Chapitre d’ouvrage

Chapitre 1. Le « premier âge » de la gouvernance

(Enron)

Pages 17 à 40

Citer ce chapitre


  • Dangeard, F.
(2011). Chapitre 1. Le « premier âge » de la gouvernance (Enron) La Décision de crise dans l’entreprise : 12 histoires de gouvernance (p. 17-40). Odile Jacob. https://shs.cairn.info/la-decision-de-crise-dans-l-entreprise--9782738125668-page-17?lang=fr.

  • Dangeard, Frank.
« Chapitre 1. Le “premier âge” de la gouvernance : (Enron) ». La Décision de crise dans l’entreprise 12 histoires de gouvernance, Odile Jacob, 2011. p.17-40. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/la-decision-de-crise-dans-l-entreprise--9782738125668-page-17?lang=fr.

  • DANGEARD, Frank,
2011. Chapitre 1. Le « premier âge » de la gouvernance (Enron) In : La Décision de crise dans l’entreprise 12 histoires de gouvernance. Paris : Odile Jacob. Hors collection, p.17-40. URL : https://shs.cairn.info/la-decision-de-crise-dans-l-entreprise--9782738125668-page-17?lang=fr.

Notes

  • [1]
    La liste des entreprises dont les comptes étaient irréguliers est longue (outre Enron, Global Crossing, Parmalat et Ahold, on peut citer, de façon non limitative, Adelphia Communications, Cendant, Computer Associates, Health South, Hollinger International, Nortel, Peregrine Systems, Quest, Rite Aid, Tyco International, WorldCom), ce qui prouve bien qu’il y avait à l’époque une vraie dérive dans l’application des règles comptables. En plus des cas d’irrégularités comptables, un grand nombre d’entreprises ont souffert de l’éclatement de la « bulle Internet », comme Vivendi par exemple, la plupart des opérateurs télécom et beaucoup d’entreprises du secteur de la technologie. L’indice Dow Jones de Wall Street perd 20 % au premier semestre 2002 et l’indice du Nasdaq des valeurs technologiques américaines 40 % au premier trimestre. Les autres places financières dans le monde suivent la même tendance que les bourses américaines.
  • [2]
    Voir Aldo Cardoso, L’Anarchie libérale, Fayard, 2003 et Barbara Toffler et Jennifer Reingold, Final Accounting : Ambition, Greed and the Fall of Arthur Andersen, Broadway Books, 2004.
  • [3]
    Titre de l’ouvrage le plus complet sur l’affaire Enron, ses causes et ses conséquences : Malcolm S. Salter, Innovation Corrupted. The Origins and Legacy of Enron’s Collapse, Harvard University Press, 2008.
  • [4]
    Le chiffre d’affaires d’Enron engendré par des activités traditionnelles, c’est-à-dire directement sur des actifs physiques, est passé de 80 % en 1990 à 3 % en 2000. Les activités de nature financière représentent l’essentiel de revenu du groupe, avec une accélération de leur poids à partir de 1995. Enron était devenu en fait une véritable institution financière, mais soumis à aucune régulation et aucune supervision prudentielle. Cependant, en termes de cash, les activités traditionnelles contribuaient encore pour un tiers à la génération de trésorerie du groupe en 2000. Voir : Rapports annuels d’Enron (10-K) ; Paul M. Healy et Krishna G. Palepu, « The Fall of Enron », Journal of Economic Perspectives, printemps 2003.
  • [5]
    Sur ce type de comportement de groupe, voir le livre célèbre d’Irving Janis, Groupthink, Houghton Mifflin, 1982, et pour son application au cas d’Enron, les développements de Malcolm Salter, op. cit., chapitre 5, et les articles qu’il cite.
  • [6]
    Un tableau très complet de la situation est présenté dans National Association of Corporate Directors, Blue Ribbon Commission on Board Leadership, 2004. Voir aussi Jay W. Lorsch, Pawns and Potentates : The Reality of America’s Corporate Boards, Harvard Business School Press, 1989.
  • [7]
    Voir parmi les publications récentes de l’IFA : Charte de l’administrateur, juin 2009 ; Vade-mecum de l’administrateur, octobre 2008 ; Comité d’audit : 100 bonnes pratiques. L’IFA publie également la Revue française de gouvernance d’entreprise.
  • [8]
    Depuis 1999, date de la crise financière asiatique, l’OCDE a mis en place une cellule de veille sur la corporate governance au sein de la direction des Affaires financières et des Entreprises. Elle a publié en 2004, en réponse aux scandales consécutifs à l’éclatement de la « bulle Internet », les Principes de gouvernement d’entreprise de l’OCDE. À partir de 2008, elle a lancé des travaux sur les leçons à tirer de la crise bancaire et financière (voir Corporate Governance and the Financial Crisis, OCDE, février 2010).

Le capitalisme a toujours connu des crises et des scandales, mais le début des années 2000 a superbement enrichi une histoire déjà bien mouvementée : éclatement de la « bulle Internet », affaires Enron ou Global Crossing aux États-Unis, Parmalat ou Ahold en Europe, disparition du cabinet d’audit Arthur Andersen, etc. Le tout dans un contexte de forte baisse des marchés financiers, que ces scandales ont en partie entretenue, et de ralentissement économique marqué dans un certain nombre de pays occidentaux.
La gouvernance d’entreprise commençait à devenir une discipline à part entière vers la fin des années 1990, mais elle n’a véritablement pris son essor qu’avec l’éclatement de la « bulle Internet » et les affaires du début des années 2000. Législateurs et régulateurs se sont alors précipités pour mettre en place les garde-fous qui leur paraissaient indispensables, donnant parfois le sentiment qu’ils se faisaient concurrence pour que leur place financière donne l’apparence de la plus grande vertu.
Surtout, l’affaire Enron montre que les leçons de la crise ont peut-être été tirées un peu hâtivement. Il n’est donc pas surprenant que ce ne soient pas les défaillances que le « premier âge » de la gouvernance cherchait à corriger qui sont à l’origine de la crise qui débute à l’été 2007.
Au début de l’année 2001, Enron est le premier trader d’énergie au monde avec une part de marché aux États-Unis de 25 %. Son chiffre d’affaires dépasse les 100 milliards de dollars, soit une multiplication par dix en dix ans…


Date de mise en ligne : 17/06/2025

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