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III. Questionnement des formes littéraires

Pages 69 à 90

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  • Goulemot, J.-M.
(2005). III. Questionnement des formes littéraires. La littérature des Lumières (p. 69-90). Armand Colin. https://shs.cairn.info/la-litterature-des-lumieres--9782200342784-page-69?lang=fr.

  • Goulemot, Jean Marie.
« III. Questionnement des formes littéraires ». La littérature des Lumières, Armand Colin, 2005. p.69-90. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/la-litterature-des-lumieres--9782200342784-page-69?lang=fr.

  • GOULEMOT, Jean Marie,
2005. III. Questionnement des formes littéraires. In :
  • GOULEMOT, Jean Marie
  • et GOULEMOT, Jean-Marie,
La littérature des Lumières. Paris : Armand Colin. Lettres Sup, p.69-90. URL : https://shs.cairn.info/la-litterature-des-lumieres--9782200342784-page-69?lang=fr.

Fort de l’image que la postérité a construite des Lumières et d’une mémoire sélective qui ne conserve du passé que les œuvres significatives, on serait porté à croire que les hommes des Lumières, engagés dans leur combat militant, confrontés à de nouveaux publics, avaient totalement rejeté les genres hérités du siècle classique.
La réalité est autre, et l’écriture de nos philosophes ne peut se réduire à leurs œuvres les plus novatrices, qu’il s’agisse des dictionnaires, des contes ou même des traités. Ils ont pratiqué, et souvent avec plaisir, les genres les plus traditionnels de la littérature de salon. On est toujours surpris de lire que Diderot avait écrit des plaisants « Bouts-rimés proposés et remplis en traversant la partie de la Pologne aujourd’hui prussienne », indifférents au partage du territoire polonais entre l’Autriche, la Prusse et la Russie. Mais que dire des Complaintes en rondeau de Denis, roi de la fève, sur les embarras de la royauté, du même Diderot, de ses très nombreuses épigrammes et épîtres, de ses étrennes diverses : Du philosophe à sa vieille amie ; Impromptu fait au jeu, Ode imitée d’Horace… Si pour Diderot il s’agit d’œuvres mineures, écrites au gré des circonstances, il n’en est pas de même pour Voltaire qui, fidèle aux canons esthétiques du règne de Louis XIV, s’essaiera dans l’épopée (La Henriade) et composera un nombre imposant de tragédies qui constituaient, à ses yeux, l’essentiel de son œuvre littéraire, dont il écartait les contes, les lettres, interventions rapidement brossées jugées trop immédiats, sorte de temps offert au service de la justice et de la liberté et non à l’esthétique…


Date de mise en ligne : 18/06/2024

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