Chapitre 5. L’hyper-ruralité, marge paradoxale en recomposition
- Par Samuel Depraz
Pages 135 à 163
Citer ce chapitre
- DEPRAZ, Samuel,
- Depraz, Samuel.
- Depraz, S.
https://doi.org/10.3917/arco.depra.2017.01.0135
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- Depraz, Samuel.
- DEPRAZ, Samuel,
https://doi.org/10.3917/arco.depra.2017.01.0135
Notes
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[1]
En moyenne 10 % de l’État, 15 % des départements, 60 % de la région et 5 % de l’Union européenne.
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[2]
On considère comme habitat indigne, d’après la loi de mobilisation pour le logement et la lutte pour l’exclusion de 2009, tout logement impropre à l’habitation (absence de confort sanitaire, d’isolation effective, de chauffage, humidité des murs), ou pouvant porter atteinte à la santé (saturnisme) comme à la sécurité des habitants (immeubles menaçant ruine, installations électriques vétustes). Les deux tiers des logements qualifiés ainsi d’indignes se situent dans l’espace rural.
L'hyper-ruralité, notion proposée par les récents rapports parlementaires et les recherches sur les espaces à très basse densité de population en France, embrasse des territoires mal connus, tant ces derniers sont imprégnés des représentations sur le « rural profond » ou la « diagonale du vide », encore synonymes de déclin. Or les dynamiques démographiques les plus récentes contredisent cette vision et montrent à la fois une recomposition rapide des espaces de la très basse densité, avec en particulier l’existence de nouvelles bases économiques attractives pour les néo-résidents. Pour autant, toutes les difficultés structurelles liées à l’éloignement ne sont pas gommées : l’analyse scientifique se doit donc de concilier à la fois la situation de vulnérabilité de l’hyper-ruralité avec les dynamiques émergentes. Une situation paradoxale mais caractéristique des territoires de marge.
Nommer et délimiter les territoires n’est pas un acte innocent, qui relèverait de la seule statistique. Cela dépend étroitement des enjeux politiques d’une époque et conditionne la manière de voir les problèmes ainsi que l’orientation des politiques publiques qui en découlent. L’évolution des définitions des espaces ruraux en France montre tout particulièrement à quel point
« les définitions “objectives” de l’espace rural, en particulier les découpages statistiques, les dénominations des types d’espaces, comme celle de ‘rural profond’, les modèles de relations ville/campagne ne sont pas sans rapport avec les préférences idéologiques des chercheurs qui les produisent…
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