Chapitre 21. Conditions et traitement des prisonniers
- Par Pascal Payen
Pages 240 à 247
Citer ce chapitre
- PAYEN, Pascal,
- Payen, Pascal.
- Payen, P.
https://doi.org/10.3917/arco.payen.2018.01.0240
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- Payen, P.
- Payen, Pascal.
- PAYEN, Pascal,
https://doi.org/10.3917/arco.payen.2018.01.0240
Notes
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[1]
Y. Garlan, Guerre et économie en Grèce ancienne, p. 75-78 (les p. 76-77 contiennent de nombreux exemples et citations d’historiens anciens).
-
[2]
P. Ducrey, Le traitement des prisonniers de guerre dans la Grèce ancienne, Paris, De Boccard, 1968, nouvelle édition avec complément bibliographique 1999.
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[3]
A. Bernand, Guerre et violence dans la Grèce antique, Paris, Hachette, 1999, citations p. 427 et 15.
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[4]
P. Payen, Les revers de la guerre en Grèce ancienne. Histoire et historiographie, Paris, Belin, 2012.
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[5]
Tous les dossiers sont réunis dans le détail par W. K. Pritchett, The Greek State at War, V, p. 68-541.
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[6]
Documentation réunie par M. Halm-Tisserant, Réalités et imaginaire des supplices en Grèce ancienne, Paris, Les Belles Lettres, 1998, rééd. 2013.
-
[7]
Ce phénomène a été bien étudié par N. Loraux dans L’Invention d’Athènes (1981) et par M. Nouhaud, dans L’utilisation de l’histoire par les orateurs attiques, Paris, Les Belles Lettres, 1982.
-
[8]
Cf. P. Nora, « Entre mémoire et histoire », in Les lieux de mémoire (1984), Paris, Gallimard, « Quarto », 1997, vol. I, p. 26.
La guerre ne se traduit pas seulement par un déchaînement contre les adversaires directs, contre l’ennemi en armes. Une armée entre en contact avec des « civils », avec « l’arrière ». Cette rencontre crée un traumatisme d’une tout autre nature. Elle fait naître ce que, par litote, on nomme les désordres de la guerre. Elle révèle comment la cité, le royaume ont préparé leurs soldats, leurs cadres pour faire la guerre. La supériorité matérielle des armées contre les civils est de nature à montrer comment les sociétés éduquent à la guerre leurs troupes et, par la suite, réservent un sort à l’autre dont on s’empare : le prisonnier de guerre. La guerre ne s’arrête pas au jour de la cessation des combats, sur le champ de bataille. Elle se prolonge dans le temps, avec le règlement du sort réservé aux prisonniers – qui fait partie lui aussi des « lois de la guerre » – et avec les traces laissées dans le souvenir que se construit le prisonnier, en tant qu’individu et en tant que membre d’une société vaincue. Sans revenir sur le problème de la mémoire de guerre (voir le chapitre 17), l’analyse portera sur les conditions et les traitements réservés aux vaincus et aux prisonniers.
Dans une synthèse sur les rapports entre guerre et économie en Grèce ancienne, Yvon Garlan souligne que c’est un lieu commun, parmi les nombreux usages en vigueur après les combats, que celui selon lequel « la personne du vaincu appartient au vainqueur ». Toutefois, la violence exercée à l’égard des vaincus par les vainqueurs est un sujet tabou : le vainqueur n’y trouve pas sa part d’honneur ; le vaincu ne tient pas à ressasser sa défaite…
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