Chapitre 6. L’échec du Front populaire et l’agonie de la IIIe République (automne 1936-automne 1939)
- Par Serge Berstein
Pages 153 à 183
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- BERSTEIN, Serge,
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- Berstein, S.
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Considéré par les forces politiques de gauche comme une tentative possible de solution de la crise française, le Front populaire semble devoir réaliser ces espoirs durant l’été 1936. Une reprise économique suit les mesures sociales du printemps, l’amélioration de la condition ouvrière entraîne un sentiment d’euphorie chez les travailleurs, un éveil culturel accompagne l’expérience, donnant à nombre de Français le sentiment que le déclin que connaissait le pays depuis la fin des années 1920 prend fin. Il est vrai qu’en même temps les adversaires politiques du Front populaire ont une vision différente des choses : ils voient dans celui-ci le couronnement de la crise, le début de l’apocalypse révolutionnaire, inéluctable. Or, l’embellie des uns et l’épouvante des autres ne résistent pas à la fin de l’été 1936. Dès l’automne surgissent tensions et difficultés qui vont faire de l’expérience Blum, non cette solution que certains espéraient, mais un facteur aggravant de la crise française, une preuve supplémentaire de la décadence qui atteint la France.
Quatre facteurs successifs se conjuguent pour expliquer la disparition, en moins d’une année, du capital de confiance et d’espoir que constituait l’expérience Blum : la violence des oppositions, la déception de l’extrême gauche, les contradictions économiques, la défection des classes moyennes.L’arrivée au pouvoir du gouvernement Blum provoque dans la presse et l’opinion d’extrême droite un véritable déferlement de haine. Ces attaques relèvent d’un fanatisme qui plonge ses racines dans les mythes obscurs dont se nourrit cette famille idéologique…
Date de mise en ligne : 12/05/2022
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