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Souvenirs

Pages 1051 à 1131

Citer ce chapitre


  • Monnard, V.
(2013). Souvenirs. Dans
  • Textes établis, présentés et annotés par C. Seth
La Fabrique de l'intime : Mémoires et journaux de femmes du XVIIIe siècle (p. 1051-1131). Bouquins. https://doi.org/10.3917/bouq.seth.2013.01.1051.

  • Monnard, Victoire.
« Souvenirs ». La Fabrique de l'intime Mémoires et journaux de femmes du XVIIIe siècle, Bouquins, 2013. p.1051-1131. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/la-fabrique-de-l-intime--9782221109717-page-1051?lang=fr.

  • MONNARD, Victoire,
2013. Souvenirs. In :
  • Textes établis, présentés et annotés par SETH, Catriona,
La Fabrique de l'intime Mémoires et journaux de femmes du XVIIIe siècle. Bouquins. Bouquins / la Collection, p.1051-1131. DOI : 10.3917/bouq.seth.2013.01.1051. URL : https://shs.cairn.info/la-fabrique-de-l-intime--9782221109717-page-1051?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/bouq.seth.2013.01.1051


Notes

  • [1]
    Victoire est son prénom usuel. Elle a été baptisée Marie-Jeanne-Victoire et son nom de famille est orthographié « Monart » sur ses actes de baptême et de décès. L’orthographe retenue pour son patronyme est celle qu’elle utilise elle-même selon son premier éditeur. Celui-ci a publié le texte en donnant pour nom à l’auteur « Marie-Victoire Monnard ». Au moment d’écrire ses souvenirs, elle est depuis de longues années Mme Huet. Nous retenons son prénom usuel et son nom de jeune fille, celui sous lequel le texte a été connu.
  • [2]
    Un extrait du Bulletin de la Société d’histoire et d’archéologie de Senlis a été tiré sous forme de plaquette : O. Boutanquoi, Les Souvenirs d’une femme du peuple. Marie-Victoire Monnard, de Creil 1777-1802, Senlis, Imprimeries réunies, 1928.
  • [3]
    Nous tirons ces détails de la transcription de l’acte de décès fournie par O. Boutanquoi dans son édition des « Souvenirs d’une femme du peuple », Bulletin de la Société d’histoire et d’archéologie de Senlis, 1928, p. 78.
  • [4]
    Ferme près de Jonquières dans l’Oise habitée jusqu’en 1920 et rasée avant 1926.
  • [5]
    Devenu aveugle à l’âge de neuf ans pour s’être endormi à l’ardeur du soleil [NdA].
  • [6]
    « Hameau de Creil, sur le chemin de Verneuil, situé dans une gorge tout près de l’Oise, à 800 m de la ville. Sa population était plus considérable que de nos jours. Château et chapelle actuellement grange de ferme » [NdÉ].
  • [7]
    L’acte de baptême indique que Marie-Jeanne-Victoire Monart [sic] a pour parrain Jean-Antoine Fontès, mais ne livre pas l’identité de l’homme dont il aurait pu être le représentant. Le premier éditeur formule l’hypothèse qu’il s’agissait peut-être d’Achille Perès, l’un des chefs de la Compagnie des Indes.
  • [8]
    Le nom de la marraine est Marie-Louise Gaudet. Elle est de Vaux. Il y a des alliances entre les Duvergier et les Gaudet. En effet, selon le premier éditeur, en 1731, le fief de Vaux appartient à Louis Gaudet dont la fille Anne-Marie a épousé en premières noces Charles Duvergier, brigadier des gardes du roi. Mlle Gaudet est donc un membre de la famille des seigneurs locaux.
  • [9]
    L’Oise.
  • [10]
    « Chopper » signifie faire un faux pas.
  • [11]
    « Qui entend le ménage, l’épargne, l’économie » (Dictionnaire de l’Académie, 1799).
  • [12]
    Les ouvriers journaliers, employés ponctuellement lorsqu’il y a du travail à faire, par exemple pendant les récoltes.
  • [13]
    À de rares exceptions près, les vins de l’Île-de-France étaient considérés comme médiocres.
  • [14]
    Il faut comprendre qu’ils n’avaient pas de chance.
  • [15]
    Il s’agit du claveau ou de la clavelée, maladie contagieuse des ovins que le docteur Voisin parvient à inoculer dans les premières décennies du siècle suivant.
  • [16]
    En 1810, selon O. Boutanquoi, la ville comptait 1 510 habitants.
  • [17]
    L’antienne précédant le psaume à l’office, il faut supposer qu’il s’agit d’un emploi métaphorique qui ferait de l’enfant menteur l’avant-coureur du voleur.
  • [18]
    Le nom est laissé en blanc, comme si Victoire Monnard espérait le retrouver et compléter alors son texte.
  • [19]
    A priori Verneuil-en-Halatte, commune voisine de Creil, située sur la rive gauche de l’Oise.
  • [20]
    Il s’agit d’un célèbre manuel de comportement, La Civilité puérile et honnête, pour l’instruction des enfants. Il est souvent précédé d’une section consacrée à l’apprentissage de la lecture et de l’écriture.
  • [21]
    Nommée d’abord « rambure d’été », il s’agit d’une pomme ancienne dont le nom est tiré d’une localité proche d’Abbeville, Rambures.
  • [22]
    Des cerises qui ressemblent à des bigarreaux.
  • [23]
    Allusion au Joseph vétérotestamentaire dont les frères veulent dérober le manteau.
  • [24]
    Une coulotte, en picard, est un caniveau ou un passage.
  • [25]
    Quatre liards font un sol ou sou.
  • [26]
    Le Dictionnaire de l’Académie définit les « œufs rouges » comme les œufs de Pâques du temps : « Des œufs durcis dans de l’eau chaude, dont la coque est teinte en rouge, et qu’on vend ordinairement vers le temps de Pâques. » Traditionnellement, on joue un œuf dur contre un autre en les heurtant pointe contre pointe. Le joueur dont l’œuf est fracassé le premier perd. Celui dont l’œuf est intact remporte la partie.
  • [27]
    Crépy-en-Valois.
  • [28]
    O. Boutanquoi signale qu’il s’agit du chemin de grande communication n° 134 de Chantilly à Villers-Cotterêts, par Senlis et Crépy-en-Valois.
  • [29]
    Selon la Statistique du canton de Senlis par M. Graves, 1841, p. 79, citée par le premier éditeur du texte : « Un autre écart nommé la Maison Blanche ou la Bonne Rencontre existait autrefois sur la route de Crépy à Senlis au point où elle est croisée par le chemin de Montépilloy à Rully. C’était une auberge isolée dont les habitants successifs furent trouvés assassinés avec leurs familles, leurs serviteurs et même les animaux de garde. Le crime s’étant reproduit deux fois en dix années, et l’immeuble demeurant sans propriétaire, il fut rasé en 1820 ».
  • [30]
    Montépilloy est à l’origine une forteresse féodale située sur une éminence entre Senlis et Crépy-en-Valois. En partie détruit, il garde encore son imposante entrée féodale. Avant la Révolution, il appartient aux Condé. Il est devenu depuis une ferme.
  • [31]
    Première allusion directe à Rousseau dont Victoire Monnard chante plus loin les louanges.
  • [32]
    Le chapitre de Saint-Évremond, dont l’un des chanoines, d’Auzou, baptisa Victoire, alors qu’un autre, Ameline, facilita son installation à Paris.
  • [33]
    Les journaliers chargés d’engranger les gerbes et de faire les meules.
  • [34]
    Selon une note de l’édition originale, le chapitre de Saint-Évremond comptait six chanoines : d’Auzou (celui qui a baptisé Victoire Monnard en l’absence du curé), Ameline, Audinet, présents ; Chapelier, Gauthier, de Leyne, absents. En 1790, Ameline siège à la municipalité ; en 1793, il se cache. Il survit à la Terreur.
  • [35]
    Il s’agit de ce que l’on a appelé la « Grande Peur », un mouvement spontané dans les campagnes et les villes à la fin du mois de juillet 1789, et dont les origines précises restent mystérieuses.
  • [36]
    Village de l’arrondissement de Clermont, dans l’Oise.
  • [37]
    La fête de la Fédération est en effet célébrée le 14 juillet 1790, premier anniversaire de la prise de la Bastille. Elle entérine, à échelle nationale, des pactes de solidarité entre villes et villages qui conviennent de s’apporter des secours mutuels.
  • [38]
    Victoire Monnard fait erreur : le calendrier révolutionnaire démarre deux ans plus tard avec la bataille de Valmy.
  • [39]
    Les barbes sont des bandes de toile ou de dentelle ornementales qui tombent des coiffures.
  • [40]
    Le 25 août est la Saint-Louis et, sous l’Ancien Régime, un jour de grandes réjouissances.
  • [41]
    Ici débute le deuxième chapitre des Souvenirs de Victoire Monnard, intitulé « À Paris » par l’éditeur O. Boutanquoi.
  • [42]
    Il y a une erreur de chronologie ou alors la mémorialiste se trompe de spectacle : Honorine ou La femme difficile à vivre, une comédie en trois actes en prose mêlée de vaudevilles, œuvre de J.-B. Radet, fut montée pour la première fois au théâtre du Vaudeville le 25 pluviôse an III (13 février 1795).
  • [43]
    Le faubourg Saint-Marcel.
  • [44]
    L’actuelle place de la Concorde.
  • [45]
    L’Assemblée constituante.
  • [46]
    Une faveur est un ruban très étroit.
  • [47]
    Journée du 20 juin 1792.
  • [48]
    Rue Saint-Roch.
  • [49]
    L’auteur fait référence aux massacres de septembre 1792.
  • [50]
    Un millier, d’après les historiens.
  • [51]
    C’était l’hôtel du comte de Toulouse, appartenant alors à son fils le duc de Penthièvre, beau-père de la princesse de Lamballe. Sur le meurtre de la princesse et son interprétation dans les textes, voir l’ouvrage d’Antoine de Baecque, La Gloire et l’effroi, Paris, Grasset, 1997.
  • [52]
    Votants : 721. Majorité absolue : 361. Pour la mort sans condition : 387.
  • [53]
    Le passage du Perron unit la galerie et la rue de Beaujolais (au Palais-Royal).
  • [54]
    Né à Metz (Moselle) le 4 février 1740, exécuté à Paris le 28 août 1793, Adam-Philippe de Custine a servi avec éclat sous la monarchie et du côté de la Révolution. Son fils Armand de Custine monte à l’échafaud en 1794.
  • [55]
    Monsieur est le titre du frère du roi porté à l’époque par le futur Louis XVIII parti en émigration à Coblence.
  • [56]
    Marat fut assassiné le 13 juillet 1793 et conduit au Panthéon le 21 septembre 1794.
  • [57]
    Voir Histoire de Creil, le chapitre de Saint-Évremond, Le Temporel, p. 452 [NdÉ].
  • [58]
    Les annuaires de l’époque signalent une « guinguette » partant de Creil pour Paris, les lundis, mercredis et vendredis à sept heures du matin et y retournant les mardis, jeudis et samedis ; logeant à Paris, au Lion d’Argent, faubourg Saint-Denis. Prix : 3 liv. 10 s. Il s’agit probablement de la diligence du père de Marie-Victoire, qui s’arrêtait près de la porte Saint-Denis, comme il est dit plus loin [NdÉ].
  • [59]
    Victoire Monnard évoque plus haut un frère dont elle était marraine. Il faut supposer soit qu’elle a en effet tenu sur les fonts baptismaux le premier fils de ses parents, soit qu’elle confond les deux garçons dans sa mémoire : elle n’a en effet pas pu voir sa mère faire montre de sévérité envers cet enfant né alors que Marie-Antoinette montait à l’échafaud.
  • [60]
    Général de brigade à l’armée d’Italie en l’an III, puis à l’armée de Rhin-et-Moselle en l’an IV (1796), sous les ordres de Pichegru.
  • [61]
    Le vieux maréchal de Ségur et ses deux fils n’avaient pas émigré.
  • [62]
    8 juin 1794.
  • [63]
    Épouse d’un bassoniste célèbre, François Devienne (1759-1803), « Mademoiselle » Maillart, mariée et mère de famille, qui avait débuté à douze ans comme danseuse à l’Opéra-Comique s’était fait une spécialité de l’incarnation des figures allégoriques révolutionnaires. Elle fut ainsi la déesse de la Raison à Notre-Dame rebaptisée temple de la Raison.
  • [64]
    Le 31 août 1794, une immense explosion détruisit nombre de bâtiments et fit un millier de victimes. Elle se déclencha dans le château de Grenelle où des ouvriers préparaient des explosifs dans des conditions de sécurité déplorables. Un important élan de solidarité unit le peuple dans les jours qui suivirent la catastrophe et on affirme qu’il s’est agi d’un moment essentiel dans la prise de conscience d’une nécessaire législation sur l’hygiène et la sécurité au travail.
  • [65]
    Le nankin est une toile de coton, souvent de couleur jaune.
  • [66]
    Le 5 octobre 1795.
  • [67]
    Il s’agit du coup de force des royalistes après les décrets dits des deux tiers [NdÉ].
  • [68]
    Un placenta adhérent est souvent la cause du décès d’une femme qui vient d’accoucher.
  • [69]
    Ce bénéfice paraîtra énorme pour ceux qui ne se reporteront pas à la chute des assignats. Il faut aussi dire que les marchands ne se faisaient pas le raisonnement de dire : « Puisque les aiguilles sont augmentées, les marchandises que nous avons depuis un an doivent l’être aussi » – car la Laurence prêtait tous ses soins à ne leur demander que celles dont elle présumait être depuis longtemps en magasin chez eux [NdA].
  • [70]
    O. Boutanquoi résume ici des pages du manuscrit disparu.
  • [71]
    Ici débute le troisième chapitre, intitulé « Le mariage » par O. Boutanquoi.
  • [72]
    Environ 1,60 m.
  • [73]
    Fils de « Joseph-Claude Huet et de Françoise-Félicité Godonnesche, demeurant à Paris, rue du fauxbourg Denis, n° 22, division du Nord » [NdÉ].
  • [74]
    Le contrat de mariage avait été passé à Paris, le premier vendémiaire an VI (22 septembre 1797), devant les notaires Moine et Chaudron [NdÉ].
  • [75]
    Jacques-Philippe Lebas (1707-1783), l’un des plus célèbres graveurs français du xviiie siècle.
  • [76]
    A priori l’Histoire d’Angleterre de Paul Rapin de Thoyras.
  • [77]
    Mme Debauchy, dont il a été précédemment question, voir p. 1082.
  • [78]
    Note d’O. Boutanquoi qui, à la différence de nous, a pu consulter ces pages perdues.
  • [79]
    Nous n’avons pu comprendre le mot [NdÉ].
  • [80]
    Chouzé-sur-Loire (Indre-et-Loire).
  • [81]
    Les Ponts-de-Cé, actuellement dans la banlieue d’Angers.
  • [82]
    Une folie est une comédie mêlée de chants en deux actes de Méhul avec des paroles de Jean-Nicolas Bouilly et comprenant une chanson paysanne de Béranger créée à l’Opéra-Comique le 5 avril 1802.
  • [83]
    Chauny est une ville du département de l’Aisne et non du département de l’Oise.
  • [84]
    Voir la première préface de La Nouvelle Héloïse.
  • [85]
    Marie-Thérèse Levasseur, née à Orléans, le 21 septembre 1721, mourut à Plessis-Belleville (Oise), à quatre-vingt-un ans, le 23 juin 1801. Le décès est déclaré par « Jean-Henri Bailly, homme de confiance de ladite ». Voir J.-J. Rousseau et ses amies, par Léo Claretie (Paris, L. Chailley, 1896) [NdÉ].
  • [86]
    « … Marie-Thérèse Levasseur, veuve de Jean-Jacques Rousseau, demeurant au Plessis-Belleville, âgée de soixante-douze ans, taille de 4 pieds 7 pouces, cheveux et sourcils châtains, yeux gris, nez long, bouche moyenne, menton rond, front haut, visage plein… », d’après un certificat de résidence délivré à Nanteuil-le-Haudouin, chef-lieu de canton. – Cité dans Histoire de Nanteuil-le-Haudouin, par E. Legrand (Imprimeries réunies de Senlis, 1923, p. 163) [NdÉ].
  • [87]
    Thérèse Levasseur jouissait d’une pension que lui faisaient les éditeurs des œuvres de son mari. À cette pension s’ajoutait celle de 1 200 livres votée par la Convention [NdÉ].
  • [88]
    Jérôme Bonaparte, né à Ajaccio le 15 novembre 1784.
  • [89]
    Antoine Français (Victoire Monnard, comme nombre de ses contemporains, écrit François) dit de Nantes (1756-1836), écrivain et homme d’État.

Parmi les femmes dont nous présentons les œuvres, Victoire Monnard, Mme Huet, est un personnage exceptionnel. La première édition – confidentielle – de ses écrits, il y a quatre-vingts ans, dans le Bulletin de la Société d’histoire et d’archéologie de Senlis, les baptisait Souvenirs d’une femme du peuple. En effet, l’auteur est issu d’un milieu populaire, peu alphabétisé, et pourtant nous possédons grâce à elle un témoignage sur la vie de la campagne à la fin du xviiie siècle et sur le Paris de la Révolution.
Dès les premières pages, le lecteur ne peut manquer d’être frappé par les difficultés réelles subies par la future autobiographe. Son enfance est rythmée par des catastrophes. La première, au lendemain de sa naissance, devient le point de départ, quasiment, de son récit : la noyade d’un ouvrier imprévoyant qui entraîne les quatre chevaux de la ferme dans sa chute et ruine pour ainsi dire le ménage de ses parents. Son premier souvenir est celui d’un autre accident horrible : sa cadette, Agnès, est ébouillantée lorsque les enfants tentent de chiper des pommes de terre mises à cuire pour les porcs. Deux jeunes sœurs jumelles meurent de manière atroce, la première étouffée entre deux adultes, la nourrice et son mari, qui tentent de faire un rempart de leurs corps pour protéger le nourrisson des rats dans l’étable sordide où ils couchent ; la seconde, ayant perdu l’équilibre, noyée dans un seau d’eau au fond duquel trempaient des fèves.
La mémorialiste doit son prénom à sa mère…


Date de mise en ligne : 21/07/2025

https://doi.org/10.3917/bouq.seth.2013.01.1051

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