Chapitre d’ouvrage

3. La fin de la perception

Pages 48 à 60

Citer ce chapitre


  • Benasayag, M.
(2007). 3. La fin de la perception. La fragilité (p. 48-60). La Découverte. https://shs.cairn.info/la-fragilite--9782707150738-page-48?lang=fr.

  • Benasayag, Miguel.
« 3. La fin de la perception ». La fragilité, La Découverte, 2007. p.48-60. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/la-fragilite--9782707150738-page-48?lang=fr.

  • BENASAYAG, Miguel,
2007. 3. La fin de la perception. In : La fragilité. Paris : La Découverte. Poche / Sciences humaines et sociales, p.48-60. URL : https://shs.cairn.info/la-fragilite--9782707150738-page-48?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Baruch Spinoza, Éthique, Flammarion, Paris, 1965, p. 134.
  • [2]
    Augustin Berque, Écoumène. Introduction à l’étude des milieux humains, Belin, Paris, 2000, p. 49.
  • [3]
    Francisco Varela, Invitation aux sciences cognitives, Seuil, coll. « Points Science », Paris, 1988, p. 5.
  • [4]
    Alain Berthoz, Le Sens du mouvement, Odile Jacob, Paris, 2003, p. 45.
  • [5]
    Francisco Varela, Autonomie et connaissance, Seuil, Paris, 1980, p. 154.
  • [6]
    Alain Berthoz, La Décision, Odile Jacob, Paris, 2003, p. 10.
  • [7]
    Francisco Varela, Autonomie et connaissance, op. cit., p. 157.
  • [8]
    Alain Berthoz, La Décision, op. cit., p. 86.
  • [9]
    Joëlle Proust, Comment l’esprit vient aux bêtes, op. cit.
  • [10]
    Johann Wolfgang von Goethe, La Métamorphoses des plantes, 1790.
  • [11]
    Martin Heidegger, Questions, Gallimard, Paris, 1965, p. 132.
  • [12]
    Fernando Pessoa, Le Gardeur de troupeaux, Gallimard, Paris, 1987.
  • [13]
    Jean Petitot-Cocorda, La Philosophie transcendantale et le problème de l’objectivité, Osiris, Paris, 1991, p. 65.
  • [14]
    Francisco Varela, Etica y acci¢n, Granica, Santiago du Chili, 1996, p. 59.

Une des questions centrales de notre culture tourne autour de la problématique kantienne : comment l’homme, en tant que sujet, intériorité, parvient-il à être informé du monde qui l’entoure ? Cette problématique se fonde sur le présupposé non questionné dans plusieurs courants de la philosophie occidentale, selon lequel les hommes, séparés à jamais du reste de l’étendue, doivent s’efforcer d’arriver à connaître le monde « en soi », cet environnement qu’on serait censé pouvoir dévoiler derrière les catégories et modèles épistémologiques classiques. Or, quand nous procédons à une sorte de « pas de côté », à un changement de perspective, cette problématique profonde et apparemment aporétique cesse précisément d’exister en tant que telle. Pour le comprendre, il est utile d’examiner d’un peu plus près ce qui concerne les mécanismes mêmes de la perception.
La critique du modèle kantien d’un sujet de la perception séparé du « monde perçu », donc objet, doit suivre au moins deux voies parallèles. D’une part, la critique du modèle classique de la perception qu’apporte la neurophysiologie actuelle, puisqu’elle démontre l’existence des voies de compréhension des mécanismes de production de connaissance qui ne font pas appel à la catégorie de perception, et moins encore à celle d’un sujet de la perception par rapport à un monde (objet) perçu. D’autre part, il est également important de revisiter certains textes philosophiques qui, des néoplatoniciens à Spinoza, Leibniz, etc., ont aussi pensé et expliqué les mécanismes de connaissance sans faire appel aux catégories de la perception, ou, du moins, pas comme nous avons l’habitude de le faire…


Date de mise en ligne : 07/01/2020

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