De l’image comme symbole à l’image comme opération symbolique : Les impacts psychiques de l’image
Séance du 7 juin 1995
- Par Serge Tisseron
Pages 42 à 84
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- TISSERON, Serge,
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- Tisseron, S.
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Notes
Nous vivons sur une conception de l’image comme signe. Le principe fondateur de cette conception a été résumé en 1615 par le franciscain Joan de Torquemada dans une formule qui n’a pas pris une ride : « L’image est la semblance d’une autre chose qu’elle représente en son absence. »
Autrement dit, la similitude de l’image ne porte que sur l’apparence. C’est, entre autres, pourquoi toute dévotion rendue à l’image dans la religion chrétienne ne s’adresse pas à cette image, mais à Dieu dont l’image ne fait que représenter la part figurable. C’est cette conception d’abord théologique qui a été reprise dans une perspective profane par le théoricien Alberti au XVe siècle. Sa conception exposée dans son ouvrage Della pittura a constitué pour les siècles ultérieurs – et encore aujourd’hui pour certains – une véritable vulgate de l’image. Cette conception, constamment reprise, est fondée sur le principe de la repetitio rerum, autrement dit de la « répétition des choses ». L’image y est vue comme une forme de reproduction de la réalité sensible pourtant différente de cette réalité. L’image constitue une forme de présence de la chose représentée qui n’est pas équivalente à la présence physique de la chose même. En d’autres termes, constamment repris, l’image est une « présence-absence ». Une telle conception admet des niveaux différents de « présenceabsence » correspondant à plusieurs degrés du symbole. À un degré minimum, l’image représente (symbolise) la chose désignée dans son apparence…
Date de mise en ligne : 03/12/2024
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