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Introduction

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  • Touraut, C.
(2012). Introduction. La famille à l'épreuve de la prison (p. 1-16). Presses Universitaires de France. https://shs.cairn.info/la-famille-a-l-epreuve-de-la-prison--9782130592181-page-1?lang=fr.

  • Touraut, Caroline.
« Introduction ». La famille à l'épreuve de la prison, Presses Universitaires de France, 2012. p.1-16. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/la-famille-a-l-epreuve-de-la-prison--9782130592181-page-1?lang=fr.

  • TOURAUT, Caroline,
2012. Introduction. In : La famille à l'épreuve de la prison. Paris cedex 14 : Presses Universitaires de France. Le Lien social, p.1-16. URL : https://shs.cairn.info/la-famille-a-l-epreuve-de-la-prison--9782130592181-page-1?lang=fr.

Notes

  • [1]
    C. Rostaing, « La compréhension sociologique de l’expérience carcérale », Revue européenne des sciences sociales, XLIV, no 135, 2006, p. 34.
  • [2]
    Les proches apparentés sont plus souvent des consanguins (parents liés par le sang) que des alliés (parents liés par alliance). Ils appartiennent plus fréquemment à la lignée maternelle et sont membres de la famille proche, dite aussi nucléaire. Les proches peuvent aussi ne pas être parents.
  • [3]
    M. Adler, B. Longhurst, Discourse, Power and Justice. Towards a New Sociology of Imprisonment, Londres-New York, Routledge, 1994.
  • [4]
    INSEE, « L’histoire familiale des hommes détenus », Synthèses, Statistique publique, no 59, 2002, p. 6-7.
  • [5]
    Mission ministérielle Justice, Projets annuels de performance, annexe du projet de loi de finance pour 2011, octobre 2010.
  • [6]
    Hormis le travail de Gwénola Ricordeau qui part essentiellement de la perspective des détenus, seules quelques études exploratoires ont été menées sur cet objet. Voir : Assemblée parlementaire du conseil d’Europe, Les Effets de la détention sur le plan familial et social. Rapport de la commission des questions sociales de la santé et de la famille, no 7816, 1997, p. 1-21 ;G. Bouchard, Vivre avec la prison. Des familles face à l’incarcération d’un proche, Paris, L’Harmattan, « Logiques sociales », 2007 ; A. Désesquelles, A. Kensey, « Les détenus et leur famille : des liens presque toujours maintenus mais parfois très distendus », Données sociales, La société française, 2006, p. 59-67 ; P. Le Quéau (dir.), « L’autre peine ». Enquête exploratoire sur les conditions de vie des familles de détenus, Paris, CREDOC, Cahier de recherche, no 147, 2000 ;G. Ricordeau, Les détenus et leurs proches. Solidarités et sentiments à l’ombre des murs, Paris, Éd. Autrement, 2008 ; Sénat, Le Maintien des liens familiaux en prison, Les Documents de travail du Sénat, série « Législation comparée », Paris, Sénat, 2006.
  • [7]
    P. Combessie, Sociologie de la prison, Paris, Éd. La Découverte - Syros, « Repères », 2009 (2001), p. 90.
  • [8]
    E. Goffman, Stigmate. Les usages sociaux des handicaps, Paris, Éd. de Minuit, 1975 (1963).
  • [9]
    J. Kellerhals, J. Coenen-Huther, M. von Allmen, 1995, op. cit., p. 132.
  • [10]
    C. Gilligan, Une voix différente. Pour une éthique du care, Paris, Flammarion, 2008 (1983) ; V. Nurock, Carol Gilligan et l’éthique du care, Paris, Puf, « Débats philosophiques », 2010.
  • [11]
    P. Paperman, « Les gens vulnérables n’ont rien d’exceptionnel », in Le Souci des autres, Paris, Éd. de l’EHESS, 2005, p. 281.
  • [12]
    Pour Patricia Paperman, la relation de care spécifie les relations de dépendance, partant de l’idée que les « les gens vulnérables n’ont rien d’exceptionnel » – autrement dit, que tout un chacun est inscrit dans une pluralité de relations de dépendance et d’interdépendance.
  • [13]
    J. Tronto, Un monde vulnérable. Pour une politique du care, Paris, La Découverte, 2009.
  • [14]
    P. Paperman, op. cit., 2005, p. 291.
  • [15]
    C. Faugeron, A. Chauvenet, P. Combessie, Approches de la prison, Bruxelles-Montréal-Ottawa, De Boeck Université - Presses de l’Université de Montréal - Presses de l’Université d’Ottawa, « Perspectives criminologiques », 1996, p. 41.
  • [16]
    P. Thibaud, « Toujours les prisons », in M. Seyler (textes rassemblés par), La Prison immobile, Paris, Desclée de Brouwer, « Société », 2001, p. 119.
  • [17]
    M. Foucault, Surveiller et punir, Paris, Gallimard, 1993 (1975).
  • [18]
    J’élargis ainsi le travail de Philippe Combessie sur les liens réciproques entre les prisons et leur environnement géographique. P. Combessie, Prisons des villes et des campagnes. Étude d’écologie sociale, Paris, Éd. de l’Atelier, « Champs pénitentiaires », 1996.
  • [19]
    Ibid.
  • [20]
    Voir notamment M. Foucault, 1993 (1975), op. cit.
  • [21]
    A. Chauvenet, 1998, op. cit.
  • [22]
    INSEE, 2000, op. cit.
  • [23]
    F. Cassan, E. Longe, « Les détenus ont connu des vies de couple précoces et instables », in INSEE, « L’histoire familiale des hommes détenus », Synthèses, Statistique publique, no 59, 2002, p. 43.
  • [24]
    A. Désesquelles, A. Kensey, 2006, op. cit. À structure d’âge et de sexe identique, 14% des hommes non incarcérés sont complètement isolés de leur famille. Voir aussi F. Cassan, L. Toulemon, « Recompositions familiales, fragilisation sociale et incarcération », in INSEE, « L’histoire familiale des hommes détenus », Synthèses, Statistique publique, no 59, 2002, p. 59.
  • [25]
    Un lexique présentant notamment les différents types d’établissements pénitentiaires en France (maison d’arrêt, établissement pour peine, centre de détention et maison centrale) est présenté en annexe.
  • [26]
    A. Désesquelles, A. Kensey, 2006, op. cit., p. 59.
  • [27]
    L’explication est double : moins les détenus ont de relations familiales, plus ils sont pauvres et, plus ils sont défavorisés, plus ils risquent de connaître des ruptures relationnelles avec leur entourage. (Voir la partie « Les solidarités familiales à géométrie variable », in A.-M. Marchetti, Pauvreté en prison, Ramonville-Saint-Agne, Érès, 1997.)
  • [28]
    S. Paugam, Le Lien social, Paris, Puf, « Que sais-je ? », 2010 (2008), p. 33.
  • [29]
    O. Schwartz, « L’empirisme irréductible », postface à N. Anderson, Le Hobo. Sociologie du sans-abri, Paris, Nathan, « Essais et recherche », 1993, p. 305.
  • [30]
    Ibid., p. 305.
  • [31]
    Pour chaque extrait d’entretien, les caractéristiques suivantes concernant la personne interrogée et le détenu qu’elle visite sont présentées dans l’ordre cité :
    • le prénom anonymisé de la personne interrogée,
    • son âge,
    • la nature du lien qui l’unit au détenu : mère, père, compagne (femme non mariée au détenu), épouse (pour les femmes mariées), frère, sœur, tante, ami (pour les personnes qui ne sont pas unies au détenu par un lien de parenté),
    • le lieu d’incarcération du détenu visité : MA pour Maison d’arrêt, CD pour Centre de détention, MC pour Maison centrale,
    • son statut judiciaire (prévenu ou condamné) lorsque le détenu est écroué en MA. En effet, les détenus incarcérés en maison centrale ou en centre de détention ont nécessairement été jugés et condamnés,
    • la peine à laquelle le détenu a été condamné,
    • le temps d’incarcération effectué,
    • et enfin, pour les compagnes ou épouses ayant rencontré leur partenaire alors qu’il était déjà incarcéré, nous préciserons depuis combien de temps elles sont en couple avec lui.
  • [32]
    Les caractéristiques des personnes interrogées sont présentées en annexe 1.
  • [33]
    D. Cefaï, L’Enquête de terrain, Paris, La Découverte, 2003, p. 560.
  • [34]
    G. Mauger, « Enquêter en milieu populaire », Genèses, no 6, 1991, p. 131.
  • [35]
    Ibid.
  • [36]
    M. Pollak, « La gestion de l’indicible », Actes de la recherche en sciences sociales, no 6, 1986, p. 62-63.
  • [37]
    D. Bertaux, « L’approche biographique : sa validité méthodologique, ses potentialités », Cahiers internationaux de sociologie, vol. LXIX, 1980, p. 216.
  • [38]
    H. Becker, « Biographie et mosaïque scientifique », Actes de la recherche en sciences sociales, 6, 1986, no 62-63, p. 106.
  • [39]
    A. Damamme, P. Paperman, « Temps du care et organisation sociale du travail en famille », Temporalités, no 9, « Les temps sexués de l’activité », 2009.
  • [40]
    D. Bizeul, « Le récit des conditions d’enquête : exploiter l’information en connaissance de cause », Revue Française de sociologie, no 39-4, 1998, p. 772.
  • [41]
    C. Dubar, La Crise des identités. L’interprétation d’une mutation, Paris, Puf, « Le Lien social », 2003.
  • [42]
    A. Pitrou, Les Solidarités familiales : vivre sans famille ?, Toulouse, Privat, 1992 (1978), p. 169.
  • [43]
    G. Mauger, 1991, op. cit., p. 136.
  • [44]
    E. Goffman, Les Rites d’interaction, Paris, Éd. de Minuit, 1974 (1967).
  • [45]
    C. Rostaing, « On ne sort pas indemne de prison. Le malaise du chercheur en milieu carcéral », in J.-P. Payet, C. Rostaing, F. Giuliani, La Relation d’enquête. La sociologie au défi des acteurs faibles, Rennes, PUR, 2010.
  • [46]
    Nous faisons ici référence à la célèbre citation de Laura Nader : « N’étudiez pas les pauvres et les sans-pouvoirs, tout ce que vous direz sur eux, pourra être retenu contre eux », in L. Nader, « Urban anthropologist. Perspectives gained from stuying up », 1972, p. 284-311, in Dell Hymes (Dir.), Reinventing Antropology, New York, Pantheon.

Loin de ne concerner que les détenus, l’incarcération s’impose inexorablement à leur entourage et place leurs proches dans une situation sociale tout aussi éloignée des « normes sociales de conformité » que celle vécue par les détenus. À partir d’une longue enquête de terrain où de nombreux proches de détenus ont été rencontrés, l’ouvrage analyse l’expérience carcérale dite élargie, vécue par les familles des personnes incarcérées.L’expérience carcérale élargie traduit l’emprise que les institutions carcérales exercent sur des personnes qui ne sont pourtant pas recluses, comme l’entourage des détenus, et qui vont, de manière singulière, éprouver la prison dont l’action s’étend au-delà de ses murs et de ceux qu’elles enferment. L’expérience carcérale élargie vécue par les proches de détenus est connexe et parallèle à l’expérience carcérale. En effet, une expérience ou épreuve sociale vécue par un individu est créatrice d’expériences sociales différées et singulières éprouvées par ses proches, que je nomme expériences élargies. Tel un phénomène ondulatoire selon lequel un point de collision produit des ondes dont l’intensité s’affaiblit en se diffusant, un événement social vécu par un acteur se répercute sur la vie de ses proches et l’importance des « secousses » est corrélée à l’intensité relationnelle unissant les acteurs. Ils sont définis comme proches quand ils partagent une relation réciproque d’intimité et d’entraide ; une relation privilégiée, associée à une grande proximité affective…


Date de mise en ligne : 17/09/2015

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