Chapitre 15. La lecture et la critique
- Par Axel Preiss
Pages 196 à 199
Citer ce chapitre
- PREISS, Axel,
- Preiss, Axel.
- Preiss, A.
Citer ce chapitre
- Preiss, A.
- Preiss, Axel.
- PREISS, Axel,
▲ « J’ai lu en Tite-Live cent choses que tel n’y a pas lues. Plutarque en a lu cent autres, outre ce que j’ai su y lire et, à l’aventure, outre ce que l’auteur y avait mis. » Commentez et appréciez ces affirmations de Montaigne.
Montaigne (1533-1592) est essentiellement l’auteur des Essais, une œuvre rédigée en plusieurs fois à partir de ses lectures, des exemples qu’il a pu retenir et des réflexions diverses que la vie lui inspire. En résulte une philosophie sceptique mais courageuse, souvent inspirée par le stoïcisme. La diversité est la première caractéristique de cette œuvre où l’on saute d’un sujet à l’autre, où les contradictions se multiplient tout en renvoyant à une première personne qui se cherche. Montaigne fait un large usage des citations ou des emprunts et on y voit se révéler une intense pratique des auteurs, surtout antiques, avec lesquels l’auteur des Essais entretient une sorte de dialogue.C’est d’abord un rapport au texte qu’il s’agit d’interroger. Lire, en effet, n’est pas recevoir passivement un texte, mais donner un sens à ce qu’on lit et donc affirmer sa présence et sa liberté, parfois négatrices de l’œuvre première, face à un auteur qui n’existe lui-même que par notre lecture, notre réception active, notre rencontre.
Mais la difficulté intervient lorsqu’on cherche à définir le « vrai », le « bon » sens d’un texte, par exemple celui qu’indique l’auteur ou un interprète autorisé en fonction d’un savoir intimidant (biographique, historique, textuel, théorique)…
Date de mise en ligne : 06/02/2026
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
14,99 €