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Mes personnages sont des gens « dépareillés »

Pages 255 à 262

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  • Desanti, D.
(2002). Mes personnages sont des gens « dépareillés » Dans
  • Par D. Desanti,
  • J. Desanti,
  • avec R. Droit
La liberté nous aime encore (p. 255-262). Odile Jacob. https://doi.org/10.3917/oj.desan.2002.01.0255.

  • Desanti, Dominique.
« Mes personnages sont des gens “dépareillés” ». La liberté nous aime encore, Odile Jacob, 2002. p.255-262. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/la-liberte-nous-aime-encore--9782738110510-page-255?lang=fr.

  • DESANTI, Dominique,
2002. Mes personnages sont des gens « dépareillés » In :
  • Par DESANTI, Dominique,
  • DESANTI, Jean-Toussaint,
  • avec DROIT, Roger-Pol,
La liberté nous aime encore. Paris : Odile Jacob. Hors collection, p.255-262. DOI : 10.3917/oj.desan.2002.01.0255. URL : https://shs.cairn.info/la-liberte-nous-aime-encore--9782738110510-page-255?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/oj.desan.2002.01.0255


Au moment que Sartre nommait en riant « ma sortie du couvent », j’ai voulu essayer de comprendre les racines de ce que j’avais vécu. Ce qui s’est passé avant moi et ce qui s’est passé autour de moi.
En 1960, j’ai publié une sorte d’adieu au communisme, Les Grands Sentiments, l’histoire d’une militante qui finit par s’en aller. Roman autobiographique ? Oui quant aux événements, non quant aux personnages. Appelons-le un documentaire romancé… Vous savez, le style des journalistes vaut par sa rapidité, la clarté brève des images, de l’analyse. Il pénètre rarement sous la surface des gens.
Le roman, pour moi, est beaucoup moins volontaire et jamais démonstratif. Toujours mon cher Stendhal : « La politique dans un roman, c’est un coup de pistolet dans un concert. » Pourtant, dans Le Rouge et le Noir et dans Lucien Leuwen, la politique existe fortement, mais toujours à travers les protagonistes. Il n’y a pas de règle, mais, pour moi, le roman doit laisser affleurer le fantasme, ouvrir sur l’inconscient ; pour moi, les personnages ne doivent pas être prédéterminés. Ils naissent en moi mais ensuite ils changent, prennent forme au gré des mots. Dès qu’un personnage parle, agit, fait des gestes, il vous échappe. Même si vous avez en tête un modèle, un « pilotis », si vous pensiez à quelqu’un de vivant, il se modifie. Les mots le constituent pour ainsi dire. Et alors vous êtes obligé, je suis obligée de suivre, d’incurver les caractères et les circonstances… ou alors il me faut les abandonner, ces gens qui sortent de mes fantasmes…


Date de mise en ligne : 03/11/2021

https://doi.org/10.3917/oj.desan.2002.01.0255

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