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I - L’engagement militant

Pages 19 à 33

Citer ce chapitre


  • Ion, J.
(1997). I - L’engagement militant. La fin des Militants ? (p. 19-33). Éditions de l'Atelier. https://shs.cairn.info/la-fin-des-militants--9782708232822-page-19?lang=fr.

  • Ion, Jacques.
« I - L’engagement militant ». La fin des Militants ? Éditions de l'Atelier, 1997. p.19-33. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/la-fin-des-militants--9782708232822-page-19?lang=fr.

  • ION, Jacques,
1997. I - L’engagement militant. In : La fin des Militants ? Éditions de l'Atelier. Enjeux de société, p.19-33. URL : https://shs.cairn.info/la-fin-des-militants--9782708232822-page-19?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Dumont (Louis), Essais sur l’individualisme, Le Seuil, Paris, 1983. Lefort (Claude), Les formes de l’histoire, essais d’anthropologie politique, Gallimard, Paris, 1978.
  • [2]
    Tocqueville (Alexis de), De la démocratie en Amérique, Gallimard (collection « Folio »), Paris, 1986.
  • [3]
    Cf. Nisbet (Robert A.), La tradition sociologique, PUF, Paris, 1984, p. 11.
  • [4]
    Schnapper (Dominique), La France de l’intégration. Sociologie de la nation en 1990, Gallimard, Paris, 1991, p. 361.
  • [5]
    « ... il n’y a pas de pays où les associations soient plus nécessaires, pour empêcher le despotisme des partis ou l’arbitraire du prince, que ceux où l’état social est démocratique ». Op. cit., t. 1, p. 292.
  • [6]
    Kant écrit ainsi : « ... Seule l’aptitude à voter qualifie quelqu’un comme citoyen ; toutefois cette qualification présuppose l’autonomie au sein du peuple de quelqu’un qui n’est pas seulement une partie de la collectivité, mais également un membre de celle-ci, c’est-à-dire veut être une partie de celle-ci agissant (...) à partir de son propre libre choix volontaire en communauté avec d’autres. Mais cette dernière qualité end nécessaire la distinction entre citoyen actif et passif, même si cette dernière notion peut sembler contradictoire avec celle de citoyen tout court. Les exemples suivants peuvent servir à lever cette difficulté : le compagnon chez un marchand ou un artisan, le domestique (...), le mineur, toute espèce de gent féminine ainsi que, de manière générale, tous ceux qui sont contraints de tirer leur existence (...) non de leur propre activité, mais de la disposition d’autrui (...) sont dépourvus de la personnalité civile, et leur existence n’est pour ainsi dire qu’une simple inhérence » (extrait de « Métaphysique des moeurs : Doctrine du droit », trad. de J.-P. Lefebvre, cité in Tosel (André), Kant révolutionnaire. Droit et politique, PUF, Paris, 1988, p. 112-113).
  • [7]
    Cf. Furet (François), Penser la révolution française, Gallimard, Paris, 1978.
  • [8]
    Habermas (Jurgën), L’espace public : archéologie de la publicité comme dimension constitutive de la société bourgeoise, Payot, Paris, 1978.
  • [9]
    Cf. Agulhon (Maurice), « L’histoire sociale et les associations », in La revue de l’économie sociale, avril 1988, p. 35-44.
  • [10]
    Rosanvallon (Pierre), La question syndicale. Histoire et avenir d’une forme sociale, Fondation Saint-Simon-Calmann-Lévy, Paris, 1988.
  • [11]
    Cf. Dezès (Marie-Geneviève), « La mise en œuvre de la loi de 1884 sur les syndicats professionnels. Mouvements de création et utilisation du nouveau statut en région parisienne », document ronéo non publié, 1885. Voir également Rebérioux (Madeleine), « La conquête de la liberté d’association. Histoire d’un droit, histoire d’un peuple », in Économie et Humanisme, n° 332, mars 1995.
  • [12]
    Cf. Barbet (Denis), « la production des frontières du syndical et du politique. Retour sur la loi de 1884 », in Genèses, n° 3, mars 1991, p. 5-30.
  • [13]
    Cf. Barraqué (Bernard), « La sociabilité associative », document ronéo pour la DGRST, ARTE, septembre 1982.
  • [14]
    Nous disons modèle et non pas type, qui supposerait la définition de critères permettant de la construire, alors que le modèle est élaboré principalement par induction. (Cf. Boudon (Raymond) et Bourricaud (François), op. cit.
  • [15]
    Sur l’usage des concepts de « communauté » et de « société », voir l’excellent article de Bertrand Badie : « Communauté, individualisme et culture », in Birnbaum (Pierre) et Leca (Jean), Sur l’individualisme, Presses de la FNSP, Paris, 1986.
  • [16]
    « Au-delà du mythe républicain. Intégration et socialisation », in Le Débat, n° 82, oct-déc. 1994, p. 154-172.
  • [17]
    Ségrestin (Denis), Sociologie de l’entreprise, A. Colin, Paris, 1992.
  • [18]
    On trouvera par exemple une présentation succincte de ces débats in Duriez (Bruno), Le militantisme extra-professionnel. Facteurs et évolutions, CLERSE-IFRESI, Lille, février 1994.

Le modèle militant aujourd’hui en crise est tout entier lié aux caractéristiques particulières de l’espace public national. Tel est le point de départ autour duquel s’articule notre propos. Comprendre le présent implique de rappeler brièvement la spécificité française des rapports entre sphère privée et sphère publique. Car c’est elle qui bien souvent sous-tend encore aujourd’hui la participation dans les groupements volontaires de la société civile.
Avant même de décrire sommairement les caractéristiques de ces groupements, il convient donc de restituer rapidement le contexte qui historiquement fonde leur existence-même.
La question des fondements du politique demeure source inépuisable de débats. Et que cette interrogation ait été réactivée à la fin du XVIIIe siècle avec l’avènement des sociétés démocratiques en Occident ne doit pas surprendre. Ce n’est en effet qu’à partir du moment où la société peut se penser comme telle, c’est-à-dire comme réalité organisée ne procédant pas d’autre principe qu’elle-même, variable dans ses formes dans le temps comme dans l’espace, qu’en même temps elle peut se penser aussi comme agissable, comme transformable. C’est donc seulement parce qu’un autre ordre que l’ordre « naturel » de la royauté devient imaginable que peuvent s’instaurer à la fois : une science du politique (l’analyse des divers régimes : la monarchie, la démocratie, la dictature, etc.), une action politique (la société comme projet) et une science des rapports de la société et du politique (l’analyse des rapports entre l’économique, les groupes sociaux et les institutions politiques)…


Date de mise en ligne : 20/07/2018

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