Chapitre VII. Les maîtres du sol
Pages 207 à 235
Citer ce chapitre
- BERELOWITCH, André,
- Berelowitch, André.
- Berelowitch, A.
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- Berelowitch, A.
- Berelowitch, André.
- BERELOWITCH, André,
Notes
-
[1]
Cité dans Le Roy Ladurie, Saint-Simon, p. 70.
-
[2]
Berelowitch, Armée.
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[3]
« Entre la possession du sol et le service du tsar s’interposait, comme une médiation indispensable, le travail productif de la paysannerie » (Rexheuser, p. 3).
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[4]
L’ouvrage classique de S. V. Roždestvenskij, La Possession foncière sous condition de service dans l’État moscovite du xvie siècle (en russe), n’a été ni surpassé, ni remplacé (voir Roždestvenskij). Ju. G. Alekseev a consacré au district de Perejaslavl‘ une monographie de portée en fait plus générale : Histoire agraire et sociale de la Russie du Nord-Est aux xve-xvie siècles. Le district de Perejaslavl‘, M.-L., 1966 [Agrarnaja i social‘naja istorija Severo-vostočnoj Rusi XV-XVI vv. Perejaslavskij uezd]. V. B. Kobrin a publié, sous le titre Pouvoir et Propriété foncière dans la Russie médiévale, un travail remarquable (voir Kobrin, Vlast‘) qui constitue la mise au point la plus récente sur l’ensemble de la question.
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[5]
Cf. Robert Hellie, Enserfment and Military Change in Muscovy, Chicago, 1971.
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[6]
Roždestvenskij, p. 267-270.
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[7]
Alef, p. 111-114, pour les confiscations ; complétant les recherches de Veselovskij et de Ju. G. Alekseev, Kobrin a retrouvé, grâce notamment à l’anthroponymie, les traces de ces « transportés » novgorodiens en Russie centrale (Kobrin, Vlast‘, p. 108-112).
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[8]
Švatčenko 19891, p. 176.
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[9]
Voir : Dokladnaja vypiska. Depuis son édition en 1895, T. M. Rodionova a retrouvé le manuscrit et rectifié certaines des erreurs de Barsukov (« Dokument zemskogo sobora 1613 g. », Zapiski LGU, 1981, nº 14, série hist., ling., littér., fasc. 3, p. 101-104). Plus récemment, M. P. Lukičev a démontré que le fragment retrouvé appartient à l’original du rôle foncier, et non à un imaginaire « Extrait à fins de rapport » (dokladnaja vypiska), comme le croyait Barsukov (Lukičev 1983).
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[10]
Voir tableau 10 (annexe 1).
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[11]
Kobrin, discutant le problème des origines du bénéfice au début du xvie siècle, aboutit à des conclusions similaires : les terres noires et les terres de la Couronne viennent en tête (Kobrin, Stanovlenie, p. 159-160).
-
[12]
Cf. P. V. Sedov, op. cit. (chapitre iii, note 12).
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[13]
Tableau 13 (annexe 1).
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[14]
« Quiconque sert le tsar devrait disposer de terre, et quiconque dispose de terre est dans l’obligation de servir le tsar » (Rexheuser, p. 1). On remarquera que la possession de terre (devrait disposer) est moins impérative que le service (obligation de servir), ce que les sources confirment amplement.
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[15]
C’est-à-dire « en proportion de la superficie », mais l’expression signifie en même temps « grâce aux ressources de sa terre ».
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[16]
Roždestvenskij, p. 50.
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[17]
Ibid., note 3. L’arrêt, que Roždestvenskij date de 1573, est en réalité du 9 octobre 1572 (ZA I, nº 37, p. 56).
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[18]
Roždestvenskij, p. 49 et 58-59.
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[19]
Kobrin, Vlast‘, p. 101.
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[20]
Ibid., p. 134 et passim.
-
[21]
Roždestvenskij, loc. cit. ; Ju. G. Alekseev, A. I. Kopanev, « Razvitie pomestnoj sistemy v XVI v. », Dvorjanstvo i krepostnoj stroj v Rossii XVI-XVIII vv., M., 1975, p. 57-69, ici p. 60.
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[22]
RZ, 4, p. 296.
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[23]
Par exemple dans Pavlov-Sil‘vanskij, p. 199.
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[24]
ZA I, nº 38, p. 56-57.
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[25]
APD, I, nº 215, p. 432.
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[26]
ZA I, nº 173, 174, 175, p. 142-143.
-
[27]
Ibid., nº 234, § 2, p. 172.
-
[28]
RZ, 2, p. 117, § 85.
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[29]
SU, p. 87-88 (texte de l’article), p. 278 (commentaire).
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[30]
Ou 13 770 612 hectares (1 desjatina équivaut à 1,119 744 hectare).
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[31]
Vodarskij 1988, p. 256.
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[32]
Zimin, Reformy, p. 438, note 3, et 448, note 1.
-
[33]
Kolyčeva, p. 9-31, distingue cinq vagues de recensement des terres au cours du siècle : 1497-1504, 1540-1544, 1557-1569 environ, 1571-1578, 1585-1587. Les cadastres établis entre 1540 et 1544 étaient trop imprécis, puisque c’est seulement en février 1550 qu’Ivan IV évoque sa décision de procéder à l’arpentage des terres (voir ci-dessous). Ceux de la fin des années 1550 et des années 1560 étaient encore à venir.
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[34]
ZA I, nº 53, p. 72.
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[35]
BS I, p. 79 ; Pavlov, cité d’après Kobrin, Vlast‘, p. 157.
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[36]
SGGD, III, nº 59, p. 235-245.
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[37]
Roždestvenskij, p. 261-263 (nombreux exemples). Passage cité, p. 261.
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[38]
Opisanie MAMJu, t. 8, p. 20.
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[39]
Voir Novosel‘skij, Pravjaščie.
-
[40]
PRP, IV, p. 577.
-
[41]
SKKDR, II/1, p. 373. E. Keenan (The Kurbskii-Groznyi Apocrypha, Cambridge, 1971) a nié l’authenticité de cette correspondance, mais sa thèse est loin d’être démontrée.
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[42]
Poslanija Ivana Groznogo, M., 1951, p. 33-34.
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[43]
PSRL, 13, p. 268.
-
[44]
Avec des variantes, cette même formule est reprise lors des sacres suivants. L’ordo du sacre de Basile Šujskij (AAE, II, nº 47, p. 104-106) ne reproduit pas, il est vrai, l’homélie du métropolite, mais, dans la circulaire du 20 mai 1606, envoyée à Perm‘, le tsar Basile promet de récompenser ses serviteurs « selon leurs mérites » (AAE, II, nº 44, p. 101). C’est M. V. Šaxmatov qui a le premier rapproché l’homélie du sacre de l’Ordonnance de 1556 (« Gosudarstvenno-nacional‘nye idei “činovnyx knig” venčanija na carstvo moskovskix gosudarej », Zapiski russkogo naučnogo instituta v Belgrade, fasc. 1, 1930, p. 245-278, ici p. 276).
-
[45]
Agapet a, presque certainement, inspiré l’homélie du sacre (David B. Miller, « The coronation of Ivan IV of Moscow », JGO, NF 15 (1967), p. 559-574, ici p. 567).
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[46]
I. Ševčenko, « A neglected byzantine source of muscovite political ideology », Harvard Slavic Studies, II (1954), p. 141-179 ; introduction et édition de « “Ljubomudrejšij Kÿr Agapit Diakon” : On a Kiev Edition of a Byzantine Mirror of Princes », Recenzija, V, 1, supplement (Fall-winter 1974).
-
[47]
1557-1569 environ (Kolyčeva, p. 21).
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[48]
Cf. Zimin, Reformy, p. 439.
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[49]
Tableau 13 (annexe 1).
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[50]
Cf. Kobrin, Vlast‘, p. 132-133.
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[51]
ZA I, nº 234, § 10, p. 173 (17 décembre 1636).
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[52]
Ibid., nº 320, p. 218 (13 août 1647).
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[53]
Suxotin, p. 243, nº 5.
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[54]
Documents publiés ibid., p. 189-240.
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[55]
ZA I, nº 117, p. 111 (23 février 1622).
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[56]
Instructions pour le tri : SGGD, III, nº 59, p. 235-245 ; liste des dizaines conservées : Opisanie MAMJu, t. 8, p. 326-329.
-
[57]
Cf. Zercalov 1895.
-
[58]
Exemples : AMG, I, p. 538, 553-554, 600.
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[59]
C’est ainsi que 1 549 patrimoines (Švatčenko 1990, tableau 13, p. 296-297) sont distribués aux 11 180 défenseurs de Moscou en 1618 (KR I, 505-519) : un peu moins d’un « combattant » sur sept a été distingué, au cours d’un siège peu fertile pourtant en exploits. Encore faut-il décompter, de ces onze mille défenseurs, les taillables et autres gens de peu, qu’il eût été impensable de gratifier de terres patrimoniales. C’est aussi ce que suggère, à la lecture, le formulaire des chartes de donation (ZA I, nº 161, p. 135-136) : il insiste beaucoup sur la foi orthodoxe, la fidélité au tsar et la fermeté, envisagée plutôt sous l’angle moral, mais ne parle guère d’actions militaires proprement dites.
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[60]
Cf. V. N. Kozljakov, « K izučeniju istorii dvorjanskogo soslovija XVII v. », Mél. Kobrin, p. 100-102, et Roždestvenskij, p. 289.
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[61]
Izjumov, respectivement p. 25-163 et p. 189-230.
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[62]
Izjumov, nº 106, 108, 110 (p. 46-47), nº 131-132, 140 (p. 52-53), nº 144 (p. 54-55), nº 159, 166 (p. 58-59), nº 168 (p. 60-61), etc.
-
[63]
Ibid., nº 328, p. 98, note 3, nº 572, p. 156, note 8.
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[64]
Ibid., p. 23.
-
[65]
C’est-à-dire : « nous n’avons plus ni d’argent, ni d’armes, ni de serviteurs pour partir en campagne » (Novosel‘skij, Kollektivnye, p. 317 ; supplique nº 4, 7 avril 1677).
-
[66]
Dès le milieu du xvie siècle, un fossé se creuse entre le classement théorique et les allocations de terre effectives (Roždestvenskij, p. 287-288).
-
[67]
Roždestvenskij, p. 301-308.
-
[68]
Ibid., p. 270-271. Autre exemple, à Kolomna, à la fin du xvie siècle (Seredonin, p. 353).
-
[69]
Seredonin, loc. cit., citant AMG, I, nº 21, p. 34.
-
[70]
Leurs possessions foncières moyennes sont de 167 et 133 arpents respectivement (d’après Izjumov).
-
[71]
Remarque de Boris Čečulin, citée par Seredonin, ibid.
-
[72]
Švatčenko 19891, p. 176.
-
[73]
V. M. Vorob‘ev, A. Ja. Degtjarev, Russkoe feodal‘noe zemlevladenie ot « Smutnogo vremeni » do kanuna petrovskix reform, L., 1986, p. 98, tabl. 42.
-
[74]
Tableau 12 (annexe 1) et Švatčenko 1990, p. 76 sq.
-
[75]
Chapitre vi.
-
[76]
Tableau 13 (annexe 1).
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[77]
Cf. Švatčenko 1996, p. 41, qui met en rapport possessions foncières, effectifs paysans et mobilisation militaire.
-
[78]
D’après Švatčenko 1990, tableau 2, p. 189, et le tableau 11 (annexe 1).
-
[79]
Une partie au moins de cette croissance spectaculaire est probablement due à des méthodes de dénombrement plus efficaces.
-
[80]
Il est vrai qu’en revanche les serfs mâles disponibles atteignent le chiffre de 2,58.
-
[81]
Tableau 13 (annexe 1), et Švatčenko 1996, tableau 44, p. 80.
-
[82]
À l’occidentale (traduction de J.-L. Van Regemorter).
-
[83]
Berelowitch, Armée, notes p. 192-193.
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[84]
Švatčenko 1996, p. 21.
-
[85]
Tableau 13 (annexe 1).
Le dernier volet du triptyque de 1556, c’est-à-dire le lien entre service armé et possession foncière, question embrouillée s’il en est, fait à lui seul l’objet du présent chapitre. Après avoir indiqué les raisons d’être de l’institution, j’exposerai le fonctionnement global du système, puis sa mise en pratique et ses résultats, c’est-à-dire l’évolution de la propriété noble au cours du xviie siècle.
L’Ordonnance concernant le service ne peut se comprendre qu’à la lumière d’une logique plus profonde qui, à travers un enchaînement de contraintes, mais aussi de choix délibérés, et d’innombrables cas intermédiaires, où l’on suit comme d’instinct une pente qui semble naturelle, commande les grands équilibres de l’État moscovite. La noblesse russe n’est évidemment pas la seule, dans l’Europe du xviie siècle, à vivre de ses terres ; l’originalité de sa situation tient au fait qu’elle est rémunérée en terre par la monarchie, pour prix de ses services. C’est cette particularité qu’il convient d’abord de situer dans le contexte plus général des institutions.
Entre les deux méthodes concevables pour accroître la puissance d’une armée, celle qui consiste à en augmenter la masse, et celle qui privilégie la qualité aux dépens des effectifs, les tsars n’avaient le choix qu’en théorie. L’isolement de la Russie, l’absence de véritable tradition militaire, l’état d’esprit des gens de guerre, le retard considérable de l’armement, tout les poussait vers la facilité : une cavalerie noble, qui rappelle l’arrière-ban français, lente à mobiliser, médiocrement armée, sans discipline ni entraînement, et dont la seule force était le nombr…
Date de mise en ligne : 06/09/2022
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