Eglise au Moyen Age (v. 800-v. 1200) Paris : Le Seuil. L'Univers historique, p.119-152. URL : https://shs.cairn.info/la-maison-dieu-une-histoire-monumentale-de-l-eglise-au-moyen-age-v-800-v-1200--9782020862578-page-119?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Présentation d’ensemble de cette production littéraire par F. Brunhölzl, Geschichte der lateinischen Literatur des Mittelalters, p. 243 s., que, pour les Vies de Louis le Pieux, l’on complétera par les études d’E. Tremp, Studien zu den Gesta Hludowici imperatoris des Trieres Chorbischoffs Thegan, Hannover, 1988 (MGH, Schriften, 32) ; Id., « Thegan und Astronomus » ; Id., Die Überlieferung der Vita Hludowici imperatoris des Astronomus, Hannover, 1991 (MGH, Studien und Texte, 1). Le meilleur traitement de la matière idéologique offerte par les panégyriques se trouve dans l’étude de P. Godman, Poets and Emperors, qui offre une vision d’ensemble de la foisonnante production des encomia à l’époque carolingienne. Pour un traitement typologique de la biographie à l’époque carolingienne, on ne manquera pas de se reporter à W. Berschin, Biographie und Epochenstil, III, spéc. p. 199 s. (Éginhard), p. 217-218 (la Vita Karoli dans l’histoire de la « Herrscher Biographie ») et p. 220 s. (biographies de Louis le Pieux). Pour une réévaluation des rapports poètes-historiens, on pourra aussi se reporter à Ph. Depreux, « Poètes et historiens au temps de l’empereur Louis le Pieux », dans Le Moyen Âge 99 (1993), p. 311-332. Enfin, les essais regroupés dans Historiographie im frühen Mittelalter, éd. A. Scharer, G. Scheibelreiter, Wien-München, 1994 (Veröffentlichungen des Instituts für Österreichische Geschichtsforschung, 32), offriront une commode entrée en matière pour les questions relatives à l’écriture de l’histoire au haut Moyen Âge.
  • [2]
    Qu’il suffise de citer les études de référence de P. Lehmann, « Das literarische Bild » et de H. Siemes, Beiträge zum literarischen Bild Kaiser Ludwigs des Frommen in der Karolingerzeit, Dissertation, Freiburg i. B., 1966.
  • [3]
    On trouvera une analyse du tournant littéraire marqué par la Vita Karoli dans D. Ganz, Einhard’s Charlemagne : the Characterization of Greatness, dans Charlemagne, Empire and Society, chap. 3, p. 38-51.
  • [4]
    Ce point intriguant a déjà été noté par H. Löwe, « Geschichtsschreibung der ausgehenden Karolingerzeit », dans Deutsches Archiv 23 (1967), p. 1-30 (p. 11). Sur ce phénomène, qui relève d’une véritable « Epochengrenze » située au milieu de l’époque carolingienne : W. Berschin, Biographie und Epochenstil, III, p. 337 s.
  • [5]
    Discussion de la date de composition du texte dans M. Innes, R. McKitterick, « The Writing of History », p. 204 s. ; contra : P.E. Dutton, Charlemagne’s Courtier. The Complete Einhard, Peterborough, Ontario, 1998, tenant d’une datation plus tardive, en 826.
  • [6]
    Sur le contexte dans lequel ces deux œuvres ont été composées : E. Tremp, « Thegan und Astronomus ». H. Doherty, The Maintenance of Royal Power and Prestige in the Carolingian Regnum of Aquitaine under Louis the Pious, unpublished Dissertation, Cambridge, 1997, p. 57 s., propose la date de 843 et voit en Drogon « the guiding hand » de l’Astronome.
  • [7]
    Nithard, De dissensionibus filiorum Hludowici, éd. et trad. Ph. Lauer, Paris, 1926 (Les classiques de l’histoire de France au Moyen Âge) ; Notker le Bègue, Gesta Karoli, MGH, SRG, n.s. 12. L’expression « révisionnisme littéraire » est empruntée à D. Ganz, « Charlemagne in Hell », dans Florilegium 17 (2000), p. 175-194 (p. 177).
  • [8]
    W. Wilhen, Geschichtsschreibung und Staatsauffassung im Zeitalter Ludwig des Frommen, Lübeck-Hamburg, 1970 (Historische Studien, 418) ; M. Innes, R. McKitterick, « The Writing of History », p. 203.
  • [9]
    Annales regni Francorum qui dicuntur Einhardi, MGH, SRG, 6 ; Poeta Saxo, Annales de gestis Karoli magni ; Fréculphe de Lisieux, Historiae ; Paul Diacre, Gesta episcoporum Mettensium ; sur ce dernier texte : D. Kempf, « Paul the Deacon’s Liber de episcopis Mettensibus and the role of Metz in the Carolingian realm », dans Journal of Medieval History 30 (2004), p. 279-299.
  • [10]
    R. McKitterick, « L’idéologie politique dans l’historiographie carolingienne », dans La royauté et les élites dans l’Europe carolingienne (du début du ixe siècle aux environs de 920), éd. R. Le Jan, Lille, 1998 (Centre d’histoire de l’Europe du Nord-Ouest, 17), p. 59-70 (p. 59-60) ; M. Innes, R. McKitterick, « The Writing of History », p. 210.
  • [11]
    Ermold le Noir, In honorem, v. 2062-2163 ; sur ce cycle, voir l’étude classique de W. Lammers, « Ein karolingisches Bildprogramm in der Aula regia von Ingelheim », dans Festschrift für H. Heimpel zum 70. Geburtstag, III, Göttingen, 1972 (Veröffentlichungen des Max-Planck-Instituts für Geschichte, 36/III), p. 226-289 [repris dans Vestigia Mediaevalia. Ausgewählte Aufsätze zur mittelalterlichen Historiographie, Landes- und Kirchengeschichte, Wiesbaden, 1979 (Frankfurter Historische Abhandlungen, 19), p. 219-283)].
  • [12]
    Ps 86,1 (David) : « Fundamenta eius in montis sacris » ; II Chr. 3,3 : « Et haec sunt fundamenta quae iacet Salomon, ut aedificaret domum Dei » ; sur la dimension davidique de la royauté carolingienne : R. Folz, Le couronnement impérial de Charlemagne, Paris, 1964 (Trente journées qui ont fait la France), p. 118-120.
  • [13]
    Alcuin, Ep. 145, MGH, Ep. 4, p. 231-235 (ici p. 235) ; Amalaire, Liber officialis, p. 21 ; Thégan, Gesta, 16, p. 196 ; Ermold le Noir, In honorem, v. 916. Voir également les références signalées par P. Lehmann, « Das literarische Bild », p. 157.
  • [14]
    On trouvera d’autres exemples, tirés des poètes carolingiens, dans P. Godman, Poets and Emperors, p. 66-68, 74, 79, 156-158 et 174-175 ; sur l’importance de la référence à Salomon dans les représentations souveraines sous le règne de Charles le Chauve – particulièrement frappante dans la Bible de Saint-Paul-hors-les-murs (Roma, Abbazia di San Paolo fuori le mura, 1, fol. 188), où Salomon est figuré couronné comme un souverain carolingien –, voir N. Staubach, Rex Christianus, p. 84 et 283-334.
  • [15]
    À cet épisode célèbre, on peut ajouter l’exemple de la princesse Anicia Juliana, qui fait placer une inscription dans l’église Saint-Polyeucte, qu’elle a fait construire entre 524-527 : « Elle seule a vaincu le temps, surpassé la sagesse du fameux Salomon et bâti une église comme demeure de Dieu » ; cité par G. Binding, Der früh- und hochmittelalterliche Bauherr, p. 340.
  • [16]
    M. Bloch, « La vie d’outre-tombe du roi Salomon », dans Mélanges historiques, éd. S. Fleury, Paris, 1963, II, p. 920-938.
  • [17]
    Gen. 10-11 ; Flavius Josèphe, Antiquitates I, iv, 2 ; Isidore de Séville, Etym. VII, 6, 22 et XV, 1, 4 ; Id., Quaestiones in uetus testamentum, IX, PL 83, col. 237 B-238 A (qui s’inspire en partie de Jérôme, Liber de nominibus hebraicis) ; Raban Maur, De Universo II, 1, PL 111, col. 35 A-B ; Id., Commentariorum in Genesim, XI, PL 107, col. 528 A-B (qui reprend les Quaestiones d’Isidore) ; on peut y ajouter une mention chez Fréculphe de Lisieux, Historiae, I, 1, 28, p. 58-61. Sur l’exploitation de Nemrod comme figure du prince brutal et tyrannique, voir R. Pletl, Irdisches Regnum in der mittelalterlichen Exegese. Ein Beitrag zur exegetischen Lexikographie und ihren Herrschaftsvorstellungen (7.-13. Jahrhundert), Frankfurt a. M., 2000 (Europäische Hochschulschriften), p. 155-158 et Ph. Buc, L’ambiguïté du Livre. Prince, pouvoir et peuple dans les Commentaires de la Bible au Moyen Âge, Paris, 1994 (Théologie historique, 95), p. 237.
  • [18]
    Walahfrid Strabon, De imagine tetrici, v. 102-109, MGH, PLAC, 2, p. 373, cité par G. Bührer-Thierry, « Lumière, pouvoir et sacré », p. 552.
  • [19]
    Ennode de Pavie, Carmen 263, MGH, AA, 7, p. 203-214 (§ 11, p. 210).
  • [20]
    Éginhard, Vita Karoli, 17, p. 50-54, qui emprunte le cadre de la Vita Augusti de Suétone, XIX-XX. Sur Vitruve : E. de Bruyne, Études d’esthétique médiévale, I, p. 243-250.
  • [21]
    Sur l’influence, à l’époque carolingienne, du cycle de vingt poèmes écrits, en 324, par Publilius Optatianus Porphyrius à la louange de Constantin, voir P. Godman, Poets and Emperors, p. 56 s. L’œuvre d’Eusèbe de Césarée est partiellement connue en Occident ; quand il traite de l’époque constantinienne, Fréculphe de Lisieux (Historiae, II, 3, 16 et 21, p. 601, l. 99-100 et p. 609, l. 21-23) mentionne explicitement la Vita Constantini et, bien sûr, l’Histoire ecclésiastique, mais il ignore les panégyriques, si importants pour comprendre le rapport entre floraison monumentale et théologie politique aux origines de l’Empire chrétien ; sur ces panégyriques, voir Eusèbe de Césarée, Louanges de Constantin. Au titre des récits des origines chrétiennes, on peut, outre Fréculphe, mentionner Haymon d’Auxerre (?), Epitome historiae sacrae, VIII, 4, PL 118, col. 861 D-862 A ; il convient de noter, néanmoins, la faible place qu’occupent les réalisations monumentales de Constantin dans ces récits, spécialement chez Fréculphe.
  • [22]
    LP, I, p. 170-187 (sur le Liber pontificalis comme genre littéraire, voir ci-dessous, chap. 3) ; Vita Silvestri, p. 513, l. 35-41 ; Constitutum Constantini, 13, p. 84 (qui, pour ce passage, dépend de la Vita Silvestri).
  • [23]
    Voir Th. Noble, The Republic of St. Peter, p. 323-324 ; contra : M. Luchterhandt, « Famulus Petri – Karl der Große in den römischen Mosaikbilder Leos III. », dans 799. Kunst und Kultur, p. 55-70 (p. 58 s.), qui tient le portrait de Constantin, sur le côté gauche de la mosaïque, pour un ajout du xviie siècle.
  • [24]
    C’est le cas, par exemple, dans Décrétale du Pseudo-Miltiade, De primitiua ecclesia et Synodo Nicena, intégrée aux Fausses Décrétales, collection composée entre 847 et 852, éd. P. Hinschius, Decretales Pseudo-isidorianae, Lipsiae, 1863 (Aalen, 1963), p. 247 ; je remercie M. Lauwers de m’avoir fourni cette indication.
  • [25]
    De ecclesia parisiaca, dans Venance Fortunat, Poèmes, X, v. 19-24. Voir ci-dessus, chap. 1, p. 82.
  • [26]
    Sur cette question : Y. Thomas, « Origine » et « commune patrie ». Étude de droit public romain (89 av. J.-C.-21 apr. J.-C.), École française de Rome, 1996.
  • [27]
    Th. Eichenberger, Patria : Studien zur Bedeutung des Wortes im Mittelalter (6.-12. Jahrhundert), Sigmaringen, 1991 (Nationes, 9), p. 91-95.
  • [28]
    Chroniques asturiennes : Chronique d’Albelda, 44.1, p. 24 (constructions à Oviedo d’Alphonse le Grand) ; Chronique d’Alphonse III, 6.4, p. 44 (premières victoires de Pélage, qui repeuple la patrie et restaure les églises), 9, p. 48 (Fruela, chef d’Église), 14, p. 50 (Alphonse le Grand, constructeur d’églises, de palais, de bains et de magasins à Oviedo) ; 15, p. 54 (Ramiro constructeur de nombreux édifices en dur – calcaire et marbre – et voûtés comme au Naranco).
  • [29]
    Voir les inscriptions éditées et étudiées par F. Diego Santos, Inscripciones medievales de Asturias, Oviedo, 1994, par exemple, p. 37-38, l’inscription par laquelle Alphonse III, en 872-873, fixe sa généalogie en évoquant l’édification de Saint-Sauveur d’Oviedo sous le règne de son aïeul Alphonse le Grand.
  • [30]
    Éginhard, Vita Karoli, 24, p. 70-72.
  • [31]
    Ermold le Noir, In honorem, v. 810-819.
  • [32]
    H.H. Anton, Fürstenspiegel, p. 384 ; M. Reydellet, La royauté dans la littérature latine ; A. Dubreucq, « La littérature des specula ».
  • [33]
    L’image des déplacements « rustiques » (« bulbuco rustico more ») est empruntée à Éginhard, Vita Karoli, 1, p. 10. Le thème du pèlerinage souverain est bien mis en scène par Jonas d’Orléans, De institutione regia, Admonitio, éd. A. Dubreucq, Paris, 1995 (SC, 407), p. 195. Sur la royauté itinérante de sanctuaires en monastères : U. Swinarski, Herrschen mit den Heiligen, et, pour une période un peu plus tardive, J.W. Bernhardt, Itinerant Kingship.
  • [34]
    Ermold le Noir, In honorem, v. 786 et 803 ; U. Swinarski, Herrschen mit den Heiligen, n° 55, p. 379.
  • [35]
    Ermold le Noir, In honorem, v. 1522 s. ; U. Swinarski, Herrschen mit den Heiligen, n° 56, p. 379-380.
  • [36]
    Sedulius Scottus, Liber de rectoribus christianis, 1, éd. S. Hellman, München, 1906 (Quellen und Untersuchungen zur lateinischen Philologie des Mittelalters, I, 1), p. 3.
  • [37]
    La formule « Templorum domini magnus fabricator » est employée par Pierre de Pise, Versus in laude regis, MGH, PLAC, 1, n° 41, p. 74-75, v. 18, qui place Charlemagne dans la ligne de Noé, le constructeur de l’Arche, v. 38.
  • [38]
    MGH, Ep., 4, p. 501-505 (ici p. 503, l. 31-32) : « Paucas firmiter columnas, ut timeo, castra Dei tecum habes sustentare. Sunt autem octo columnae regis iusti propriae », qui s’inspire d’un texte d’origine irlandaise du viie siècle, les Prouerbia Grecorum ; sur ce dernier texte : D. Simpson, « The “Prouerbia Grecorum” », dans Traditio 43 (1987), p. 1-22. Sur Cathwulf : M. Garrison, « Letters to a King and Biblical Exempla : the examples of Cathwulf and Clemens Peregrinus », dans Early Medieval Europe 7 (1998), p. 305-328.
  • [39]
    Ordines Coronationis Franciae, p. 97-109 (§ 4, p. 99) : « … adiutor […] in cuius manu corda sunt regum, et “facit unanimes habitare in domo, soluens medium parietem et faciens utraque unum”… » On notera l’ambiguïté du dernier corps de phrase, qui, jouant habilement d’une référence aux Psaumes (77,55) et à Paul (Éphés. 2,14), renvoie tout aussi bien à la séparation entre ici-bas et au-delà, abolie par le Christ, qu’à la réunion, dans le cadre de l’église, des deux parts constituées des clercs et des laïcs.
  • [40]
    MGH, Conc., Suppl., 3, n° 41, p. 408-427 (p. 411-412) : « Propterea talia prohibete, compescite et sedate, quoniam palatium uestrum debet esse sacrum et non sacrilegum. Palatium enim regis dicitur propter rationabiles homines inhabitantes, et non propter parietes insensibiles siue macerias. »
  • [41]
    Ordines Coronationis Franciae, § 24, p. 107 : « circumdat te [Dominus] felici muro custodiae suae protectionis, sanctae Mariae, et omnium sanctorum intercedentibus meritis ». Sur l’idéal du prince bâtisseur ou restaurateur d’églises, voir la liste, quasi litanique, des actes souverains dressée par Alcuin, Ep. 177, MGH, Ep., 4, p. 292-293 (p. 293, l. 11-12) : « iter agere, regna gubernare, iustitias facere, ecclesias renouare, populum corrigere… », cité par H.H. Anton, Fürstenspiegel, p. 105. Sur les lieux d’assistance, il suffira de renvoyer aux décrets des conciles carolingiens, par exemple les c. 23 des conciles de Rome, en 826 et 853 : MGH, Conc., 2, n° 46, p. 576-577 et Suppl., 3, n° 32, p. 324.
  • [42]
    Jean Scot, Aulae siderae, v. 84 et 98 s.
  • [43]
    Annonce du plan de l’ouvrage : Éginhard, Vita Karoli, 4, p. 16.
  • [44]
    Éginhard, Vita Karoli, 17, p. 50 s.
  • [45]
    Astronome, Vita Hludowici, 9, p. 308, 14, p. 320, et 20, p. 344 ; l’expression « regni corpus » se trouve chez Éginhard, Vita Karoli, 3, p. 14.
  • [46]
    On reviendra plus loin sur l’importance du rituel laïque de la chasse ; sur l’articulation chasse/guerre, sous la plume des poètes : P. Godman, Poets and Emperors, p. 96.
  • [47]
    Éginhard, Vita Karoli, 16, p. 44-46.
  • [48]
    Ermold le Noir, In honorem, v. 1116-1117 et 2254-2255 (dons de la terre franque), v. 1740-1741 (inhumation rituelle des Francs).
  • [49]
    Ibid., v. 1272-1273 et 1304-1305.
  • [50]
    Ibid., v. 1592-1593 et 1604.
  • [51]
    Éginhard, Vita Karoli, 7, p. 22-26.
  • [52]
    Poeta Saxo, Annales, v. 669, p. 71.
  • [53]
    Ermold le Noir, In honorem, v. 89-571.
  • [54]
    Vita sancti Willehadi, p. 843 s.
  • [55]
    Ermold le Noir, In honorem, v. 1782 s.
  • [56]
    Sur la progressive acception spatiale du terme « christianitas », voir ci-dessous, p. 142, n. 1, et chap. 3.
  • [57]
    Éginhard, Vita Karoli, 16, p. 46 et 27, p. 78.
  • [58]
    Ermold le Noir, In honorem, v. 17 et 25-27.
  • [59]
    Astronome, Vita Hludowici, 37, p. 420, 58, p. 518-522 (une comète, présage de la mort du souverain), 62, p. 544 (éclipse à la mort de Louis).
  • [60]
    Jean Scot, Aulae siderae, v. 18 et 33 ; sur la correspondance maison de Dieu/Cosmos/aula siderea : N. Staubach, Rex Christianus, p. 84.
  • [61]
    L’architecture idéale des visions attend encore son historien. On trouvera une excellente introduction à la littérature médiévale des visions dans C. Carozzi, Le voyage de l’âme dans l’au-delà d’après la littérature latine (ve-xiiie siècle), École française de Rome, 1994 (Collection de l’École française de Rome, 189). Pour les « visions politiques » de l’âge carolingien : P.E. Dutton, The Politics of Dreaming in the Carolingian Empire, Lincoln, 1994.
  • [62]
    Ermold le Noir, In honorem, v. 2570 s.
  • [63]
    Éginhard, Vita Karoli, 23, p. 70 (Charlemagne, en compagnie du pape Hadrien Ier, revêtu de la longue tunique, de la clamyde et des souliers à la mode romaine) et 28, p. 80 (ses quatre voyages à Rome) ; Astronome, Vita Hludowici, 40, p. 436 (reliques du martyr Sébastien acquises par Hilduin pour Saint-Denis) ; Ermold le Noir, In honorem, v. 1060-1062 (présence du corps de Pierre et d’autres habitants du Ciel à Rome).
  • [64]
    Ermold le Noir, In honorem, v. 848 s.
  • [65]
    Astronome, Vita Hludowici, 64, p. 380 ; sur Arnoul et l’enracinement généalogique des Carolingiens : Thégan, Vita Hludowici, 1, p. 216.
  • [66]
    Le thème de la translatio imperii apparaît dans la Vita sancti Willehadi, 5, p. 844 A ; les regna du pape sont mentionnés par Ermold le Noir, In honorem, v. 1131.
  • [67]
    Ermold le Noir, In honorem, v. 828.
  • [68]
    Karolus Magnus et Leo papa, v. 326-459. Sur ce poème, porteur d’un véritable programme impérial, voir en dernier lieu : Am Vorabend der Kaiserkrönung. Das Epos Karolus Magnus et Leo papa und der Papstbesuche in Paderborn 799, éd. P. Godman, J. Jarnut, P. Johanek, Berlin, 2002.
  • [69]
    Ermold le Noir, In honorem, v. 655.
  • [70]
    Karolus Magnus et Leo papa, v. 94-136.
  • [71]
    C. Ratkowitsch, Karolus Magnus – Alter Aeneas, alter Martinus, alter Iustinus. Zu Intention und Datierung des « Aachener Karlsepos », Wien, 1997 (Wiener Studien, Beiheft, 24, Arbeiten zur mittel- und neulateinischen Philologie, 4), p. 29.
  • [72]
    Angilbert, De perfectione, p. 61-62 ; sur l’acception spatiale de « Chrétienté », voir ci-dessous, chap. 3, p. 196 s.
  • [73]
    Ermold le Noir, In honorem, v. 1213.
  • [74]
    Sur le palais carolingien : J. Barbier, « Le système palatial franc » ; P. Riché, « Les représentations du palais dans les textes littéraires du haut Moyen Âge », dans Francia 4 (1976), p. 161-171 [repris dans Instruction et vie religieuse dans le haut Moyen Âge, London, 1981 (Variorum Reprints, 139), n° XIII] ; Ph. Depreux, Prosopographie de l’entourage de Louis le Pieux (781-840), Sigmaringen, 1997, p. 9 s. ; S. Airlie, « The Palace of Memory : The Carolingian Court as a Political Centre », dans Courts and Regions in Medieval Europe, éd. S. Rees Jones, R. Marks, A.J. Minnis, York, 2000, p. 1-20. On remonter a le long fil des travaux d’historiens de l’art et d’archéologues sur les complexes palatiaux carolingiens grâce à G. Binding, Deutsche Königspfalzen von Karl dem Grossen bis Friedrich II. (765-1240), Sigmaringen, 1996, p. 59 s., et au Handbuch publié à l’occasion de l’exposition organisée à Paderborn en 1999 : 799. Kunst und Kultur, spécialement les contributions de W. Jacobsen, p. 91-94 (« Herrschaftliches Bauen in der Karolingerzeit. Karolingische Pfalzen zwischen germanischer Tradition und Antikenrezeption »), A. Renoux, p. 130-137 (« Karolingische Pfalzen in Nordfrankreich [751-987] »), H. Grewe, p. 142-151 (« Die Königspfalz zu Ingelheim am Rhein ») et S. Gai, p. 183-196 (« Die Pfalz Karls des Großen in Paderborn. Ihre Entwicklung von 777 bis zum Ende des 10. Jahrhunderts »). Sur l’articulation église-palais par des passages (porticus), voir, entre autres, Éginhard, Vita Karoli, 32, p. 88-90.
  • [75]
    Thégan, Vita Hludowici, 6, p. 180-184.
  • [76]
    Présentation et analyse de l’épisode, replacé dans le cadre des baptêmes royaux en contexte missionnaire, par A. Angenendt, Kaiserherrschaft und Königstaufe. Kaiser, Könige und Päpste als geistliche Patrone in der abendländischen Missionsgeschichte, Berlin-New York, 1984 (Arbeiten zur Frühmittelalterforschung, 15), p. 215-223 (p. 222-223 sur la familiaritas combinant parrainage et hommage).
  • [77]
    Ermold le Noir, In honorem, v. 1884-1885.
  • [78]
    Ibid., v. 2062 s.
  • [79]
    Ibid., v. 2198 s.
  • [80]
    Ibid., v. 2240 s.
  • [81]
    Ibid., v. 2362 s.
  • [82]
    On trouvera une introduction stimulante à cette question essentielle dans A. Guerreau, « Chasse », dans DROM, p. 166-178 (p. 175, pour la citation) ; la création des forêts a été bien étudiée par C. Wickham, « European Forests in the Early Middle Ages : Landscape and Land Clearance », dans Id., Land and Power, London, 1994, p. 155-199.
  • [83]
    Lettre de 864, MGH, Ep., 6, 1925, n° 116, p. 631-633 (p. 632). Sur l’interdiction de la chasse aux clercs, depuis le début du vie siècle, voir F. Prinz, Klerus und Krieg im früheren Mittelalter. Untersuchungen zur Rolle der Kirche beim Aufbau der Königsherrschaft, Stuttgart, 1971, p. 23 s. Les dispositions des conciles d’Agde (506), d’Épaone (517) et de Mâcon (585) sont reprises et actualisées à l’époque carolingienne.
  • [84]
    Excellente mise en perspective dans J.L. Nelson, « The Lord’s Anointed and the People’s Choice : Carolingian Royal Ritual », dans Rituals of Royalty. Power and Ceremonial in Traditional Societies, éd. D. Cannadine, S. Price, Cambridge, 1987, p. 137-180 (p. 166-172).
  • [85]
    Éginhard, Vita Karoli, 32, p. 88-92.
  • [86]
    C.A. Bouman, Sacring and Crowning : The Development of Latin Ritual for Anointing of Kings and the Coronation of an Emperor before the Eleventh Century, Groningen-Djakarta, 1957 ; R. Elze, Die Ordines für die Weihe und Krönung des Kaisers und der Kaiserin, Hannoverae, 1960 (MGH, Fontes, 9).
  • [87]
    Sur la christianisation du schéma trifonctionnel d’origine indo-européenne : E. Ortigues, « Haymon d’Auxerre, théoricien des trois ordres » et ci-dessous, chap. 4, p. 227.
  • [88]
    Ermold le Noir, In honorem, v. 2036-2038.
  • [89]
    Ibid., v. 858 s.
  • [90]
    Ibid., 970-971 : « Nos simus clero exemplum seu norma popelli./Iustitiam doceat praesul uterque suos. »
  • [91]
    Vita Benedicti abbatis Anianensis et Indensis, MGH, SS, 15, c. 42, p. 200-218 (p. 217). Le passage cité figure dans la lettre envoyée, au lendemain de la mort de Benoît d’Aniane (février 821), par les moines d’Inden à Ardon, biographe du saint ; sur l’intégration ultérieure de la lettre en appendice de la Vie elle-même, voir l’introduction de P. Bonnerue à Ardon, Vie de Benoît d’Aniane, Abbaye de Bellefontaine, 2001 (Vie monastique, 39), p. 35-36.
  • [92]
    Astronome, Vita Hludowici, 62-64, p. 540-554.
  • [93]
    La notation vaut d’autant plus pour la version du texte de la Vita Karoli introduite et revisitée par Walahfrid Strabon ; voir l’édition de L. Halphen, Appendice, p. 104 s.
  • [94]
    IV Rois 22-23 ; Admonitio generalis, MGH, Capit., 1, n° 22, p. 53-62 (p. 54). Sur ce modèle éphémère : I. Rosé, « Le roi Josias dans l’ecclésiologie politique du haut Moyen Âge », dans Mélanges de l’École française de Rome (Moyen Âge) 115 (2003/2), p. 683-709. Sur la notion de « rex et sacerdos » et, de façon plus générale, sur le patronage liturgique du souverain quasi-prêtre : A. Angenendt, « Karl der Große als “Rex et sacerdos” », dans Das Frankfurter Konzil von 794. Kristallisationspunkt Karolingischer Kultur, éd. R. Berndt, Frankfurt a. M., 1997, p. 225-278 [repris dans Id., Liturgie im Mittelalter. Ausgewählte Aufsätze zum 70. Geburtstag, éd. Th. Flammer, D. Meyer, Münster i. W., 2004, p. 311-332] ; Y. Hen, The Royal Patronage of Liturgy in Frankish Gaul to the Death of Charles the Bald (877), London, 2001 (Henry Bradshaw Society, Subsidia, III).
  • [95]
    Sur l’expression « sacrum palatium », d’origine tardo-antique et qui apparaît dans l’Occident latin à la fin du viiie siècle, voir, outre les références mentionnées plus haut (p. 133, n. 1), MGH, Conc., 2, n° 4, p. 131, l. 3 et p. 166, l. 14 (concile de Francfort, 794) ; ibid., p. 259, l. 6 (concile de Mayence, 813) ; ibid., p. 289, l. 23 (concile de Tours, 813) ; ibid., p. 684, l. 17 (concile de Saint-Denis, 829), et, surtout, Hincmar de Reims, De ordine palatii, Prol., p. 34, l. 18. M. de Jong, « Sacrum palatium et ecclesia. L’autorité religieuse et royale sous les carolingiens (790-840) », dans Annales HSS, nov.-déc. 2003, p. 1243-1269 (p. 1243-1246).
  • [96]
    Voir Eusèbe de Césarée, Louanges de Constantin, IX, p. 132 s. (p. 142, sur la fécondité de la maison impériale), XI, p. 147 s. (sur les « hautes et belles constructions royales » de Jérusalem, « royalement conçues ») et XVII, p. 201 s. (p. 207 sur l’édifice sacré comme medium).
  • [97]
    Voir ci-dessus, p. 141.
  • [98]
    Voir ci-dessus, p. 127.
  • [99]
    Sur les modèles de sainteté royale : R. Folz, Les saints rois du Moyen Âge et ci-dessous, chap. 10.
  • [100]
    Voir ci-dessous, chap. 11.
  • [101]
    Voir ci-dessous, chap. 10.

De Charlemagne à Charles le Chauve (soit un gros siècle : 768-877), sur la base de l’abondante littérature constitutive des modèles de roi ou d’empereur – biographies, panégyriques (encomia), Miroirs au prince –, j’aimerais montrer en quoi la figure du souverain offre un angle d’attaque privilégié pour faire l’histoire d’un espace proprement chrétien aux viiie et ixe siècles. L’enquête se concentrera, pour l’essentiel, sur les deux premiers types de textes, biographies et panégyriques. Au titre des biographies, la première source est la Vita Karoli d’Éginhard, qui exerce une grande influence sur les biographies rédigées à la génération suivante. Fidèle fils littéraire de son père, Louis le Pieux est l’objet de deux Vies en prose – dues à Thégan et à un anonyme affublé du sobriquet d’« Astronome » – et d’un très important éloge versifié, composé par Ermold le Noir, le Poème sur Louis le Pieux, qui se situe entre le type de la biographie et celui du panégyrique.Comment justifier un tel parti pris faisant la part belle à des problèmes d’images littéraires, objets de travaux fameux depuis des lustres ? Dans l’océan immense des écrits carolingiens, il est certes de multiples entrées pour étudier les rapports riches et complexes que le souverain – roi ou empereur – entretient avec le lieu de l’assemblée chrétienne : correspondance ; dispositions législatives relatives à l’entretien des églises ; Annales (à commencer par les Annales royales), Histoires, Chroniques et Gestes, qui brossent nombre de portraits de constructeurs, hommes d’Église ou laïcs, proches ou lointains ; représentations figurées de souverains dans des cadres monumentaux ; sans parler de l’immense production théologique qui, sur un mode symbolique, parle massivement d’architecture ecclésiale…


Date de mise en ligne : 23/09/2022

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